L'issue des négociations n'était pas jouée d'avance, tant les positions divergeaient à Bruxelles entre eurodéputés et commissaires européens sur les contours de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) pour 2023-2027. Un compromis aura finalement été trouvé vendredi entre la Commission, le Conseil et le Parlement dans le cadre de « super trilogues », après des mois d'âpres pourparlers.
Pour l'entériner, les ministres de l'Agriculture des Vingt-Sept ont conclu lundi un accord de principe. Réglant ainsi la question épineuse du fléchage des 387 millions d'euros de budget de cette politique, soit un tiers de celui de l'UE - même si de nombreux détails techniques devront encore être discutés entre les Etats.
Le ministre français, Julien Denormandie, s'est lui félicité d'une entente qui « va permettre de consolider la souveraineté alimentaire européenne [...] et d'accompagner nos agriculteurs à se préparer face aux défis comme le changement climatique ».
Le volume de financement des « éco-régimes », des primes accordées aux exploitants participant à des programmes environnementaux exigeants, agitaient notamment les débats depuis plusieurs semaines. Sur ce sujet, la poire a, à première vue, été coupée en deux : alors que les eurodéputés plaidaient pour leur accorder un volume de financement à 30% minimum des aides du premier pilier de la PAC (270 milliards d'euros alloués directement aux agriculteurs pour leur assurer un revenu minimum), contre 20% seulement pour les dirigeants des Etats réunis dans le Conseil, le curseur a finalement été placé à 25%.