Négociations viriles entre les industriels et les Etats sur le devis du drone MALE européen

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Nous ne ferons pas le (drone) MALE (européen) à n'importe quel prix (Délégué général pour l'armement, Joël Barre)
"Nous ne ferons pas le (drone) MALE (européen) à n'importe quel prix" (Délégué général pour l'armement, Joël Barre) (Crédits : Dassault Aviation)
Le Délégué général pour l'armement Joël Barre a confirmé que le prix proposé pour le programme Eurodrone est trop élevé. Le DGA n'accepte pas le devis sur le coût de développement du futur drone MALE européen.

Toujours beaucoup trop chère la facture présentée à l'OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) par les industriels à bord du programme Eurodone, le drone MALE (Medium Altitude Long Endurance) européen réalisé en coopération (Allemagne, Espagne, France, Italie) selon la DGA (Direction générale de l'armement). "Nous sommes en désaccord sur les prix proposés", a confirmé le Délégué général pour l'armement, Joël Barre, lors de son audition au Sénat qui s'est tenue début octobre. Et de préciser que "des négociations viriles sont en cours avec l'industrie, c'est-à-dire un leadership Airbus Defence and Space pour l'Allemagne, associé à Dassault pour la France et Leonardo pour l'Italie".

"Le litige repose aujourd'hui sur les écarts en matière de coût de développement. J'ai bon espoir d'obtenir à ce sujet une convergence avant la fin de l'année, car nous ne ferons pas le MALE à n'importe quel prix. Les discussions sont en cours, les échanges des derniers jours me semblent plutôt encourageants. En bref, j'ai de l'espoir, mais pas de garanties", a expliqué Joël Barre.

La phase de définition s'est achevée il y a quelques mois, et les trois pays partenaires négocient, via l'OCCAR, le contrat de réalisation comprenant le développement, la réalisation des différents systèmes ainsi que le soutien à l'exploitation. "Nos positions sont les plus proches à propos du prix récurrent", a souligné le Délégué général pour l'armement. Il a rappelé que "la présence de deux moteurs est une réalité, cela a été tranché en 2017 et les devis correspondent à cet accord. La question de la sur-spécification n'est donc plus d'actualité".

Avec ses deux moteurs, "ce véhicule est donc plus lourd et plus cher, mais il correspond à nos besoins, à condition que nous puissions tomber d'accord avec les industriels sur le rapport coût-efficacité", a martelé le DGA.

Un financement européen

Mi-2017, les pays partenaires avaient conclu un accord sur la configuration du drone, optant in fine pour un système biturbopropulseur. Résultat, la facture pourrait s'élever à plus de 2 milliards d'euros, soit plus du double de l'estimation d'un projet précédent (1 milliard d'euros). Un projet qui sera difficilement exportable en l'état... surtout face à des best-sellers comme le drone américain Reaper. L'Eurodrone, qui doit voler dans le ciel du Vieux-Continent en 2025, a toutefois obtenu un financement européen grâce au fonds de la défense européen. Doté de 520 millions d'euros pour l'année 2019-2020, ce fonds a alloué 100 millions d'euros à l'Eurodrone développé par Airbus, Dassault Aviation et Leonardo.

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Commentaires
a écrit le 28/10/2019 à 20:21 :
Nous voulons un drone mâle militaire au niveau europeen , mais nous ne souhaitons pas casser notre tirelires.... Nous somme pas des americain , et un sou est un sou....
Ensuites si les industriels souhaitent en vendre, îls faut que se soit un prix honnêté...
a écrit le 28/10/2019 à 13:31 :
Nous voulons un drone mâle militaire au niveau europeen , mais nous ne souhaitons pas casser notre tirelires.... Nous somme pas des americain , et un sou est un sou....
Ensuites si les industriels souhaitent en vendre, îls faut que se soit un prix honnêté...
a écrit le 25/10/2019 à 8:15 :
Si les allemands veulent un drone qui gère la circulation au dessus des villes ou fasse de la surveillance côtière, le tout avec une certification double civile et militaire, ça peut couter cher ! Nous on a plutôt besoin d'un drone tout terrain, uniquement militaire, robuste, cout d'exploitation faible, capable de voler dans des tempêtes de sables en opex...etc...
Pourquoi pas faire deux modèles en fonction des besoins ? On développerait une vraie filière industrielle...
Le problème est de mettre ces industriels allemands au pas : Rheinmetall, MTU ...etc...que des budgets dépassés, des accidents, des retards... et une fois les programmes avancés, trop tard pour faire marche arrière !
a écrit le 24/10/2019 à 21:13 :
Pourquoi un drone si gros ?
26 m d'envergure, c est énorme.
Un drone doit posséder un domaine de vol particulier. Il doit vite se rendre sur le théatre et là voler lentement et longtemps.
Avec 26 mètres et volant lentement, il sera la cible de tirs ennemis. Alors il volera haut pour y échapper (voir U2 années 60). Mais l'atmosphère n'est pas transparente... il ne faut pas trop monter.

Alors c est quoi la mission de ce drone ? Ravitailleur de vol ? Radar volant ?

Sinon pour voler chez soi, on peut prendre un hélicoptère bi moteur. Tout aussi sur, existe déjà et très maniable.

Michel Cabirol, quelles seront donc les missions de cet aéronef ?
a écrit le 24/10/2019 à 12:31 :
On peut se dder pourquoi un drone bimoteur plus de 2 fois plus lourd, bcp plus encombrant que le Reaper monomoteur pour les mêmes missions et mêmes programmes de vol que ceux en service ds les armées en Europe...et dc bcp plus cher que les 15 millions du R !!
D'autant plus qu'à sa mes, les US ou les Israéliens cpte tenu de leur avance auront certainement sorti un modèle bcp plus performant rendant le mâle européen obsolète.
La co traitance européenne ça ne marche pas, car chacun veut y rajouter ses spécifications et ses options... Avec au final, une usine à gaz volante surclassée.
Il faudrait un chef de file et un seul qui s'astreigne stricto sensu au programme initial négocié entre les Etats et défini pour le budget prévu.
Pourquoi l'alchimie Airbus ne se reproduit plus?...snif
a écrit le 24/10/2019 à 11:18 :
on est très proche du prix d'un b2, faut le faire!
Réponse de le 24/10/2019 à 20:33 :
Ne confondriez-vous pas le montant du programme avec le prix d'un B2 (pour autant qu'il vous soit connu....)?
a écrit le 24/10/2019 à 8:49 :
L'oligarchie européenne financière étant peu regardante sur les dépenses de l'argent public tant que ça lui revient, les industriels du secteur ont bien raison de tenter le coup ils ont plus de chances de réussir que d'échouer.
a écrit le 24/10/2019 à 8:30 :
Quelle catastrophe !

La France va en commander 2 exemplaires (drone plus cher qu'il ne devrait l'être).
Ces 2 exemplaires vont rester dans leur hangars (coûts de maintenance double dû aux 2 moteurs).

Au final, la France continuera à acheter des Reapers américans qui eux n'ont pas été conçu pour les politiques mais pour répondre aux exigences opérationnelles.
a écrit le 24/10/2019 à 7:20 :
Question bête M.Cabirol: pourquoi les besoins français qui sont les plus exigeants dûs aux opex ne peuvent-ils pas convenir aux autres partenaires ? Qui peut le plus ne peut-il pas faire le moins ? Cela aurait pu être un compromis acceptable sachant qunen l'état actuel c'est plutôt les besoins allemands qui prévalent sur ceux des autres.
Réponse de le 24/10/2019 à 13:40 :
Le soucis n'est pas les besoins lié aux opex française c'est que l'Allemagne veux un drone pour surveiller son espace aérien et veulent absolument éviter qu'un drone s'écrase sur son territoire donc elle impose 2 moteurs (si un tombe en panne l'autre peut assurer un atterrissage d'urgence). La France elle partait sur un monomoteur moins coûteux a l'achat et a l'entretien car une pertes dans le désert au Tchad ou au Mali était plus acceptable.
Réponse de le 24/10/2019 à 13:51 :
Bonjour,

Ce drone MALE est le fruit de compromis à l’issue de négociations entre Paris et Berlin sur deux dossiers : aux Allemands le drone MALE européen, aux Français les satellites d'observation CSO (https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/drone-male-franco-allemand-un-marche-de-dupes-pour-paris-465127.html). L'Eurodrone est donc sous leadership allemand, avec un maître d'oeuvre allemand, Airbus Space & Defence. Les Allemands ont toujours voulu un drone avec deux moteurs pour voler dans l'espace aérien allemand.
Réponse de le 24/10/2019 à 21:01 :
Ils ont raisons les allemands, c'est tellement plus pratique un drone qui ne sert à rien dans son espace aérien, qu'un drone bien conçu pour le service actif. C'est dommage !
Réponse de le 24/10/2019 à 22:54 :
Ds ces conditions, si au cours des négo entre Etats, un Etat a des spécifications supérieures ou plus exigentes que celles des autres, il devrait prendre au moins à sa charge les surcouts de RD et d'industrialisation induits, tt en passant en perte (plutot qu'en profit d'ailleurs) pour les autres les surcout sur le prix d'achat et la maintenance.
Encore que... En terme de cout, tt est négociable à priori.
Une défense commune vaut bien un petit sacrifice...

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