Le missilier MBDA bien propulsé par les tensions internationales

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On voit depuis quelques mois une concurrence (...) beaucoup plus agressive de nos concurrents industriels américains qui sont fortement soutenus par leur administration, a constaté le PDG de MBDA, Antoine Bouvier.
"On voit depuis quelques mois une concurrence (...) beaucoup plus agressive de nos concurrents industriels américains qui sont fortement soutenus par leur administration", a constaté le PDG de MBDA, Antoine Bouvier.
En dépit d'une concurrence plus agressive de la part de la concurrence américaine, MBDA a réalisé une très bonne année 2017.

Les années se suivent et se ressemblent pour le missilier MBDA. En dépit d'une nouvelle baisse des commandes en 2017 (4,2 milliards d'euros, contre 4,7 milliards en 2016 et 5,2 milliards en 2015), les fondamentaux économiques et financiers de MBDA restent "très  satisfaisants", comme l'a reconnu mardi le directeur du contrôle financier de MBDA Dominique Fillard, lors de la présentation des résultats 2017 du missilier européen. Ainsi, le chiffre d'affaires a augmenté, passant de 3 à 3,1 milliards d'euros, le carnet de commandes a grimpé à 16,8 milliards (contre 15,9 milliards en 2016) et la marge est supérieure à 10% du chiffre d'affaires.

De quoi réjouir le PDG de MBDA, Antoine Bouvier : "2017 a été pour MBDA une excellente année, de nouveau".

Des commandes à l'export en croissance

Si les commandes baissent, elles restent toutefois supérieures à 4 milliards d'euros depuis cinq ans. Soit largement plus que chiffre d'affaires depuis 2013. L'an dernier, le book-to-bill (ratio chiffre d'affaires sur commandes) s'est élevé à 1,35. Le missilier a de belles années de croissance à venir et peut s'appuyer sur un carnet de commandes représentant cinq ans de chiffre d'affaires. C'est d'ailleurs pour cela qu'Antoine Bouvier va recruter cette année 1.200 salariés supplémentaires, dont 500 en France, après en avoir embauché 1.000 en 2017.

Contrairement à 2016, MBDA a réussi une belle année à l'export en 2017, en obtenant 2,6 milliards d'euros de commandes (62% du total). Le Qatar a été une terre généreuse pour le missilier, qui a signé deux contrats pour un montant total de 1,9 milliard d'euros, dont 1,3 milliard pour l'armement de six navires destinés à la marine qatarie (Exocet MM40 Block 3, Aster 30 et VL Mica). MBDA a également vendu son nouveau missile britannique surface-air, le Sea Ceptor qui va armer les T23 chilienne, le missile antinavire Marte pour les patrouilleurs rapides de la marine émiratie et a, enfin, conclu un contrat en Égypte pour l'armement des quatre premières corvettes Gowind (VL Mica).

Sur le plan domestique, la Grande-Bretagne a été une nouvelle fois au rendez-vous pour soutenir MBDA. L'armée de terre (British Army) et la Royal Navy ont commandé l'année dernière un nouveau lot de missiles de défense aérienne modulaire (CAMM) pour 323 millions de livres (369,5 millions d'euros). Le ministère de la Défense britannique a passé deux autres commandes l'une concernant l'intégration du Meteor sous les ailes du F-35 (41 millions de livres) et l'autre concernant le support au missile Viper (175 millions). Soit au total 539 millions de livres (616,6 millions d'euros). Enfin, le Royaume-Uni et la France ont lancé en 2017 le projet de futurs missiles de frappe dans la profondeur auprès de MBDA (100 millions d'euros).

Agressivité commerciale des Etats-Unis

Ces résultats commerciaux ont été obtenus dans un contexte difficile. MBDA a constaté une concurrence américaine nettement accrue sous l'administration Trump et compte sur la montée en puissance de l'Europe de la défense pour y résister malgré l'achat récent aux États-Unis de matériel par des pays du Vieux continent. "Pour tout un ensemble de raisons, on voit depuis quelques mois une concurrence (...) beaucoup plus agressive de nos concurrents industriels américains qui sont fortement soutenus par leur administration", a constaté Antoine Bouvier, interrogé par La Tribune. Une rivalité accrue au Moyen Orient et en Europe.

La Pologne et la Roumanie ont acheté l'an dernier des missiles Patriot à l'américain Raytheon , tandis que la Suède a annoncé en novembre l'ouverture de négociations pour en acquérir.  Pourtant, vingt-cinq pays de l'Union européenne ont approuvé début mars à Bruxelles une première liste de 17 projets dans le cadre de la Coopération structurée permanente (Pesco), qui vise à financer, déployer et produire des matériels militaires une fois que la Grande-Bretagne aura quitté l'UE, fin mars 2019.

"Il ne fallait pas s'attendre à ce que (...) ces nouvelles initiatives de l'Europe de la défense permettent immédiatement de définir une nouvelle approche de ces pays", a commenté Antoine Bouvier. "Ce sont des initiatives qui se placent dans un cadre de moyen, long terme".

2018, une année exceptionnelle en termes de commandes?

Pour cette année, MBDA prévoit "un objectif de prises de commandes important en France en 2018" et "très important" à l'export, assuré Antoine Bouvier. Notamment le missilier attend l'entrée en vigueur du contrat d'armement des avions de combat Typhoon destinés au Qatar. "Ce contrat a été signé. L'objectif est qu'il rentre en vigueur en 2018", a précisé Antoine Bouvier. Le Qatar a annoncé en septembre dernier un accord pour l'achat de 24 Typhoon, pour un montant de 6,8 milliards d'euros. Il peut également compter sur la mise en vigueur du contrat portant sur la vente de 12 Rafale au Qatar. Enfin, MBDA a déjà annoncé mardi l'attribution par le Royaume-Uni d'un contrat de 400 millions de livres (457 millions d'euros) pour la prolongation du missile sol-air Brimstone au-delà de 2030.

En France, MBDA attend en 2018 la notification du contrat portant sur le missile air-air Mica NG (plus de 1 milliards d'euros développement compris) par la direction générale de l'armement (DGA). Le lancement du stade de la réalisation du Mica NG, qui armera le Rafale (standard F4) en 2025, est programmé en décembre 2018. "Les négociations sont bien engagées puisque notre offre a été remise fin 2017 et que nous avons aujourd'hui, comme objectif avec la DGA, une notification du contrat durant l'été 2018", a expliqué Antoine Bouvier lors de son audition à l'Assemblée nationale.

Le missilier est également en attente d'une avancée mi-2018 pour le missile modulaire européen (EMM), un missile tactique air-sol franco-allemand développé à partir de briques technologiques des MMP (français) et PARS 3 (allemand) destiné à l'armement de l'hélicoptère de combat Tigre. Enfin, DGA devrait passer une commande de 50 postes de tir du missile MMP (missile moyenne portée).

Vers un chiffre d'affaires de 4 milliards d'ici à 2020

En 2018, MBDA livrera 12 kits de missiles antimissiles SM39 Block (47 millions d'euros de crédits de paiement) et un deuxième lot de missile MDCN (63 millions) à la Marine nationale, 125 postes de tir et 100 missiles MMP à l'armée de terre (98,7 millions de CP), 69 missiles air-air MIDE/Meteor (44,5 millions de CP) et 12 missiles Aster 15 (45,4 millions de CP) à l'armée de l'air. Enfin, MBDA attend la qualification du missile franco-britannique ANL (anti-navire léger), commandé en 100 exemplaires, en octobre prochain (18,1 millions de CP).

Au total, le missilier vise à nouveau pour 2018 un book-to-bill supérieur à 1 avec le même équilibre entre commandes export et domestique qu'en 2017. MBDA s'attend également à une marge opérationnelle courante au-dessus de 10% comme en 2017. Au-delà de 2018, le missilier maintient son objectif de chiffre d'affaires à moyen terme. "Nous continuons de voir l'avenir avec optimisme et visons comme nous l'avions prévu les 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2020", a assuré Antoine Bouvier.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2018 à 1:25 :
Prévision oublié sur le type d'Exocet : SM 30 Block ''3''.
a écrit le 27/03/2018 à 23:43 :
Ouais bof. Pendant ce temps skunk works, lockheed martin concepteur des F22, F35, quelques navires de guerres, une partie des missiles patriots a déposé un brevet concernant un mini reacteur nucléaire à fusion... amazing!
Ils vont rendre obsolète le projet ITER... gnarf

Le boston robotics fait faire des salto arrières à ses robots, les chercheurs des autres nations ne savent pas comment ils font... ils reçoivent pourtant des lettres ummites de l'area 51.
a écrit le 27/03/2018 à 21:00 :
asasfasfasasfasf
a écrit le 27/03/2018 à 20:54 :
n'avons plus de clients! Quel cynisme!
a écrit le 27/03/2018 à 19:30 :
On n'a rien d'autre à leur vendre? Une fois qu'ils se sont entretués - Car j'espère que nous vendons aux deux belligérants - , nous n'avons plus de clients! Quel cynisme!
a écrit le 27/03/2018 à 18:04 :
bonne année pour mbda peut etre. mais pas pour la France.

les américains ne font aucun compromis avec les pays du Golfe.

les francais pour vendre leur matériel doivent s´applatir aux exigences de ces pays:
- blackout total de la presse sur ce qui se passe dans les banlieux francaises.
- tous les problèmes et le dernier évenement la semaine dernière passés sur le compte de "délinquants"....

pas sur que les francais non actionnaires de mbda s´y retrouvent dans 10 ans...

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