Comment Tata relance Jaguar et Land Rover

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Les deux marques investissent dans des produits plus petits et veulent rivaliser avec les constructeurs allemands.

Après une histoire chaotique et des changements successifs d'actionnaires, Jaguar et Land Rover essayent de se faire une place en haut de gamme. Sous la houlette du nouveau propriétaire, l'indien Tata. Rude gageure. Jaguar, label de luxueuses voitures de sport, et Land Rover, spécialiste historique du tout-terrain, souffrent de leur taille réduite, leurs gammes étroites et une force de frappe financière et technique limitée.

Jaguar n'a écoulé que 51.443 voitures l'an dernier et Land Rover 181.395 ! Suite à un long passage à vide, les deux célèbres marques anglaises semblent toutefois reparties de l'avant. Si les volumes de Jaguar ont légèrement baissé en 2010, Land Rover a accru les siens de 26 %. Certes, les ventes restent trop centrées sur leurs deux marchés traditionnels, la Grande-Bretagne et les États-Unis, qui absorbent 65 % des ventes de Jaguar ! Mais, « nos premiers Land Rover Freelander sortent actuellement de chaîne en Inde. Nous y avons ouvert dix concessionnaires en 2010 et on doublera ce chiffre en 2011 », nous explique le PDG de Tata Motors l'allemand Carl-Peter Forster. « Nous négocions également la création d'une coentreprise pour produire en Chine, ajoute cet ancien de BMW et GM. Et nous devons être plus présents en Russie, au Brésil et même aux États-Unis. »

Parallèlement, Tata Motors investit « un milliard d'euros par an dans les produits », assure Carl-Peter Forster. « Tata raisonne sur le très long terme, ce qui n'était pas le cas de Ford [précédent actionnaire, Ndlr]. Il est très ambitieux. Avant, on était une fraction d'une grosse entreprise, maintenant nous sommes bien plus autonomes », souligne le directeur de Land Rover, John Edwards, qui précise : « Nous avions une centaine de personnes de Ford chez nous. Il y en a aujourd'hui cinq au maximum qui viennent de Tata. Les décisions se prennent plus rapidement. »

Bénéfice net record

La firme va sortir un nouveau 4x4 compact de luxe à la rentrée, le Range Rover Evoque. « Et nous réfléchissons à un plus petit modèle en-dessous des 25.000 euros ». Chez Jaguar aussi, « un véhicule plus petit est une priorité », indique le directeur de la marque, Adrian Hallmark. Enfin, les deux firmes misent sur des hybrides diesel à partir de 2013. Après de fortes pertes, les deux firmes ont affiché un bénéfice net record de 275 millions de livres (327 millions d'euros) sur les trois derniers mois de 2010, soit le cinquième trimestre consécutif de bénéfice. « Nous sommes très profitables », reconnaît John Edwards. Pour 2011, Jaguar compte sur « une croissance à deux chiffres », assure Adrian Hallmark, et Land Rover « vise un record à plus de 226.000 unités », selon John Edwards, « avec une rentabilité encore meilleure ».

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Commentaires
a écrit le 08/04/2011 à 11:36 :
Je croyais que le PDG de Tata Motors était un Indien.
La résurrection de Jaguar et de Land Rover est une bonne nouvelle.

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