Etats généraux de l'alimentation : le déroulement enfin connu

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La restitution de l'ensemble de ces travaux et de l'agenda de solutions qui aura pu en émerger est prévue pour la mi-décembre.
La restitution de l'ensemble de ces travaux et de l'agenda de solutions qui aura pu en émerger est prévue pour la mi-décembre. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
La réflexion collective promise par Emmanuel Macron sera lancée jeudi lors d'une conférence à Bercy. Le même jour, une consultation publique sera ouverte en ligne. Mais les vrais travaux ne commenceront qu'à la fin du mois d'août.

L'une des principales promesses d'Emmanuel Macron commence enfin à prendre forme. Jeudi 20 juillet seront lancés, lors d'une conférence organisée à Bercy, les Etats généraux de l'alimentation, dont la tenue avait été officiellement annoncée pour "début juillet" par le président de la République vendredi 9 juin, lors d'une visite dans le Limousin en compagnie du ministre de l'agriculture du premier gouvernement d'Edouard Philippe, Jacques Mézard. Quelque 500 personnes - représentants des producteurs, des distributeurs et des consommateurs, ONG, élus, membres des divers services étatiques concernés etc. - seront conviés à cette première journée d'un marathon censé se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Ouverte par le Premier ministre, la session inaugurale verra la participation, en quatre temps distincts, des ministres de l'Agriculture et de l'Alimentation, des Solidarités et de la Santé, de l'Economie et de la Finance ainsi que de la Transition écologique et solidaire. Elle sera conclue par le président de la République lui-même.

Prix justes et alimentation durable

Nés de la "maturation" d'une préoccupation martelée par Emmanuel Macron lors de sa campagne, celle de "garantir des prix justes pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail", les Etats généraux de l'Alimentation - tels que "cadrés" à partir du "champ des possibles" depuis le 9 juin - s'articuleront autour de deux grands pôles de réflexion, explique l'entourage du ministre de l'Agriculture. Le premier sera justement celui de "la création et la répartition de la valeur", dans un esprit de renouvellement de la confiance entre les acteurs mais aussi de relance d'une production mieux en phase avec les attentes des consommateurs français et étrangers. Le deuxième consistera dans la promotion d'"une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous", en tenant compte des contraintes de la mondialisation mais aussi du changement climatique.

Une consultation publique et des journées régionales

Quant à la démarche, elle se veut résolument chorale et participative: l'ensemble des acteurs publiques et privés concernés, ainsi que la population, seront intégrés, assure l'entourage du ministère de l'Agriculture. Jeudi sera notamment aussi le jour du lancement d'une consultation publique par internet, ouverte (à l'adresse egalimentation.gouv.fr) tout au long des Etats généraux, et dont les réponses seront analysées au fur et à mesure pour pouvoir nourrir les travaux. Alimentée par vagues, afin de maintenir la dynamique tout au long du processus, elle sera constituée de questions compréhensibles, concrètes et proches du quotidien des Français, a promis le ministère.

Une pluralité de politiques publiques étant sollicitées par ces Etats généraux, l'ensemble du processus sera piloté par un comité interministériel - coordonné néanmoins par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. La demande d'expression des territoires sera par ailleurs prise en compte: des journées de travail, générales ou thématiques, pourront notamment être promues par les préfets ou organisées spontanément, avec l'aval du comité de pilotage.

Des ateliers d'août à novembre

Les vrais travaux ne commenceront toutefois qu'à partir de la fin août, avec les lancement des premiers des 14 ateliers thématiques au programme. Chacun présidé par une personnalité "fédératrice", "légitime" et capable de faire émerger des propositions concrètes -dont l'identité sera dévoilée dans les prochains jours-, ils seront constitués d'une quarantaine de membres choisis de manière à représenter l'ensemble des acteurs intéressés tout en préservant un fonctionnement opérationnel. Des documents d'étape seront publiés au fur et à mesure. Les rapporteurs seront des membres des divers ministères.

La moitié de ces ateliers, ceux axés sur la relance de la production et la répartition de la valeur, devront par ailleurs se conclure ou du moins présenter de premières conclusions avant les négociations commerciales entre producteurs et centrales d'achat de la grande distribution prévues en octobre. Un calendrier serré, mais qui permettra néanmoins le lancement d'une dynamique, la tenue d'au moins "trois réunions dans la période" et l'obtention de "premiers résultats", rassure-t-on au ministère de l'Agriculture, où l'on souligne également que les acteurs des ateliers et des négociations seront "les mêmes". Le pari est donc que ces réunions permettront de confirmer une impression déjà ressentie: celle de la "prise de conscience par l'ensemble des acteurs de la fin d'un modèle", indépendamment des règles en vigueur -notamment celles de la loi de modernisation de l'économie, qui depuis 2008 fixe les grands principes de négociation des prix et est parfois accusée d'avoir favorisé les baisses de tarifs au profit des consommateurs.

Le deuxième groupe d'ateliers, consacrés au chantier de l'alimentation durable, auront lieu entre octobre et novembre. Tout au long des Etats généraux se tiendra également un atelier transversal, consacré à la "préparation de l'avenir" via les investissements et la recherche et développement.

"On ne s'interdit la mobilisation d'aucun levier"

La restitution de l'ensemble de ces travaux et de l'agenda de solutions qui aura pu en émerger est prévue pour la mi-décembre. Mais, met-on en garde au ministère de l'Agriculture, ce ne sera que le début, car face au "foisonnement d'idées" il faudra peut-être "se donner le temps de la mise en oeuvre". Et alors que le président de la République a annoncé un plan d'investissement dans l'agriculture de 5 milliards sur 5 ans, lancé "à l'issue" des Etats généraux, "l'Etat ne fera pas tout tout seul: pour réussir, il faut que tous les acteurs veuillent jouer le jeu", insiste l'entourage du ministère -peut-être en se souvenant des échecs d'autres tentatives étatiques d'apporter des solutions à la guerre des prix.

"On ne s'interdit la mobilisation d'aucun levier", ajoute-t-on. Certes, les résultats de la réflexion pourront influencer les prises de position de la France dans les discussions en cours à Bruxelles sur la prochaine Pac, voire aboutir, si "utile", à l'élaboration d'une nouvelle loi. Mais le dialogue entre acteurs économique et "l'engagement des parties prenantes" font aussi l'objet de beaucoup d'espoir.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2017 à 8:09 :
Vaste sujet......y a t il une voie moyenne entre agriculture et élevage hyper intensif et....le p tit maraicher local qui travaille comme on le ferait dans son potager....ou en bio dynamie......?
Vrai question qui demande de mettre en place des expérimentations fiables .....
Vouloir exporter des tomates a t il un sens?.....dans le meme temps ou l essentiel des coulis de tomates sont importes de chine?
La notion de bon prix est liée au pouvoir d achat du consommateur, qui lui meme doit arbitrer entre la quantité.....et la qualité....
Je remarque simplement que sur les marchés de provine, on a des fruits et des légume de meilleure qualité moins cher, a produit comparable, que dans les,grandes surfaces.....
Idem chez mon boucher...ou a produit comparable.....la différence de prix au kg est tres faible....mais la garantie de qualité sans commune mesure chez mon boucher....
a écrit le 19/07/2017 à 4:35 :
Lasagnes au cheval pour tous. Bon appetit.

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