Thales s'offre Gemalto pour devenir un leader mondial de la sécurité numérique

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L'acquisition de Gemalto est une accélération majeure de la stratégie de Thales, renforçant son offre numérique sur ses cinq marchés (aéronautique, espace, transports terrestres, défense et sécurité).
L'acquisition de Gemalto est une accélération majeure de la stratégie de Thales, renforçant son offre numérique sur ses cinq marchés (aéronautique, espace, transports terrestres, défense et sécurité). (Crédits : Reuters Jacky Naegelen)
Thales et Gemalto signent un accord portant sur une offre en numéraire, au prix de 51 euros sur l'ensemble des actions de Gemalto. Avec cette acquisition, Thales se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3,5 milliards d'euros de chiffre d’affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique.

Incroyable retournement : Thales va s'offrir Gemalto, qui était convoité par Atos. En s'unissant, les deux groupes vont créer un leader mondial de la sécurité numérique. Ils ont annoncé dimanche la signature d'un accord portant sur une offre en numéraire, au prix de 51 euros par action coupon attaché, sur l'ensemble des actions du spécialiste français des cartes à puces. Soit une prime de 57% sur le cours de clôture du 8 décembre dernier. Cet "accord de rapprochement" valorise donc Gemalto à environ 4,8 milliards d'euros. Par ailleurs, Thales n'anticipe pas en outre de suppressions d'emplois qui résulteraient de cette opération.

Cet "accord de rapprochement" valorise Gemalto à environ 4,8 milliards d'euros en offrant 51 euros pour chacune de ses actions, et laisse sur le bord de la route le groupe Atos dont l'offre à 46 euros par action se montait à 4,3 milliards d'euros au total. Thales aura recours pour ce rachat à un "financement bancaire de 4 milliards d'euros" et précise à l'attention de ses actionnaires qu'il ne "modifiera pas sa politique de dividende".

Offre unanimement recommandée par le conseil de Gemalto

Cette offre est unanimement recommandée par le conseil d'administration de Gemalto, qui avait rejeté jeudi une offre de rachat "non sollicitée" de 4,3 milliards d'euros présentée par le groupe informatique Atos. Cette offre valorisait l'action Gemalto à 46 euros par action.

Le PDG de Thales, Patrice Caine, a estimé que "l'acquisition de Gemalto marque une étape clé dans la mise en oeuvre de la stratégie de Thales"Gemalto a dégagé un chiffre d'affaires de 3,13 milliards d'euros en 2016 pour un bénéfice net de 266,9 millions d'euros.

"Avec l'équipe de direction de Gemalto, nous avons de grandes ambitions fondées sur une vision partagée de la transformation numérique de nos métiers et de nos clients. Notre projet bénéficiera à l'innovation et à l'emploi tout en respectant les enjeux de souveraineté liés aux technologies stratégiques. (...) Nos deux groupes partagent un même ADN et une même culture".

Pour le directeur général de Gemalto Philippe Vallée, l'arrivée du spécialiste des cartes à puces au sein de Thales est "le choix le plus porteur et le plus pertinent pour notre entreprise, ses collaborateurs, ses clients, ses actionnaires et ses autres parties prenantes". De son côté, Alex Mandl, président du conseil d'administration de Gemalto a indiqué que conseil a "statué à l'unanimité que l'offre proposée par Thales est dans le meilleur intérêt de la société et de l'ensemble de ses parties prenantes". Dans ce contexte, le conseil de Gemalto recommande unanimement l'offre de Thales à ses actionnaires.

Accélération de la stratégie numérique de Thales

Au cours des trois dernières années, Thales s'est renforcé dans les technologies numériques, en investissant plus de 1 milliard d'euros dans la connectivité, la cybersécurité, le big data et l'intelligence artificielle, grâce notamment à l'acquisition de Sysgo, Vormetric et Guavus. L'intégration de Gemalto est une accélération majeure de la stratégie de Thales, renforçant son offre numérique sur ses cinq marchés (aéronautique, espace, transports terrestres, défense et sécurité).

Cette nouvelle activité représentera environ 20% du chiffre d'affaires pro forma du Groupe et se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique.

Un portefeuille unique de technologies de pointe

En intégrant les activités de sécurité numérique de Gemalto, Thales offrira une solution complète pour sécuriser l'ensemble de la chaîne de décision critique dans un environnement numérique, de la génération de données par des capteurs jusqu'à la prise de décision en temps réel. Avec un portefeuille de technologies innovantes, Thales sera "dans une position unique pour offrir aux entreprises et aux administrations une réponse adaptée aux enjeux de la sécurité des données, qui est au cœur de la transformation numérique", a expliqué le groupe dans son communiqué..

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Commentaires
a écrit le 18/12/2017 à 13:43 :
Patrice Caine et Thierry Breton, 2 grands patrons. Heureusement qu'ils sont là. ça nous change, des Kron, Lauvergeon, Messier ...
a écrit le 17/12/2017 à 20:17 :
On a du mal à voir la cohérence, puisque Thales a vendu Morpho, qui faisait à peu près ce qu'ambitionne de faire Gemalto, il y a un an.
Mais, bon... on n'est pas dedans.... c'est eux qui savent.
Réponse de le 17/12/2017 à 21:47 :
Thales et Gemalto (avec sa division SafeNet) sont concurrents sur les marchés de la protection de données via leurs offres de HSM (encryption).
Réponse de le 18/12/2017 à 7:53 :
@Asimon : vous confondez tout. Morpho c'était chez Safran et non chez Thalès. Avant de commenter il convient de connaitre un minimum les sujet.
a écrit le 17/12/2017 à 20:06 :
Ils feraient mieux de s offrir Squareway pour la sécurisation de la voix et data sur mobiles ça leurs coûteraient moins cher !!! Pour devenir leader il faut des licornes pas des vieilleries et les cartes à puce ça n à plus beaucoup de valeur ajoutée ...
A croire que c est l argent des contribuables qu ils dépensent ?!
Réponse de le 17/12/2017 à 21:49 :
Rassurez-vous: Thales n'achète pas Gemalto pour ses cartes à puce, mais bien pousa pépite, SafeNet, leader de l'encryption hardware.
a écrit le 17/12/2017 à 11:08 :
"Thales n'anticipe pas en outre de suppressions d'emplois qui résulteraient de cette opération."

C'est devenu d'une grande banalité, on attend toujours les millions d'emplois que le numérique doit créer selon tout nos dirigeants politiques et économiques.

Il ne peut pas y avoir de sécurité sur internet, internet est un réseau ouvert la seule façon d'être sûr à 100% de ne pas se faire dépouiller c'est la barrière physique, à partir du moment où on se trouve sur internet on est exposé.

Regardez comme les multinationales qui se sont faites pillées ne l'ont dit que quand elles y étaient contraintes à savoir que quand un lanceur d'alerte a alerté la population. Du coup combien d'entreprises se sont déjà faites voler ? On ne le saura jamais, peut-être toutes déjà...
Réponse de le 17/12/2017 à 21:52 :
Je vous invite à jeter un coup d'oeil à cette page: http://breachlevelindex.com/
Elle est créée par SafeNet, la branche Protection des Données de Gemalto que visent Atos et Thales.
Réponse de le 18/12/2017 à 9:09 :
Je vois où vous voulez en venir, de part l'ampleur des vols de données le mieux est l'ami du bien. OK pourquoi pas maintenant de grâce que l'on nous parle plus de sécurité totale sur internet svp pour nous la vendre, merci.
a écrit le 17/12/2017 à 10:47 :
Voir "Affaire Gemplus sur Google". C'est pas triste pour notre industrie !

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