Airbus commence à révolutionner sa production pour être prêt pour le successeur de l'A320

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Grâce à ces nouvelles technologies, nous produisons nos avions de manière plus efficiente, ce qui constitue un facteur essentiel à l'augmentation des cadences de production », a déclaré le nouveau président d'Airbus Commercial Aircraft, Guillaume Faury.
"Grâce à ces nouvelles technologies, nous produisons nos avions de manière plus efficiente, ce qui constitue un facteur essentiel à l'augmentation des cadences de production », a déclaré le nouveau président d'Airbus Commercial Aircraft, Guillaume Faury. (Crédits : DR)
Airbus a inauguré ce jeudi 14 juin une quatrième usine d'assemblage d'A320 sur son site de Hambourg. Equipée de robots, d'outils numériques, elle ouvre la voie à une révolution de la production aéronautique pour répondre à des fortes hausses des cadences et préparer l'arrivée du successeur de l'A320 à l'horizon 2030.

Airbus commence à mettre en place les germes d'un nouveau système de production destiné à augmenter les cadences de production des avions. Une façon de concevoir et de produire les avions avec plus d'automatisation, de robotisation, de digitalisation... dans les usines. Un système de production moderne qui existe déjà pour l'A350 mais pas pour les autres types d'avions, notamment le plus important d'entre eux, l'A320, mis en service à la fin des années 1980. Un défi de taille pour ce modèle produit à raison d'un peu plus de 50 appareils aujourd'hui et 60 d'ici un an. Cela va passer par l'injection dans le système de production actuel de touches successives de nouvelles technologies, à l'image de la nouvelle ligne d'assemblage (FAL) à Hambourg, la 4e sur le site allemand, inaugurée ce jeudi 14 juin.

« L'inauguration de notre toute dernière ligne de production A320, qui est aussi la plus moderne, ouvre un nouveau chapitre dans le domaine de la construction aéronautique efficiente et digitale. Grâce à ces nouvelles technologies, nous produisons nos avions de manière plus efficiente, ce qui constitue un facteur essentiel à l'augmentation des cadences de production », a déclaré le nouveau président d'Airbus Commercial Aircraft, Guillaume Faury.

Gains de productivité

Équipée de nouveaux outils, cette nouvelle FAL réduira, selon nos informations, de 20% la durée de l'assemblage des avions, à effectifs constants.

Dans une récente interview accordée à Reuters, Guillaume Faury avait mis l'accent sur cette révolution à venir de la production aéronautique.

« Qu'il s'agisse d'outils modernes ou d'accès à davantage de données, il existe bien plus de possibilités qu'auparavant. Ce qui a marché sur de petites lignes de production devient une réalité pour les plus grandes (...) Cela va transformer l'industrie, j'en suis convaincu », avait-il déclaré.

Pour y parvenir, Guillaume Faury peut compter sur son expérience dans du secteur automobile dans lequel il a baigné de 2008 à 2013 chez PSA.

Dans un mémo envoyé aux salariés, il soulignait que les usines de production d'A320, conçues il y a 30 ans, n'étaient pas destinées à assurer la production de masse réclamée aujourd'hui.

L'enjeu du successeur de l'A320

Mais si toutes ces réflexions ont un objectif affiché de donner les moyens d'augmenter les cadences de production jusqu'à 70 à 75 appareils par mois au début de la prochaine décennie, elles visent aussi et peut-être surtout à mettre en ordre de bataille Airbus au moment où il lancera le successeur de l'A320, a indiqué à La Tribune, un proche de Guillaume Faury. Évidemment, de nouveaux process sont plus faciles à implémenter sur un nouveau programme. C'est d'ailleurs ce que compte faire Boeing s'il devait lancer un nouvel appareil sur le Middle of the Market (220-260 sièges).

Vu les délais de développement d'un successeur de l'A320 entre le lancement du programme et la première livraison (5 ans au mieux), Airbus devra être prêt très rapidement, vers 2023-2025 si un nouvel avion devait voir le jour à "l'horizon 2030",  voire à partir de 2028 selon certains bons connaisseurs de l'avionneur. Un calendrier très optimiste par rapport à l'horizon 2035 sur lequel s'accordent plusieurs experts, plus compatible avec l'utilisation de technologies de rupture qui pourraient être disponibles à ce moment-là.

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a écrit le 16/06/2018 à 0:37 :
Si Mr Faury est un grand ingénieur, son leadership et la pertinence de ses choix et son management à Marignane est discutable, 10 ans pour faire 3 protos avec le H160, un résultat technique qui reste à prouver en opérations, et une performance commerciale loin de justifier 1mdsE d'investissement sans une commande d'état. Ainsi, ACA, sera t il porteur de succès plus scintillant, c'est notre souhait, las, faudrait il encore que les journalistes cherchent plus à challenger nos dirigeants qu'à leur servir la soupe!
L'avenir de l’aérien pour Airbus, en terme de performance commerciale, c'est le SAV et la capacité produire des navettes vto pilotables par nous tous comme on produit des scooters, soit une cadence de près 1Million d'unités par an et des investissements supérieurs aux niveaux de l'A380 en association avec les plus grands constructeurs automobiles. A défaut et/ou en même temps d'un tel virage de business model et de produit, Airbus sera contesté à l'extérieur, et à l'intérieur avec des scandales sur 15ans de détournement du droit du travail dans les services, le non partage de la valeur ajouté de la branche avec les conventions synthec, le "vol" par consommation abusive des budgets formations par certaines strate managériales, les CIR et autres sujets à interprétations... en attendant l'omerta continue ... Guillaume aura t il le cran de porter vision et réparation ...tout en s'opposant à la future OPA en préparation coté US au milieu de la tempête...
a écrit le 15/06/2018 à 22:45 :
La technologie allemande va booster Airbus.

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