LA TRIBUNE DIMANCHE - Les derniers résultats semestriels du groupe s'affichent en baisse. Pourquoi ?
ALEXANDRE RICARD - Tout simplement parce qu'ils reflètent une phase de normalisation de notre industrie, après trois années d'un « supercycle » en réaction aux restrictions en vigueur pendant la pandémie. Notre secteur a connu une période très faste, du second semestre de 2020 au premier de 2023. Dans le monde entier, une revenge conviviality - une sorte de revanche postconfinements autour de fêtes et de retrouvailles - a dopé les ventes de vins et de spiritueux. Aujourd'hui, le cours habituel de la vie reprend. D'où une baisse de 3 % de notre chiffre d'affaires et du résultat opérationnel.
Cette normalisation touche-t-elle à sa fin ?
Cela dépend des régions du monde. Aux États-Unis, par exemple, elle perdure encore. Les taux de croissance du marché restent très bas, mais les ventes y avaient été supérieures à celles du reste du monde entre 2020 et 2023, d'où cet apparent décalage. Malgré la croissance économique du pays, d'autres facteurs entrent aussi en ligne de compte, en premier lieu l'augmentation massive des taux d'intérêt. Elle pèse sur les coûts des grossistes et des points de vente où les stocks diminuent, parfois même jusqu'à frôler la rupture.
Combien de temps cette phase va-t-elle durer ?
Les avis divergent, mais probablement entre six et douze mois. Car les ménages aux États-Unis subissent également les effets de la hausse des taux via les intérêts de leurs dépenses effectuées par carte de crédit. Leur consommation s'ajuste en
proportion.