Le président Gotabaya Rajapaksa avait interdit à cet effet les importations de produits agrochimiques en mai. Mais les propriétaires de plantations avaient averti qu'ils risquaient de subir de mauvaises récoltes et un chômage énorme, arguant en outre que l'exportation de thé était la principale source de revenus en devises de l'île. Le bureau de Gotabaya Rajapaksa a admis que l'interdiction des importations avait entraîné l'abandon d'environ un tiers des terres agricoles du Sri Lanka cette saison.
Cette politique, a priori vertueuse écologiquement, a été mise en place alors que l'économie de l'île s'écroulait, durement touchée par la pandémie de Covid-19.
En 2015, le pays avait complètement interdit l'utilisation du glyphosate, avant d'accorder une exemption, trois ans plus tard, à la seule industrie du thé. Le Sri Lanka, en proie à une grave crise économique, est confronté à des pénuries de devises, de produits alimentaires, de pétrole brut entre autres produits essentiels. Il subit en outre la perte de recettes liées au tourisme mais également la diminution des envois de fonds des compatriotes travaillant à l'étranger.
Les perspectives économiques du Sri Lanka restent atones sous le poids de la pandémie. "Nous avons révisé à la baisse nos prévisions de croissance pour 2021 à 3,3% contre 3,8%, suite à une augmentation des cas de coronavirus en juillet-août, qui s'est maintenant calmée. Les finances publiques du Sri Lanka restent également une faiblesse majeure du crédit. Le ratio de la dette publique brute au PIB devrait continuer d'augmenter par rapport à notre référence, atteignant 113 % d'ici 2023, contre environ 101 % fin 2020. Le déficit budgétaire devrait également se creuser à 12,1 % du PIB d'ici 2023 contre 11,1 % du PIB en 2020", indiquait le mois dernier Sagarika Chandra, analyste chez FitchRatings.