En mettant la main sur le groupe américain Imperva, Thales s'impose comme l'un des très grands mondiaux de la cybersécurité (domaines civils et défense) aux côtés des géants américains Palo Alto, Fortinet, Crowdstrike et de l'israélien Check Point. « Cette opération donne naissance à l'un des cinq leaders mondiaux spécialisés dans la protection du cœur de l'écosystème numérique : les applications, les données et les identités », a expliqué Thales dans un communiqué. L'intégration du groupe californien débutera en janvier 2024 alors que la finalisation de l'opération n'était attendue qu'ai début 2024. Avec cette transaction basée sur une valeur d'entreprise de 3,6 milliards de dollars comme indiqué en juillet dernier, le groupe français se renforce en Amérique du Nord, qui devient son deuxième marché après celui de la France, et dans le domaine de la cybersécurité.
Si cette opération reste quoi qu'elle en coûte un très beau succès d'un groupe français aux Etats-Unis dans le domaine de la cybersécurité, elle intervient dans un moment où le monde se referme en raison de crises internationales de plus en plus aigües (conflits israélo-palestinien et russo-ukrainien...). Depuis la pandémie du Covid-19, la fin de la mondialisation heureuse et débridée s'accompagne de la montée en puissance des lois extraterritoriales de plus en plus contraignantes dans le domaine du numérique (cloud act, FISA) pour les groupes qui se veulent mondiaux à l'exception ou presque des acteurs américains. Thales va devoir de plus en plus jongler avec tous ces carcans juridiques oppressifs (voire des maquis piégeux) pour protéger ses clients nationaux. Le groupe dispose également de solutions souveraines dans son portefeuille.