Pour Airbus, 37.390 avions neufs vont être vendus d'ici à 2037

Fabrice Gliszczynski, à Londres
L'aéronautique est un secteur sur lequel le soleil ne se couche jamais. Ce vendredi 6 juillet, à dix jours du salon aéronautique de Farnborough, Airbus a révisé à la hausse ses prévisions de marché à 20 ans. L'avionneur européen estime que les compagnies aériennes achèteront 37.390 appareils d'ici à 2037, soit 2.500 avions de plus que ne le prévoyaient les estimations précédentes, publiées l'an dernier. Une manne pour Airbus et Boeing. Au prix catalogue, ce marché est évalué à 5.800 milliards de dollars.
Si 10.850 de ces nouveaux avions serviront à remplacer des appareils existants, l'essentiel des commandes permettront aux compagnies aériennes de croître. Au final, avec les 10.700 appareils aujourd'hui en service et qui seront toujours en activité dans 20 ans, la flotte mondiale devrait plus que doubler au cours des 20 prochaines années en passant de 21.450 appareils aujourd'hui à 48.000 en 2037.
Un boom qui s'explique évidemment par les prévisions à la hausse du trafic de passagers qui devrait croître en moyenne d'environ 4,4% par an au cours des vingt prochaines années, selon Airbus. Il devrait dépasser les 8 milliards de passagers d'ici à 2036 contre 4,3 milliards attendus cette année, selon l'association internationale du transport aérien (IATA).
Cette croissance du trafic est tirée par la croissance économique, notamment dans les pays émergents où elle favorise l'émergence d'une classe moyenne qui a davantage les moyens de voyager en avion.
Avec 28.550 appareils prévus, les avions monocouloirs comme l'A320 ou le B737 représenteront 76% des livraisons au cours des 20 prochaines années, selon Airbus. Si jusqu'ici ces appareils étaient cantonnés aux vols court et moyen-courriers, le haut de gamme de ce segment de marché, l'A321LR pour ne pas le citer, est appelé à couvrir le bas du marché du long-courrier, selon Airbus.
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Restera à livrer les avions. Un tel afflux de nouveaux appareils oblige les avionneurs à augmenter sérieusement les cadences de production. Airbus va passer d'ici à un an à une cadence de 60 appareils de la famille A320 contre 55 aujourd'hui, et espère grimper à 70-75 appareils par mois par la suite.
Ces derniers, à l'image de CFM International (Safran-General Electric), sont en train d'analyser avec leurs fournisseurs la faisabilité d'assurer un tel rythme. Ils donneront leur réponse en fin d'année.
Les motoristes de la famille A320 CFM International et surtout Pratt & Whitney peinent à suivre le rythme. La montée en cadence du Leap, le moteur de CFM International, affiche un retard de 5 à 6 semaines par rapport aux engagements pris auprès d'Airbus et de Boeing mais le motoriste compte le combler d'ici à la fin du troisième trimestre. Son rival Pratt & Whitney a quant à lui dû suspendre les livraisons entre février et avril après un avoir rencontré un nouveau problème sur son moteur PW1100G. Résultat, de nombreux appareils sont stockés sur le tarmac dans l'attente de leurs moteurs. Il y en avait plus de 100 en mai et 86 fin juin. Au premier semestre, 239 appareils de la famille A320 ont été livrés, 129 classiques (CEO) et 110 NEO, équipés des nouveaux moteurs Leap et PW1100. Les choses s'améliorent et Airbus a livré en mai et juin plus d'A320 NEO que de CEO. Cette tendance va se poursuivre au deuxième trimestre avec les livraisons des NEO.
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Pour autant, comme ce fut le cas l'an dernier déjà, le deuxième semestre s'annonce sportif pour atteindre l'objectif global de 800 livraisons, fixé en début d'année. À ce titre, Airbus a confirmé l'objectif d'atteindre une cadence de production de 10 A350 d'ici à la fin de l'année. Quarante ont été livrés au premier semestre. L'avionneur prévoit de livrer par ailleurs 60 A330 et 12 A380.
Fabrice Gliszczynski, à Londres
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