Quatre repreneurs pour s'offrir la pépite STX Saint-Nazaire

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(Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Quatre sociétés sont candidates au rachat du groupe sud-coréen en difficulté STX Offshore & Shipbuilding. Le néerlandais Damen et l'italien Fincantieri auxquels devrait s'associer dans les deux cas DCNS, seraient parmi les repreneurs.

Quatre sociétés sont candidates au rachat du groupe sud-coréen en difficulté STX Offshore & Shipbuilding, a annoncé vendredi la justice sud-coréenne, les médias locaux évoquant l'intérêt de trois groupes européens. Un porte-parole du tribunal de commerce de Séoul s'est refusé à citer le nom des candidats au rachat du sud-coréen, mis en vente en même temps que sa florissante filiale française, les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Selon le "Seoul Economic Daily", qui cite des sources proches du secteur, le néerlandais Damen appuyé par deux croisiéristes (le groupe italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean Cruises, selon nos informations), et l'italien Fincantieri auxquels devrait s'associer dans les deux cas le groupe naval militaire français DCNS, propriété de l'Etat à 62%.

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, a confirmé à Reuters qu'il y avait quatre offres dont "au moins deux européennes" confirmées pour STX France.

En outre, le porte-parole du tribunal de commerce n'a pas non plus précisé ce qu'ils voulaient racheter exactement. La justice sud-coréenne a offert aux repreneurs la possibilité d'acheter les deux sociétés séparément ou en bloc. Le fleuron français est la seule unité rentable de STX Offshore & Shipbuilding, qui a demandé en mai son placement en redressement judiciaire. Le chantier naval sud-coréen possède les deux tiers de STX France depuis 2008, le tiers restant étant aux mains de l'Etat français.

Que vont décider les banques créancières?

Les banques créancières de STX Offshore et autres parties intéressées doivent se retrouver le 11 novembre pour donner leur feu vert au projet de réhabilitation du groupe. En cas de rejet, STX risque la liquidation. STX Offshore & Shipbuilding se débat depuis des années avec des pertes croissantes provoquées par une gestion défaillante et une demande mondiale en berne. STX Offshore & Shipbuilding, jadis le quatrième constructeur sud-coréen, est sous le contrôle de ses créanciers depuis 2013, dont la banque publique Korea Development Bank. Ceux-ci ont lâché plus de 4.000 milliards de wons (3,2 milliards d'euros) pour l'aider à faire face à ses échéances.

STX France, qui compte 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 sous-traitants, est lui en pleine forme. L'entreprise dispose d'un carnet de commandes très bien rempli, avec 14 paquebots de croisière à construire d'ici 2026 pour deux gros clients, l'italo-suisse MSC Croisières et l'américain Royal Caribbean.

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Commentaires
a écrit le 06/11/2016 à 10:07 :
Prenons le problème sous un autre angle. La poursuite de l'exploitation de STX Corée suppose un aménagement de la dette (6 millards de $) de l'entreprise qui couterait 1.2 milliard de $. La liquidation couterait 8 à 900 millions de $ aux créanciers. Il n'y a donc pas photo. Par ailleurs, les chantiers de Saint Nazaire représentent pratiquement le seul actif présentable. Le schéma idéal pour un repreneur serait donc d'extirper "la langouste de la carapace" et de les racheter séparément à un prix minimum, en laissant les créanciers se dépatouiller du reste. Seulement voilà, ce sont les créanciers qui, in fine, vont décider. Je ne suis pas sûr que l'intérêt national français soit pour eux une priorité absolue.

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