Airbus Space Systems peut être fier, il est à l'origine d'une première mondiale. Quatre mois après son lancement depuis Kourou par Ariane 5, le 1er juin dernier, le satellite Eutelsat 172B conçu par la filiale spatiale d'Airbus pour le compte de l'opérateur Eutelsat a déjà atteint son orbite géostationnaire, battant ainsi le record de vitesse de la mise à poste d'un satellite par propulsion électrique. En général, les satellites tout électrique arrivent à leur destination finale au bout d'un voyage de six à sept mois (environ sept mois pour les satellites Eutelsat 115 West B et ABS-3A construits par Boeing et lancés en 2015 par SpaceX), contre une semaine avec la propulsion chimique.
La mise en service d'Eutelsat 172B est prévue autour du 20 novembre une fois les essais en orbite de sa charge utile effectués et son transfert vers l'orbite opérationnelle réalisé par les ingénieurs d'Eutelsat. Dès lors, le satellite fournira des services améliorés de télécoms, de connectivité en vol et de télédiffusion dans la région Asie-Pacifique. Sa durée de vie devrait dépasser 15 ans grâce à la propulsion électrique utilisée pour sa mise et son maintien à poste. Ce satellite dispose d'une puissance électrique de 13 kW pour une masse au lancement de seulement 3,55 tonnes, grâce à la plateforme Eurostar E3000 d'Airbus.
Le centre de contrôle d'Airbus à Toulouse a déjà pris en charge les premières opérations, l'initialisation, le déploiement du panneau solaire et des bras de propulsion électrique, ainsi que les essais initiaux effectués avant le commencement de la mise à poste électrique le 8 juin. "Au cours de la phase de quatre mois qui a suivi, les propulseurs électriques ont poussé le satellite en douceur et avec efficacité vers son orbite cible, consommant presque six fois moins de masse de carburant qu'un satellite à propulsion chimique", a expliqué Eutelsat dans un communiqué publié ce mercredi.
Grâce à la technologie d'Airbus, qui utilise depuis plus de 12 ans la propulsion électrique pour le maintien à poste des satellites, Eutelsat a pu lancer un satellite deux fois plus lourd que Eutelsat 115 West B. Toutefois, Eutelsat 172B a mis pratiquement deux fois moins de temps que son prédécesseur pour réaliser sa mise à poste électrique. Airbus Defence and Space développe des satellites haute puissance à propulsion entièrement électrique permettant d'économiser jusqu'à 40 % de poids au lancement. La technologie d'Airbus, qui développe plus de puissance que celle de Boeing, est nettement plus efficace que celle de l'américain. Pour Eutelsat, il n'y a pas eu photo. Airbus a pour le moment gagné le match. Le constructeur français a déjà enregistré six commandes de satellite haute puissance tout électrique.
Le succès et le record de la mise en orbite électrique sont dus à deux innovations d'Airbus : deux bras robotiques déployables qui orientent les micropropulseurs électriques et contrôlent la direction de la poussée et l'attitude durant les différentes phases de la mission ainsi que le vaste réseau mondial de stations sol WALIS (Wide Angle Localisation Integrated System) développé par Airbus. Ce réseau a permis aux ingénieurs de commander les opérations de mise en orbite jusqu'à ce que le satellite atteigne sa position sur l'orbite géostationnaire.
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À l'avenir, 50 % des satellites de télécoms pourraient utiliser la propulsion électrique pour le transfert vers l'orbite géostationnaire. Le développement des satellites tout électriques Eurostar d'Airbus ainsi que Spacebus NEO de Thales Alenia Space est soutenu par l'Agence spatiale européenne (ESA) et les agences spatiales des États européens, notamment le CNES en France, dans le cadre du Plan d'Investissements d'Avenir, et l'agence spatiale britannique.
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