L'Argentine sanctionne l'américain Procter & Gamble, accusé de fraude fiscale

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Cette décision du gouvernement argentin intervient en plein conflit juridique avec les Etats-Unis.
Cette décision du gouvernement argentin intervient en plein conflit juridique avec les Etats-Unis. (Crédits : reuters.com)
L'exécutif argentin compte "suspendre les opérations" du groupe américain, numéro un mondial des produits ménagers, suite à des accusations de fraude fiscale. Une décision prise alors que le conflit sur la dette souveraine se poursuit entre l'Argentine et la justice américaine.

Une multinationale américaine dans le collimateur de Buenos Aires. La présidence argentine a annoncé le 2 novembre une décision du fisc visant à "suspendre les activités" de Procter & Gamble dans le pays. Concrètement, cette suspension "préventive" consiste à interdire au groupe d'importer et d'exporter dans le pays ainsi, pour la filiale argentine, de réaliser des opérations sur le marché des changes.

 Contrebande?

L'AFIP, administration fiscale argentine affirme avoir constaté des fraudes de la part du groupe. elle pointe notamment une facturation de 138 millions de dollars à une filiale en Suisse, considérée comme un exemple de "fuite de capitaux". L'organisme dit en outre avoir "détecté une différence de 19 millions de dollars entre la valeur franco de port déclarée" et celle des produits effectivement importés via le Brésil, en l'occurrence des "produits capillaires, des couches, des rasoirs et d'autres produits d'hygiène", au prix catalogue. Il est précisé que le groupe risque même une condamnation pour "contrebande".

Ces montants représentent une goutte d'eau par rapport aux résultats affichés par l'entreprise. Le groupe de Cincinnati, qui fabrique notamment les rasoirs Gillette, les couches Pampers ou les piles Duracell, déclare en effet un chiffre d'affaires de 83 milliards de dollars pour son exercice décalé 2013-2014, dont 10% réalisés en Amérique latine (il ne précise pas le montant généré par pays). Son revenu opérationnel global atteint quant à lui 15,3 milliards de dollars

"En finir avec ces ruses des multinationales"

"Il faut en finir avec ces ruses des multinationales qui impliquent une planification fiscale nocive", s'est ainsi insurgé Ricardo Echegaray, le patron de l'Afip, cité dans un communiqué. "L'évasion fiscale et la fuite des capitaux empêchent le développement de la nation, privant les citoyens des ressources nécessaires au financement des services publics, de la santé, de l'éducation, de la justice, des transports et autres investissements sociaux", a-t-il ajouté.

Les responsables locaux de l'entreprise ont répondu ce lundi en affirmant "travailler avec les autorités afin de trouver des solutions immédiates", rapporte la presse argentine. "P&G paie tous ses impôts en Argentine et dans le monde", s'est défendu la compagnie.

Conflit juridique sur la dette

Confrontée en début d'année à une forte dépréciation de sa monnaie, l'Argentine souffre toujours des effets de la crise de la dette du début des années 2000. Cette décision intervient surtout en plein conflit juridico-diplomatique entre Buenos Aires et une cour de justice new-yorkaise qui exige le remboursement de titres de dette souveraine appartenant à des fonds d'investissement surnommés "fonds vautours". Le gouvernement de Cristina Kirchner tente depuis plusieurs mois de s'y soustraire.

>> Dette souveraine : l'Argentine défie de nouveau la justice américaine

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Commentaires
a écrit le 04/11/2014 à 5:38 :
Que l'Argentine adopte les pratiques des USA qui condamnent des sociétés étrangères à des amendes de plusieurs milliards de $.
Après tout Apple a bien bénéficié d'un véto présidentiel dans un jugement favorable à la société Samsung.
a écrit le 04/11/2014 à 4:46 :
Un pays qui a du courage..mais surement les sanctions contre l'argentine vont tomber...difficile de lutter contre les usa, y en a qui ont essayé, on a vu le résultat , chavez kadafi...
a écrit le 03/11/2014 à 17:20 :
Un début de dénonciation et de lutte contre l'optimisation fiscale qui rend exsangue tous les pays.
Des milliers de milliards échappent aux états, pour rester dans les poches de quelques mutlimilliardaires, et, ce manque à gagner, doit être compensé en vidant les poches des citoyens!
Le système de pompe à paupérisation est bien rôdé, il fonctionne à merveille!
A quand une prise de conscience mondiale? Les BRICS sont peut-être un début de solution.
Réponse de le 03/11/2014 à 21:25 :
+ 1001
a écrit le 03/11/2014 à 14:01 :
Une fois que Procter et Gamble aura fermé, Christina fera venir des experts vénézuéliens, pour apprendre aux argentins a s’essuyer avec les mains. Qui a besoin de papier toilette, article capitaliste et superflu ?
Réponse de le 03/11/2014 à 15:23 :
Comme si n'existait que Procter et Gamble dans cette planète !!! Votre commentaire est d'une telle nullité qu'autant être aveugle que lire une stupidité pareille.
a écrit le 03/11/2014 à 13:35 :
Peu de fois notre journal favori a débuté la semaine avec tant de bonnes nouvelles !!! le moment où l'Argentine aura rejoint le BRICS, alors là elle aura encore plus son mot à dire, que les amerloques fassent gaffe !! excellente nouvelle, merci à la rédaction.

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