ENTRETIEN - Le discret patron du groupe de cosmétiques familial fondé en 1954 annonce que 80% des ingrédients utilisés par la marque seront bio dès 2025.LA TRIBUNE DIMANCHE - Les résultats des groupes mondiaux de cosmétiques ont été contrastés en début d'année. Comment se porte Clarins ?
JONATHAN ZRIHEN - Contrairement à beaucoup de ses concurrents, l'entreprise n'est plus cotée en Bourse depuis 2008. Notre communication financière est donc réduite. Mais Clarins va bien, comme l'indique sa croissance de 9% en 2023. Elle s'est maintenue à ce niveau pour les trois premiers mois de 2024, grâce à un équilibre géographique solide : l'Europe et l'Asie sont à égalité, avec chacune 35% du chiffre d'affaires, 15% en Amérique et 15% dans le travel retail .
Avez-vous subi les conséquences de la baisse de la consommation en Chine ?
Non. Malgré ce ralentissement et le fléchissement du travel retail enregistrés dans les derniers mois de l'année dernière, les ventes du groupe sont en hausse dans toutes les régions du monde, y compris en Europe. Le marché américain, en particulier, se confirme très positif pour nos produits, avec une augmentation du chiffre d'affaires de 18% l'an dernier, puis de 30% au premier trimestre de cette année. Nous allons y investir encore davantage à l'avenir, entre autres dans le maquillage. C'est déjà le deuxième marché du groupe, après la Chine. Mais nous pouvons encore nous y renforcer.
Le nombre de points de vente a pourtant diminué aux États-Unis ?
Oui, de 2 000 à 350 magasins. Cette stratégie correspond à la montée en puissance de nos ventes en ligne outre-Atlantique, à 35% du total, ainsi que dans les chaînes spécialisées, dont Sephora et Ulta. Nous misons également davantage sur les influenceurs et influenceuses que sur les points de vente physiques. Leur rôle devient de plus en plus important, car leur audience et leurs followers sont très sensibles tant aux produits qu'aux valeurs de Clarins, en matière de développement durable notamment.