L’ETI du Loiret, spécialisée dans la production d’arômes de cacao, de vanille et de café, ouvre coup sur coup deux nouvelles usines, en Centre-Val de Loire et en Thaïlande. L’objectif est de répondre à une demande mondiale haussière et hautement concurrentielle.Le groupe familial Prova a inauguré le 16 mai dernier son nouveau site ultra-moderne situé à Montrichard dans le Loir-et-Cher. Cette ancienne usine du laboratoire pharmaceutique Boiron d'une superficie de 9000 m2 a été entièrement rénovée et représente un investissement total de 15 millions d'euros pour le groupe. Outre l'extraction de vanille et de cacao, la nouvelle unité sera d'une part également tournée vers la production d'autres arômes bruns, notamment à partir de fruits à coque, noisettes, noix et noix de coco notamment. D'autre part, Prova y transfèrera depuis son site d'Artenay dans le Loiret la fabrication de sa gamme Prova Gourmet à destination des chefs de cuisine.
25 collaborateurs seront employés à Montrichard d'ici 2025. La société, qui emploie 375 salariés (dont 270 en France), a réalisé un chiffre d'affaires de 110 millions d'euros en 2023, dont 75% à l'export.
La crise du cacao : opportunité pour Prova
Pour Prova, dont le site historique de production est basé à Autruy-sur-Juines près de Pithiviers dans le Loiret, cette montée en puissance significative de son outil industriel s'inscrit dans un contexte favorable au niveau mondial pour la demande d'arômes naturels. « Elle croit chaque année d'environ 4% au niveau mondial », assure Muriel Acat, PDG de l'entreprise créée par son grand-père en 1946. Et nous espérons à l'avenir faire encore mieux grâce à une augmentation significative de notre production ».
L'ETI, qui adresse les marchés de l'agro-alimentaire (90%) et des métiers de bouche (10%), profite dans ce cadre de la hausse exponentielle des prix du cacao en 2023-2024. En cause, de mauvaises récoltes dans les quatre principaux pays producteurs africains, Ghana, Cameroun, Côte d'Ivoire et Nigeria, dues à l'alternance entre fortes pluies et sécheresse intense. La flambée de la tonne de fèves cacao entre 8.000 et 10.000 dollars pousse dans le même temps les industriels de l'agro-élémentaire, type Nestlé et Danone, à se tourner vers les arômes naturels plutôt que les matières premières elles-mêmes.