L'annonce a été accueillie comme une bénédiction par les élus, les édiles et les médias locaux : à la fin de l'année 2022, Hermès ouvrira un deuxième atelier de maroquinerie dans les Ardennes, dans le parc d'activité de Tournes-Cliron. "Hermès, c'est une bonne nouvelle pour le territoire et un signal fort pour l'industrie des Ardennes, qui d'habitude travaille en sous-traitance pour les autres et n'a que peu de produits propres", observe Jean-Louis Amat, directeur d'Ardennes Développement, l'agence départementale de développement économique.
Hermès n'arrive pas en terrain inconnu : depuis 2002, la maroquinerie est présente à Bogny-sur-Meuse où elle exploite un atelier de confection de sacs en cuir. Les salariés, que la maison qualifie d'"artisans", s'apprêtent à accueillir leurs nouveaux collègues et à les former. "La transmission de notre savoir-faire et de notre culture est un processus long. Nous avons fait le choix de limiter notre taille entre 250 et 260 salariés, pour que chaque site reste à taille humaine et familiale. Ce qui nous conduit, lorsque le site a grandi, à en créer un autre", explique Emmanuel Pommier, directeur du pôle artisanal maroquinerie et sellerie chez Hermès. Le nouveau site ardennais comptera, à terme, autant de salariés que le premier. "Cette unité à Tournes-Cliron sera la vingt-et-unième dans notre maison. Nous avons fait le choix de la créer à proximité du site existant à Bogny-sur-Meuse. Cela nous permet de capitaliser sur tous les savoir-faire et les talents accumulés. Ce serait beaucoup plus compliqué d'aller dans un territoire où on n'a personne", poursuit Emmanuel Pommier. "Nous développons exclusivement en France, d'abord à Paris puis dans les pôles régionaux : en Normandie, Franche-Comté, Auvergne, dans le Sud-Ouest, les Alpes, la région lyonnaise et désormais dans les Ardennes. La maroquinerie de Tournes sera notre vingt-et-unième site de production", précise-t-il.