Chefing, la startup qui veut révolutionner le marché des traiteurs

 |   |  926  mots
Le site de Chefing est en réfection et devrait faire peau neuve d'ici quelques jours. Mais il est déjà possible d'y remplir un formulaire pour une demande de service pouvant aller jusqu'à 500 convives à Paris et en grande couronne, explique Théobald de Bentzmann.
Le site de Chefing est en réfection et devrait faire peau neuve d'ici quelques jours. Mais il est déjà possible d'y remplir un formulaire pour une demande de service pouvant aller jusqu'à 500 convives à Paris et en grande couronne, explique Théobald de Bentzmann. (Crédits : DR)
Premier "traiteur français 2.0", depuis un mois et demi Chefing met en contact chefs professionnels indépendants à la recherche de nouveaux clients avec entreprises ou particuliers en quête d'un service "fait maison" et personnalisé. Son fondateur, Théobald de Bentzmann, parie sur un marché encore balbutiant, mais prometteur.

Tout a commencé en 2015, par la création d'une plate-forme d'économie collaborative "classique": Comuneat, place de marché dont l'objectif était la mise en relation entre particuliers souhaitant acheter et vendre des plats véritablement faits maison. "Le modèle était très proche de celui de BlaBlaCar: 'jeudi je fais une bouillabaisse, qui veut en profiter?'", explique le fondateur, Théobald de Bentzmann, jeune Parisien formé à la London School of Economics et à Cambridge. Six business angels, dont le cofondateur du site Vente-privée.com, Michaël Benabou, avaient parié dessus, pour un total d'un million d'euros levés. Et une demande s'était elle aussi manifestée, incarnée par quelque 500 cuisiniers et 7.000 clients inscrits, ainsi que par 200 menus commandés chaque jour, principalement à Paris en en grande couronne.

"Mais confrontée au principal défi du modèle à la demande, à savoir le financement de la livraison, l'entreprise n'était pas rentable", admet Théobald de Bentzmann. Or, passées les premières années de l'émergence de sharing economy, où la demande de croissance primait sur celle de profits, "la scène des investisseurs en capital-risque a désormais changé", analyse le jeune entrepreneur qui, soutenu par ses actionnaires, a donc décidé de changer de modèle.

De place de marché à prestataire de services

Depuis un mois et demi, Comuneat est donc devenu Chefing: le premier "traiteur 2.0" voire "le plus grand traiteur" tout court de France, explique Théobald de Bentzmann. Désormais, seulement les chefs professionnels indépendants qui exercent déjà le métier de traiteurs, en se conformant aux normes et à la fiscalité, peuvent proposer leurs services. Chefing ne se positionne plus comme place de marché, mais devient un véritable prestataire intermédiaire: il se rémunère sur la marge entre le prix d'achat aux traiteurs et de revente aux clients des plats, assure la livraison, propose des services complémentaires (fourniture d'alcool, nappes et vaisselle, maîtres d'hôtel ou chefs à domicile, animation musicale, recherche de salles, etc.), et va jusqu'à louer des cuisines professionnelles pour réunir plusieurs chefs en cas de demande extraordinaire.

"Lors d'une campagne organisée en septembre pour l'ancien Comuneat, nous avons constaté l'existence d'une véritable demande de nouveaux traiteurs. Mais en raison de peu de barrières à l'entrée, le marché est aujourd'hui très fragmenté en France: des 10.000 professionnels existants, 4.500 sont indépendants. Ils n'ont souvent pas les moyens de développer un réseau commercial en dehors du bouche-à-oreille", explique Théobald de Bentzmann.

Chefing est alors censé leur assurer la possibilité de se faire connaître et d'étendre leur clientèle, tout en leur permettant d'établir eux-mêmes leurs devis et de planifier leurs prestations en l'avance.

Une image de modernité

100 d'entre eux, anciens membres de Comuneat, sont d'ailleurs déjà à l'oeuvre. Si le site de Chefing est en réfection et devrait faire peau neuve d'ici quelques jours, depuis un mois et demi il est en effet déjà possible d'y remplir un formulaire pour une demande de service pouvant aller jusqu'à 500 convives à Paris et en grande couronne. En fonction de son budget et de ses exigences, le client reçoit ensuite les propositions de plusieurs traiteurs, ainsi que des informations sur le chef.

"Les prix par convive peuvent être très différents en fonction de l'offre, très diversifiée. Mais à qualité égale, grâce à la compétition assurée entre nos chefs, ils seront entre 20 et 30% inférieurs à celui d'un traiteur conventionnel", assure le fondateur de Chefing.

Aux clients, Chefing assure aussi que "tout est fait par le chef le jour même", alors que "dans 90% des cas les traiteurs traditionnels se limitent à assembler des produits industriels". Sans compter une image de modernité qui a déjà conquis quelques particuliers ainsi que des entreprises telles que Axa, Orange, Drivy, insiste Théobald de Bentzmann.

L'Europe en vue

L'entrepreneur est convaincu qu'à la différence de Comuneat, Chefing, qui a hérité de 10 salariés, sera rentable "d'ici un mois et demi". "Alors que le marché de la FoodTech, de 1,7 milliard d'euros en France, est déjà bouché, celui des traiteurs vaut 4 milliards d'euros et compte encore peu d'acteurs innovants", explique-t-il, avant d'en conclure:

"Il y a un boulevard et, comme pour la livraison de repas il y a quelques années, c'est le moment de l'investir!"

Le défi sera celui de créer de la confiance, en s'appuyant initialement sur le réseau déjà construit par Comuneat. Ainsi que d'étendre l'offre de services. "Après la consolidation d'une dizaine de villes de France, Chefing a vocation à devenir un leader européen", estime en effet Théobald de Bentzmann, qui voudrait d'investir l'Europe en 2019-2020.

Économie collaborative 2.0

Pour faciliter le recrutement de nouveaux chefs, un service d'accompagnement gratuit pour les amateurs désirant devenir traiteurs professionnels est déjà prévu: "lLenvie d'un travail indépendant est l'une des clés de voûte de l'économie collaborative", souligne le fondateur de Chefing. Au niveau réglementaire, il compte en revanche sur la nouvelle faveur dont bénéficient les "startups innovantes" aux yeux des politiques, qui "doivent permettre aux champions français de se développer". D'autant plus que face à l'éventuelle concurrence des traiteurs traditionnels, son "économie collaborative 2.0" peut compter à ses yeux sur un argument de fer:

"Nos chefs sont tous des professionnels, qui respectent les normes, facturent et paient des impôts", insiste-t-il.

Une différence importante face aux "anciens" Uber et Airbnb.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/01/2018 à 19:15 :
C’est peut être une question stupide ...
Est ce qu’il y a un service qualité contrôle ?
Comment les services sanitaires vont contrôler ?
Puisque ce sont des services mobiles ?
Que se passe t il si un client se sent mal après une dégustation ?

Je pense pas que l’alimentation peut être «  ubérisé

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :