Opérations extérieures : Bercy grignote encore dans le budget des armées en 2018

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Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a encore discrètement grignoté le budget des armées de 2018
Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a encore discrètement grignoté le budget des armées de 2018 (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Bercy a publié dimanche un décret pour annuler 111,4 millions d'euros piochés dans les crédits du programme 212 (Soutien de la politique de la défense), pour les réaffecter au financement des opérations extérieures (OPEX) et des missions intérieures (MISSINT). Des crédits qui proviennent des économies réalisées par l'Hôtel de Brienne sur la masse salariale du ministère (155 millions d'euros)

Mission remplie pour Gérald Darmanin : les armées paieront en 2018 tous les surcoûts des opérations extérieures (OPEX) et des missions intérieures (MISSINT). Dans le chaos du week-end dernier, le ministre de l'Action et des Comptes publics a encore discrètement grignoté le budget des armées de 2018. Ainsi, Bercy a publié dimanche un décret pour annuler 111,4 millions d'euros piochés dans les crédits du programme 212 (Soutien de la politique de la défense), sous la responsabilité du secrétaire général pour l'administration (SGA), pour les réaffecter au financement des OPEX et MISSINT.

Un décret qui n'est ni plus, ni moins la mise en musique des décisions actées début novembre. Ainsi, l'ouverture de crédits de 111,4 millions d'euros pour le financement des OPEX et MISSINT correspond à l'identification d'une sous-consommation de la masse salariale du ministère des Armées de 155 millions d'euros du programme 212 (Titre 2). Et environ 44 millions seront réaffectés au financement du surcoût des OPEX dans le titre 2. Il est désormais officiellement acquis que le ministère des Armées ne bénéficiera pas en 2018 de la solidarité interministérielle.

Le financement des surcoût OPEX et MISSINT bouclé

L'Hôtel de Brienne a payé au-delà des provisions inscrites dans la loi de finances initiale (750 millions) le surcoût des OPEX et MISSINT. La loi de programmation militaire (LPM) de 2014-2019, tout comme celle votée récemment (LPM 2019-2025), prévoyait pourtant de faire appel à un mécanisme de solidarité. Il restait une petite interrogation pour savoir si les armées bénéficieraient d'une rallonge budgétaire pour financer le solde du surcoût des armées. Elle a été balayée par ce décret. Il est vrai que les déclarations du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin lors du débat sur la loi de finances rectificative (LFR), ne laissait guère déjà d'espoir.

Le financement du surcoût des OPEX et des MISSINT est donc bouclé pour 2018. La provision dans la loi de finances initiale s'élève à 650 millions d'euros à laquelle il faut rajouter 100 millions de provisions sur la masse salariale des MISSINT (Titre 2). La LFR a par ailleurs ouvert 404 millions d'euros pour financer OPEX et MISSINT. Ce qui a alors provoqué une vive polémique entre la majorité et l'opposition ainsi que des interrogations au sein même des députés de la République en marche. En outre, l'armée française bénéficie de remboursements de l'ONU pour ses contributions à des missions de paix. Soit une quarantaine de millions. Enfin, les 155 millions d'économies sur la masse salariale réalisés en 2018 sont entièrement réaffectés au financement des OPEX et MISSINT. Le compte est bon...

Le ministère des Armées aura financé tous les surcoûts OPEX et MISSINT en 2018. Mais alors à quoi servent finalement les provisions sous-dotées dans les projets de loi de finances initiales de 2018 (750 millions) et 2019 (950 millions)? Pourquoi ne pas budgéter l'intégralité des surcoûts dès le départ si Matignon ne veut plus faire appel à la solidarité interministérielle pour financer les surcoûts des OPEX et MISSINT?  Au moins, le budget des Armées serait vraiment sincère et cela évitera les tours de passe-passe budgétaires de Bercy. Et dire qu'Emmanuel Macron visait un effort de défense à  2% du PIB en 2025... hors financement des OPEX.

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a écrit le 05/12/2018 à 4:59 :
On pourrait récupérer les quelques 4,5 milliards qu'on balance pour le bien être de toute une caste qui arrive par wagon entier, que l'on finance sur le dos du contribuable et sans fin, pour en faire don à l'armée qui elle en à besoin, non !
a écrit le 04/12/2018 à 19:02 :
Darmanin veut et aura la peau, d'Armées déjà en ruine. Qui croit aux 2%, les Armées ont besoin de 3% de toute urgence ( des centaines de milliards d'eur de retard) : de surcroit des milliers de PME travaillent pour les Armées. La hausse à 2% EST UN MENSONGE pour demeurés : concentrée sur 2023 24 25 l'après Macron, et le cynique Darmanin, Anti-Armées comme Jospain trotskyste-Aubry Communiste 97-2002, en embuscade permanente contre les Armées.
a écrit le 04/12/2018 à 15:54 :
Ceux qui ont cru Mr Macron se sont fait berner comme toujours !!tout cela c est du vent ,et le général de Villiers avait vu juste
a écrit le 04/12/2018 à 11:23 :
Le ministère des armées ne finance rien en propre, ce sont les contribuables qui financent à travers le budget unique de l'ETAT, voté par le parlement, qui alloue les fonds. Le gouvernement décide donc de diminuer les moyens alloués à la défense au moment où l'OTAN demande à l'Europe de mieux prendre en charge sa défense. Typique du double langage de Macron, portant ici sur l'armée européenne (sic). Ainsi plus de moyens vont être mis sur les interventions extérieurs qui permettent au président de jouer sur la scène internationale, frais de déplacement compris.
a écrit le 04/12/2018 à 11:06 :
Il faudrait s'interroger sur l'utilité des opex , 3.500 soldats au Mali n'empêchent pas les attentats à Paris et en France ....
S'agit il de faire plaisir aux généraux et aux industriels à l'heure où la menace se situe à l'intérieur même de notre territoire relayée par les réseaux sociaux ?
Réponse de le 04/12/2018 à 11:20 :
Imbécile.
3500 hommes font le boulot des 150 000 américains en Afghanistan.
Il y a en permanence des missions d’expertise du Département Of Défense américain pour s’imprégner de la « méthode Armée Française ».
Les forces américaines se sont discrètement implantées dans la zone en support de nos forces qui sans moyen font un travail de haute qualité.
Réponse de le 04/12/2018 à 18:37 :
Cher Ea ,pourquoi serais je un imbécile ? chacun est libre de s'exprimer même si mon argumentation ne vous convient pas, la votre est un peu confuse et sommaire , quant à comparer l'Afghanistan au Mali c'est pour le moins un raccourci de deux situations bien différentes révélateur de votre méconnaissance .
a écrit le 04/12/2018 à 10:01 :
Parmi les 11 candidats à l’élection présidentielle, F. Asselienau été le seul :

à expliquer que le travail de sape budgétaire de nos armées découle très directement de l’appartenance de la France à l’euro (c’est-à-dire à une zone-Mark qui ne dit pas son nom et qui n’est pas soutenable sur long terme). Cette appartenance à une monnaie surévaluée (et de plus en plus) par rapport à la compétitivité de l’économie française nous contraint à une rigueur budgétaire sans fin, qui s’exerce d’abord et par prédilection à l’encontre du budget des Armées. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la baisse de ce budget est constante depuis un tiers de siècle et qu’elle a été réalisée à tour de rôle par la droite et la gauche, preuve au passage que ce clivage droite-gauche ne correspond plus à rien.



à proposer aux Français de sortir de l’UE, de l’euro et de l’Otan afin de redonner à la France sa liberté et son indépendance et aux Armées françaises le budget minimal pour assurer leur bon fonctionnement et leur crédibilité au niveau mondial.



à prendre l’engagement de remonter le budget des Armées à 3,0 % du PIB à la fin du quinquennat (et non à 2,0 %). Comme l’a montré le dossier qui précède, je n’ai pas sorti ce pourcentage d’un chapeau mais d’un examen objectif du formidable rattrapage nécessaire après des années de pénurie. Avec un budget militaire de l’ordre de 3,0 % du PIB, nous retrouverions à peu près le niveau qui était celui de nos armées sous les présidences de Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing. Au niveau international, nous retrouverions notre crédibilité, même si nous resterions loin derrière la Russie (5,4 % du PIB) et les États-Unis (3,3 % du PIB).
https://www.upr.fr/actualite/france/33-ans-de-coupes-budgetaires-cumulatives-ont-sape-armees-francaises-vrai-bilan-de-lappartenance-de-france-a-leuro/
Ce gouvernement qui laisse tout filer à l' Union européenne en gonflant sans cesse le budget de notre appartenance à l' UE mérite d' être à nouveau épinglé sur ce sujet d' une importance cruciale pour l' indépendance du pays..
Réponse de le 04/12/2018 à 11:11 :
Quelles missions confier à nos forces armées , combattre au Mali ou sécuriser le territoire national ?
A partir de là les moyens à déployer ne sont plus les mêmes ,en hommes, matériels, renseignement ?
Avant de parler budget il faudrait parler doctrine .
Réponse de le 04/12/2018 à 12:28 :
L'UPR et Asselineau sont les pions de Poutine qui cherchent à démanteler et fragiliser l'Europe. Asselineau devrait retourner conseiller le Kremlin et ses petits hommes verts
Réponse de le 05/12/2018 à 4:49 :
@back...
L'EU n'est qu'un machin, comme l'ONU, sans âme. Elle suit ce que disent les USA. Ce machin n'a pas besoin de Mr Asselineau pour se tirer une balle dans le pied. L'EU n'est qu'une fumisterie sans nom, à part vous, personne n'en veut sous ce mode de fonctionnement. Plutôt que de suivre, elle devrait prendre des initiatives envers la Russie à la place de sanctions inutiles et de marchés perdus.
a écrit le 04/12/2018 à 7:38 :
.... au vu des entrainements de rafales a basse altitude qui em......... des milliers de gens avec leur vacarme dans certaines régions ( Cantal ou Corrèze par exemple ) il doit bien rester quelques euros a gaspiller pour l'armée !!!
Réponse de le 04/12/2018 à 10:10 :
Quand vos petits enfants seront sous "protectorat" Américain, Russe ou Chinois vous regretterez que nous ne "gaspillions" pas plus pour maintenir le niveau technologique de nos armées. Perso je préfère entendre les vols d'entraînement de nos rafales que les avions commerciaux bourrés de touristes inutiles qui em..... des dizaines de millions de gens.
a écrit le 04/12/2018 à 7:38 :
.... au vu des entrainements de rafales a basse altituie qui em......... des milliers de gens avec leur vacarme dans certaines régions ( Cantal ou Corrèze par exemple ) il doit bien rester quelques euros a gaspiller pour l'armée !!!
a écrit le 04/12/2018 à 3:47 :
La pretendue cinquieme puissance reduite a faire les fonds de tiroir.
Avec micron, ce pays sera a terre sous peu.
a écrit le 03/12/2018 à 23:54 :
et toutes ces économies se font sur le dos des personnels puisque ces 111 millions d'euros sont des économies réalisées sur les frais de personnels. c'est soit moins de personnels soit pas d'augmentation salariale.... et après on dit qu'on ne comprend pas là colère des gens.
a écrit le 03/12/2018 à 17:21 :
les armées : variable d'ajustement ; juste au moment ou le gouvernement vient de décider d'allouer de grosses primes aux plus hauts gradés
a écrit le 03/12/2018 à 16:08 :
C'est pourquoi ils viennent d'ACHETER 63 GENERAUX en leur votant une prime entre 40 et 50 000 € ,,,,,??? Dans une democratie il serait bon que l'armee garde son independance .Bravo au General DE VILLIERS pour son courage à dire non à ce pouvoir ,,,,,????
a écrit le 03/12/2018 à 15:25 :
une marque de fabrique en marche : le mensonge ou ni vu ni connu ... ca se tente mais là c'est raté.
Combien de révélations encore cette semaine maintenant que le navire prend l'eau ... entre Renault et intervention Macron en tant que ministre de l'économie de l'époque, la sécu bénéficiaire (sur le dos de qui ?), les aides aux start up pour moderniser l'état avec appel à projet donc sans appel d'offre ni cahier des charges pour répondre à une réflexion amont des besoins , etc, etc.... ....

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