Crise du porc : la cotation en baisse, les éleveurs dépités

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Les industriels estiment toujours que le prix de 1,40 euro est intenable face à la concurrence étrangère et demandent que le marché soit soumis au jeu de l'offre et de la demande.
Les industriels estiment toujours que le prix de 1,40 euro est intenable face à la concurrence étrangère et demandent que le marché soit soumis au jeu de l'offre et de la demande. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
La reprise des cotations du porc ce mardi a été marquée par une baisse du prix au kilo, à 1,389 euro, sous le seuil de 1,40 euro décidé en juin par les acteurs de la filière. Près de 16 000 porcs n'ont pas trouvé preneur, un total directement imputable aux deux industriels qui ont de nouveau boudé la séance, selon la direction du MPB.

Nouvelle journée difficile pour la filière porcine. La reprise de la cotation au Marché du porc breton (MPB) de Plérin, ce mardi 18 août, après une semaine d'absence de cotation liée au bras de fer entre industriels et éleveurs, a fixé un prix au kilo en baisse, à 1,389 euro. C'est un peu plus d'un centime en dessous du tarif déterminé mi-juin par l'ensemble des acteurs de la filière, à 1,40 euro.

"Un centime de moins dans un contexte tel que celui-là, c'est forcément mauvais signe", a déclaré à l'AFP le président de la Fédération nationale porcine, Paul Auffray.

"Sentiment de déception"

Ce prix de vente moyen, communiqué par le groupement de producteurs Syproporcs, a été fixé après deux tours d'enchères. Avant le début de la séance, le "prix d'arrêt" (prix plancher) en dessous duquel les ventes ne descendront pas, avait été déterminé à 1,371 euro. Le précédent cours était de 1,404 euro le kilogramme. La prochaine cotation aura lieu jeudi 20 août.

Face à cette baisse du prix au kilo, les représentants des éleveurs de porcs ont fait part de leur désarroi.

"On sent chez tout le monde un sentiment de déception de voir les cours baisser d'un peu plus d'un centime", a déclaré sur I-TELE Paul Auffray, le président de la Fédération nationale porcine.

On se demande si certains acteurs ne privilégient pas le pourrissement de la situation pour voir les cours baisser naturellement, semaine après semaine", a-t-il ajouté.

Environ 16 000 porcs invendus

Sans surprise, Cooperl et Bigard, les deux industriels-transformateurs à l'origine de la crise, ont de nouveau boycotté la séance. Conséquence directe, sur les 49.389 cochons mis en vente, 15.748 sont restés invendus, un chiffre directement lié à l'absence de deux des plus gros acheteurs. Ils représentent habituellement près d'un tiers des achats au MPB.

"Il reste 16.000 cochons invendus (...) nous allons les affecter à Bigard et la Cooperl" et à leurs quotas "comme les règles du marché nous l'imposent", a expliqué aussitôt après la fin de la cotation le président du MPB Daniel Picart, cité par l'AFP.

Ces 16.000 invendus viendront alourdir le marché de jeudi prochain.

Les industriels estiment toujours que le prix de 1,40 euro est intenable face à la concurrence étrangère et demandent que le marché soit soumis au jeu de l'offre et de la demande. Le dirigeant de Cooperl a affirmé ce mardi soir qu'il ne reviendra pas sur le marché breton sans discussions avec ses responsables.

La direction de la Cooperl devait être reçue mardi après-midi au ministère de l'Agriculture , et celle de Bigard mercredi. Ce mardi matin sur RTL, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré :

"Je vais leur dire que (...) le fait de se retirer brutalement du marché n'était pas la solution qui était acceptable dans la mesure où on a besoin de discuter, on a besoin de voir quels sont les problèmes et de les traiter".

Concertation européenne

Lundi, lors d'une réunion exceptionnelle au ministère de l'Économie, boudée par les deux industriels, Stéphane Le Foll a déclaré que des discussions s'engageraient la semaine prochaine pour faire évoluer le système de fixation des prix et évoquer la contractualisation.

Mais c'est au niveau européen que des décisions pourraient être prises pour sortir de la crise. À ce titre, un Conseil européen sur l'agriculture se tiendra le 7 septembre. Avant ce sommet crucial, des rendez-vous intermédiaires sont prévus : un entretien ce mardi avec le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, une rencontre le 28 août à Madrid avec l'Italie, l'Espagne et le Portugal, et une rencontre le 31 août à Berlin avec ses homologues allemand et polonais.

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a écrit le 19/08/2015 à 12:28 :
Un oubli sans doute , depuis plus de deux ans les salaires, les pensions, les retraites n'augmentent pas les agriculteurs de plaignent mais il y a 60 ans quand j'étais enfant en BRETAGNE ils se plaignaient déjà ...... acheter français moi je veux bien mais pourquoi irai je payer le Kg de cochon français si le cochon allemand, anglais ou papou est moins cher? je sais que je en vais pas me faire des amis mais là trop c'est trop les éleveurs ont également leur part de responsabilité par exemple dans un élevage prévu pour 150 cochons il n'est pas rare d'en trouver 160 à 170 ce qui automatiquement fait écrouler le marcher ! et de plus qui a causé la disparition des petits paysans comme l'on disait à l'époque al FNSEA qui a favorisé les gros paysans contre les petits paysans plus aucune petite ferme pourquoi ????? pour moi le mot paysan n'est pas dévalorisant ne vous en déplaise .....
a écrit le 19/08/2015 à 11:21 :
Poids de l'alimentation dans le revenu des ménages: 14 pour cent. Pas besoin de croire en un Dieu LeFoll incapable de fixer un prix d'1.40 pour un kilo de porc, et bien sûr incapable d'obliger un acheteur à acheter quand il estime que c'est trop cher..Les éleveurs, dont on comprend les difficultés, doivent revenir sur la planète Terre..
a écrit le 19/08/2015 à 11:18 :
moi de mon temps le prix de vente était déterminé par le cout de fabrication. C'est à dire que le fabricant fixait son prix.
Puisque "tout le monde" trouve normal que ce soit l'acheteur qui fixe les prix, alors chiche, discutons les prix à la caisse des grandes surfaces et on verra bien la tête des directeurs de Carrefour, Auchan et Casino !
a écrit le 19/08/2015 à 10:41 :
Nous voici confronté au libéralisme , tant que c était les ouvriers on souriait en se disant ils ont qu a travailler plus . Maintenant les fonctionnaires travailleurs de l agriculture rient moins car touchés par les disant moins. Quand se décideront ils a faire savoir que le libéralisme économique n est pas compatible avec une vie d agriculteur .
a écrit le 19/08/2015 à 10:14 :
Une fois de plus, les socialistes démontrent leur incapacité à comprendre l'économie !
Ils fixent un prix minimum, complètement déconnecté de la réalité économique et de la concurrence du reste de l'Europe... par contre, ils n'imaginent même pas de réfléchir à ce qui entraine un seuil de rentabilité beaucoup plus élevé que dans les autres pays !
(charges, impôts, normes, taxes diverses et variées,...)
Dans mon domaine, l'auto-école, c'est la même chose : Macon va fixer un prix plafond de présentation à l'examen par décret ! Sans même se renseigner sur ce qui détermine le prix demandé par les auto-écoles : résultat, il aura l'effet inversé de ce qu'il disait souhaiter ! En ce qui nous concerne, c'est le prix de la leçon qui va augmenter, et le nombre de leçon imposé qui va partir à la hausse !
Parce que la TVA, elle reste à 20% sur la formation ! LE carburant, il est pas détaxé ! Les salaires, ils sont de plus en plus soumis à charge ! LA mutuelle santé, elle est obligatoire depuis mars 2015 !
Pas de baisse de cout = pas de baisse du prix final possible : c'est utopique !
Quand aux marges, ne révez pas : le salaire moyen d'un patron d'auto-école est inférieur au salaire médian des salariés ...pour 2 fois plus d'heures de travail !
Il va y avoir du chômage en plus, dans ce secteur comme dans la filière porcine ! Merci à la gauche utopiste !!
a écrit le 19/08/2015 à 9:59 :
Un porc français nait avec un déficit sur sa tête ça me rappelle quelque chose.C'est pourquoi je propose que le Gvt verse une prime de naissance dès le premier porc et une prime de rentrée à l'abattoir aux éleveurs pour les encourager.
a écrit le 19/08/2015 à 8:23 :
Cloîtrés dans leurs bureaux de verre, les décideurs bruxellois – au train de vie luxueux, avec 6.500 euros nets par mois en moyenne, soit la moitié de ce que touche un éleveur en un an (http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/un-fonctionnaire-europeen-gagne-6-500-euros-nets-mois-653250.html) – se moquent des cris de détresse de l’agriculture française. Les européistes n’hésitent pas à sacrifier froidement nos agriculteurs au dogme européiste, comme ils sacrifient le peuple grec à l’euro.

Seule la sortie de la France de l’Union européenne grâce à l’article 50 du Traité de l’Union européenne permettra de sauver l’agriculture française, et notamment l’élevage, de la destruction.
L’UPR appelle les éleveurs et, plus largement, les agriculteurs et les Français à ne pas se laisser intimider par la propagande européiste.

Les subventions prétendument « européennes » sont, en réalité, françaises puisque la France est contributrice nette au budget européen – de la bagatelle de 9,4 milliards d’euros en 2014 !
La sortie de l’Union Européenne permettra donc non seulement de conserver les subventions au monde agricole, dans le cadre d’une politique nationale, mais de disposer de 9,4 nouveaux milliards d’euros de plus.

Dans son programme de libération nationale, l’UPR propose, outre l’application de l’article 50 du Traité de l’Union européenne :

De rétablir des protections frontalières intelligentes, en fonction des besoins de l’économie et de l’agriculture françaises, et de mettre fin à la surévaluation destructrice de notre monnaie ;

D’instaurer un revenu minimal agricole permettant aux agriculteurs de vivre dignement dans quelque conjoncture économique que ce soit ;

De diversifier les canaux de distribution des produits agricoles grâce à l’instauration de plateformes de vente dans les centres urbains ;

De former la population au vrai goût des aliments, c’est-à-dire tels qu’ils sont produits naturellement, et dans le plus grand respect possible de l’environnement.
a écrit le 19/08/2015 à 5:19 :
Dans l'économie de marché, l'état n'a pas à se mêler du marché privé, sauf cas spéciaux... Mais là c'est pas le role de l'état de se mêler de tout ça... Ben sinon retournons en URSS communiste.
a écrit le 19/08/2015 à 4:09 :
Intervention étatique débile conduite par des socialistes ignorant l'économie. La France n'est pas compétitive car le secteur privé est écrasé par l'état. Ce pays terminera dans la misère et la violence comme toute "république" socialiste. C'est inévitable.
a écrit le 18/08/2015 à 23:12 :
Cette histoire c'est l'histoire de l'Europe et de l'économie de marché

C'est n'importe quoi de vouloir vendre à 1.40 alors qu'en Europe c'est 20 % de moins aucun industriel ne peux le faire sans perdre un maximum

Nous on a nos normes nos taxes nos limitations en taxe et on ouvre les frontières à tous Ca et on veux exporter

Le gouvernement devrait faire un tour en CE1
a écrit le 18/08/2015 à 22:15 :
Perdu d'avance pour les éleveurs de porc français qui n'ont jamais su pointer sur la qualité et trouveront toujours en face d'eux des producteurs étrangers capables de tirer toujours plus le prix. En attendant impossible de trouver du porc label rouge, bio ou élevé sans maltraitance que j'achéterais avec plaisir à 2 euros de plus au kilo.
Réponse de le 18/08/2015 à 23:58 :
+1
a écrit le 18/08/2015 à 21:45 :
Le gouvernement veut un marché du porc avec cotation, donc un équilibre au point de rencontre entre les acheteurs et les vendeurs... mais avec un prix arbitraire imposé !
Autant faire une vente aux enchères avec un prix unique, ni plus, ni moins !!
Les socialistes n'ont vraiment RIEN compris à l'économie ! Vivement 2017...
a écrit le 18/08/2015 à 21:41 :
Le marché russe fermé par la grâce de m Hollande, y' a plus qu' à s' les mettre autour du cou, groin groin !
a écrit le 18/08/2015 à 18:46 :
Bonjour, d'un strict point de vue économique nous savons tous que la rareté implique la chèreté. L'abondance de porc sur le marché français ET plus généralement sur le marché européen permet une cotation au plus juste.
Donc la solution au sein d'un marché ouvert ou les acteurs d'une Europe ou les acteurs peuvent acheter ou bon leur semble n'est certainement pas d'imposer un prix de marché local plus important que le cours européen car les acteurs se fourniront ailleurs.
La véritable solution pour les acteurs de la filière porcine c'est de copier le modèle danois hautement technologique, robotisé et automatisé avec des normes d'hygiène identiques à la France et des marchés extérieurs florissants. Cela implique donc une concentration des acteurs, des investissements plus importants et une montée en gamme du porc français. Bah sinon kapput .. .
Le problème ne vient pas du fait que le porc français n'est pas de qualité mais plutôt qu'il est coincé entre le bas de gamme allemand et espagnol et le haut de gamme danois. Hors le moyen de gamme c'était la Russie qui nous l'achetait majoritairement et avec l'embargo c'est terminé. Donc une seule solution soit monter en gamme soit baisser en qualité. Le marché du porc moyen de gamme est mort en Europe tant que la Russie ne reviendra pas sur la marché et que les français continuerons de baisser leur consommation de viande.
Pour sauver la filière les éleveurs doivent être prêt à fusionner et à créer des exploitations bien plus grandes mais aussi à investir dans le technologie comme au Danemark.
Réponse de le 18/08/2015 à 21:43 :
"le haut de gamme danois", du porc hautement industriel et qui diminue de la moitié à la cuisson..!
Réponse de le 18/08/2015 à 21:43 :
Parfaitement d'accord avec cette analyse, il n'existe aucune autre solution que celle décrite dans ce commentaire.
Réponse de le 19/08/2015 à 0:53 :
@Minou : Oublions le porc danois parlons alors du porc haut de gamme français qui se négocier à plus de 2€ aujourd'hui.
Réponse de le 19/08/2015 à 9:09 :
Vous préconisez donc du porc français sur le modèle danois cad mauvais dans des fermes de 60 000 bêtes, quid de la qualité ..? L'avez-vous vu disparaitre dans votre assiette ce porc là qui coûte alors encore deux fois trop cher..?

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