Ackman mise gros sur Mondelez. Pour exciter l'appétit de Kraft Heinz ?

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Coté 75 milliards de dollars en Bourse, Mondelez est un trop lourd à avaler pour Kraft Heinz qui vient juste de fusionner.
Coté 75 milliards de dollars en Bourse, Mondelez est un trop lourd à avaler pour Kraft Heinz qui vient juste de fusionner. (Crédits : Reuters)
En investissant 5,5 milliards de dollars dans le géant américain de l'agroalimentaire, le Pdg du fonds d'investissement Pershing Square parviendra-t-il à ses fins? Les analystes en doutent qui jugent cette offensive prématurée.

William Ackman, Pdg du fonds d'investissement Pershing Square Capital Management, a annoncé mercredi 5 août avoir investi 5,5 milliards pour prendre 7,5 % des parts de l'entreprise agroalimentaire américaine Mondelez. Cette dernière est notamment propriétaire des marques Lu, Cadbury, Oreo, Toblerone, ou encore Tuc. C'est, à ce jour, le plus gros investissement de Pershing Square.

Ruptures capitalistiques

Ce n'est pas la première fois que William Ackman s'intéresse à Mondelez. Pershing Square en a brièvement été le propriétaire en 2013 dans la foulée de sa scission de Kraft Foods en 2012. Aujourd'hui, l'investisseur activiste est de retour dans le capital de Mondelez. D'après de nombreuses sources citées par la presse, celui-ci parierait sur une offre de Kraft Heinz.

Ce scénario d'une OPA de l'ancienne maison-mère de Mondelez ne paraît pas improbable pour les analystes, mais ces derniers le jugent encore trop précoce puisque Kraft Heinz est une entité fraîchement constituée issue de la fusion de Kraft Foods group et H. J. Heinz Company.

Les deux sociétés ont annoncé leur fusion en mars dernier pour devenir le numéro 3 de l'agroalimentaire aux Etats-Unis, et le 5e mondial. Autrement dit, ils ne sont pas encore prêts à digérer une nouvelle fusion d'une entreprise cotée près de 75 milliards de dollars.

"Nous ne pensons pas qu'une fusion Kraft Heinz-Mondelez soit totalement exclue, surtout dans quelques années. Mais, à court terme, nous avons des doutes au sujet d'une telle opération", ont écrit les analystes de JP Morgan dans une note de recherche.

Mondelez a été fondé en 2012 par la scission d'une partie des activités de Kraft Foods. La nouvelle société avait récupéré les activités biscuits, chocolats et chewing-gums, tandis que l'autre entité, devenu uniquement Kraft Foods Group avait conservé son activité centrée sur les produits du rayon frais. A l'époque, le groupe, qui réalisait un chiffre d'affaires de 35 milliards de dollars, avait expliqué vouloir "renoncer au gigantisme par souci d'une plus grande cohérence".

Plan de restructuration

Mondelez, dont la capitalisation boursière est évaluée à 75 milliards de dollars, fait actuellement face à un plan de restructuration portant sur la période 2014-2018. Ce programme, d'un montant de 3,5 milliards de dollars prévoit de nombreuses suppressions d'emplois.

Ce plan pourrait être amplifié, tandis que le conseil d'administration réfléchirait à la possibilité de remplacer Irene Rosenfeld, l'actuelle directrice générale de Mondelez, âgée de 62 ans.

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Commentaires
a écrit le 08/08/2015 à 18:05 :
Grand bien leur fasse, ce n'est pas avec la marge qu'ils feront sur mes achats de leurs produits qu'ils gagneront leur vie. Je n'en consomme pas et j'invite tout le monde à en faire autant: Boycotter les produits de l'industrie agroalimentaire au profit des producteurs locaux. Il n'y a que des avantages, même le fait qu'il soient plus chers en est un, on en mange moins et c'est autant de gagné sur le diabète, le cholestérol, l'obésité....A se demander si manger sainement ne devrait pas être remboursé par la sécurité sociale.
a écrit le 08/08/2015 à 14:32 :
Kraft-Heinz a pour destination Coca-Cola dont Berskshire est gros actionnaire également. Le principe est simple : marier une entreprise valorisée à 2 fois son chiffre d'affaire avec une autre plus importante qui l'est à 3 fois puis fusionner cet ensemble à une autre qui l'est à 4. Le pari est que la valorisation s'aligne progressivement et à chaque coup sur le plus haut. A la culbute espérée s'ajoutent les commissions en % du capital réclamées par berkshire pour avoir mené à bien une si somptueuse mission. Bien entendu parvenu à ses fins, l'entreprise activiste dirigée par Warren Buffett revendra une large portion pour rester minoritaire puis partir vers de nouvelles aventures.... et faire face aux promesses faites à ses propres actionnaires dont la réalisation tient à chaque fois du miracle. L'opération Warren Buffett a un global de plus de 75 milliard de chiffre d'affaire total in fine. A ce total il faudrait éventuellement ajouter la société privée Mars dont la famille sécuriserait ainsi une large part de ses possessions. Mondelez serait donc la réplique qui fusionnerait avec Pepsico pour un chiffre d'affaire total supérieur à 100 milliards de dollars. Les sociétés américaines sont obligées à ces rapprochements, non seulement elles voient des "alter-cola" comme la marque Auvergnat Cola se faire plus pressants partout dans le monde sur leur segment liquide, mais aussi des concurrents monter rapidement dans leurs autres métiers tandis que leurs clients, les supermarchés classiques fusionnent dans des ensembles importants comme le belge Delaize ou l'américain Albersons pendant que Amazon organise sa propres distribution et pressure les prix. Les groupes français pourront s'attendre à de larges compensations directes ou indirectes.

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