Blé : le prix continue de chuter après un envol des cours

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Avec un prix moyen  payé à l'agriculteur français de 170 euros la tonne, mais un coût de production en hausse à 166 euros la tonne à cause des baisses de rendement, la marge (4 euros la tonne) sera insuffisante pour combler le trou laissé par la récolte catastrophique de 2016.
Avec un prix moyen payé à l'agriculteur français de 170 euros la tonne, mais un coût de production en hausse à 166 euros la tonne à cause des baisses de rendement, la marge (4 euros la tonne) sera insuffisante pour combler le trou laissé par la récolte catastrophique de 2016. (Crédits : Reuters)
La moisson 2018 en France, premier pays producteur et exportateur de blé de l'Union européenne, a été plus faible en volume qu'en 2017, mais de meilleure qualité. Pour autant, la hausse des coûts de production ne donnera pas aux agriculteurs une marge suffisante pour compenser la récolte catastrophique de 2016.

Les prix du blé étaient toujours orientés à la baisse mercredi 23 et jeudi 24 août, en raison d'une pression persistante à la vente, et notamment de rumeurs de restriction des exportations en provenance de Russie, premier exportateur mondial de cette céréale.

Avec ces rumeurs russes, conséquences d'une production en recul, et "face aux craintes qu'il puisse y avoir une taxe à l'export, peut-être que les opérateurs et agriculteurs russes eux aussi accélèrent leurs ventes pour éviter de se retrouver bloqués", a déclaré à l'AFP Manon Sailley, analyste au cabinet ODA.

Le prix du blé avait gagné 20% depuis la mi-juillet

Cette analyste estime par ailleurs que la demande de la part des acheteurs est ralentie actuellement, en raison de vacances en Europe et des fêtes de l'Aïd chez les pays importateurs, de tradition musulmane.

Peu avant 14H00 (12H00 GMT) sur Euronext, la tonne de blé reculait de 2,50 euros sur l'échéance de septembre, à 202 euros, et de 2,25 euros sur celle de décembre, à 204,50 euros, pour près de 30.000 lots échangés. (Il faut rappeler qu'il avait grimpé régulièrement au dernier trimestre, bondissant même de 20% depuis la mi-juillet, et s'installant durablement au-dessus des 200 euros la tonne)

En conséquence de cette baisse du jour, le maïs poursuivait également son recul, perdant 2 euros sur l'échéance de novembre, à 184,75 euros, et 1,50 euro sur celle de janvier, à 186,50 euros, pour un peu plus de 400 lots échangés.

Marge insuffisante pour compenser la récolte catastrophique de 2016

Lors d'un point presse à Paris, le cabinet Agritel a estimé que la bonne qualité des blés français récoltés cet été allait permettre d'aller "chercher des marchés à l'export sans trop de soucis", mais que la faiblesse de la récolte en quantité (34,2 millions de tonnes, contre 36,6 Mt l'an dernier en 2017) risquait de cantonner les producteurs français à "maintenir les volumes vers leurs clients traditionnels", selon Alexandre Boy, analyste chez Agritel.

Pour mémoire, la France, premier pays producteur et exportateur de blé de l'Union européenne, a réalisé une récolte record de 41 millions de tonnes en 2015. A contrario, en 2016, à cause des inondations, la récolte fut catastrophe, pointant à seulement 27 millions de tonnes.

Avec la hausse des cours, Michel Portier, directeur d'Agritel, a évalué à 170 euros la tonne le prix moyen payé à l'agriculteur français. Mais avec un coût de production en hausse à cause des baisses de rendement, à 166 euros la tonne, la marge (4 euros la tonne) sera insuffisante pour combler le trou laissé par la récolte catastrophique de 2016, a-t-il jugé.

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Commentaires
a écrit le 27/08/2018 à 10:12 :
Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, le risque d’inondation n’est pas négligeable, les scientifiques data peuvent faire une prévision climatique sur les territoires de production et les agriculteurs peuvent produire par rapport à ces paramètres pour éviter les «  pertes d’argent et d’énergies «
a écrit le 27/08/2018 à 9:26 :
Il est temps de sortir de l'agro-industrie, non seulement pour ralentir le nombre de cancers mais aussi pour empêcher la spéculation sur la nourriture qui affaiblie car affame le monde et donc les outils de production.
a écrit le 27/08/2018 à 8:39 :
Pour mémoire, les prix des denrées agricoles sont essentiellement déterminées par le marché américain, et la parité euro/dol. Et bien sûr, le dernier rapport de l'USDA qui estime les rendements de maïs à un niveau très élevé de 178 bu/acre, contre 176 l'an passé) impacte bien sûr les cours du maïs, mais aussi par voie de conséquence, du blé, l'un et l'autre se substituant dans l'alimentation du bétail... N'y voyez pas malice, mais beaucoup de choses dans le Monde ne se déterminent pas en France.
a écrit le 24/08/2018 à 22:12 :
"ne donnera pas aux agriculteurs une marge insuffisante pour compenser la récolte"
voire
"ne donnera pas aux agriculteurs une marge suffisante pour compenser la récolte"
ou
"donnera aux agriculteurs une marge insuffisante pour compenser la récolte"
les négations semblent se chahuter.

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