C'est la guerre. Une véritable guerre entre industriels du monde entier pour se procurer de la poudre pour propulser les obus et des explosifs, et ainsi armer ces munitions servant pour l'artillerie. Et pour cause, la pénurie est mondiale. Or, l'industrie chimique, qui fabrique la nitrocellulose et l'acide nitrique nécessaires à la fabrication des poudres, est aujourd'hui sous-dimensionnée pour répondre à l'accélération explosive de la demande des grands fabricants de munitions (Rheinmetall, BAE Systems, General Dynamics, Nexter...).
C'est dans cette industrie que se situe le principal goulet d'étranglement freinant la production des obus. Car aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de fournisseurs de poudres, notamment en Europe, et les délais d'approvisionnement sont longs, trop longs à l'échelle de la guerre à haute intensité qui se joue sur les champs de bataille en Ukraine (18 mois), glisse-t-on à La Tribune. Car les forces ukrainiennes consomment plus de 5.000 obus par jour. Soit au moins 1.825.000 obus par an.
Dans le même temps, les Etats-Unis, déjà le plus gros consommateur de poudres au monde en raison des armes de petit calibre en libre circulation, ont décidé de multiplier par dix leur production. Même ambition de la Pologne. Toute la chaîne de sous-traitance souffre pour augmenter ses cadences. Outre la poudre, Eurenco éprouve des difficultés à se fournir en conteneurs plastiques qui sont nécessaires pour charger les chambres modulaires. Et faut-il rappeler que les approvisionnements longs fournis par des sous-traitants (achats) correspondent à 50% du cycle de production. Les 50% restants se situent dans la chaîne d'assemblage située chez le maître d'œuvre.