Le calendrier s'accélère. A l'heure où les négociations sur la prochaine Politique Agricole Commune (PAC) reprennent à Bruxelles, l'examen de la proposition de loi sur la juste rémunération des agriculteurs a débuté ce jeudi à l'Assemblée nationale, au lendemain du vote par les sénateurs du volet « se nourrir » de la loi Climat - le tout dans un contexte de discussions sur la souveraineté alimentaire, et de demande d'instauration de « clauses miroirs » dans les accords commerciaux...Pas de doute : le modèle agro-alimentaire se trouve à un tournant majeur, à la recherche de son avenir dans la transition écologique en cours. Mais si des efforts sont menés en la matière, force est de constater qu'ils sont insuffisants : la Cour des comptes européenne a publié lundi un rapport dans lequel elle estime que l'UE « a échoué à réduire les émissions de l'agriculture ».
Dans ce cadre tendu, le ministère de l'Agriculture a dévoilé mercredi son « plan d'action climat ». Le but : montrer, par une feuille de route détaillée, que ses décisions sont en accord avec la stratégie nationale bas carbone - alors qu'il est régulièrement taxé par les organisations environnementales de favoriser l'immobilisme. Une mission qui lui avait été confiée fin 2020 par le Premier ministre, Jean Castex, aux côtés des ministères de la Transition écologique, de l'Economie et des Finances, et de la Cohésion des territoires.
Car l'agriculture n'a d'autre choix que de faire sa part : si elle est l'une des premières victimes du dérèglement climatique, elle en reste aussi l'une des principales contributrices. Elle représente même le premier poste d'émissions de gaz à effet de serre de l'Hexagone, avec pas moins de 19% du total national. Une fois n'est pas coutume, le premier responsable n'est pas le dioxyde de carbone, mais plutôt le méthane - au pouvoir de réchauffement bien plus fort - principalement du fait de l'élevage. Mais aussi le protoxyde d'azote, dégagé lors de la culture des sols par certains types d'engrais.