L'Autolib' dans les starting-blocks

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C'est ce lundi que sera donné le top départ des véhicules électriques à Paris, fonctionnant sur le modèle de location du Vélib.

Cinq ans après le Vélib', les Parisiens découvrent lundi les voitures électriques de location Autolib', appelées à révolutionner la façon de circuler en ville.

Après deux mois de test grandeur nature, le service d'autopartage francilien confié au groupe Bolloré devrait monter en puissance avec 250 voitures et 250 bornes d'ici la fin de l'année, pour atteindre 1.100 stations et 3.000 véhicules à Paris et dans 45 villes de banlieue fin 2012.

La mairie socialiste de Paris considère ce nouveau service comme complémentaire du Vélib', le dispositif de location de bicyclettes en libre-service lancé en 2007. Malgré un fort taux de dégradations, le système est un succès avec 180.000 abonnés gérés par JCDecaux.

Grâce à double système, la capitale française rêve de dire adieu aux embouteillages.

"Nous voulons convaincre les gens de passer du concept consistant à posséder une voiture à celui consistant à simplement en utiliser une", déclarait à Reuters en septembre Morald Chibout, directeur général d'Autolib'.

Fabriquée en Italie avec Pininfarina, la "Bluecar" proposée par Autolib' affiche une autonomie de 250 kilomètres pour un temps de recharge d'environ quatre heures. L'usage moyen devrait être inférieur à une heure et la distance générale parcourue ne devrait pas dépasser quelques kilomètres.

Les formules proposées visent à encourager les déplacements courts : au forfait (annuel à 144 euros, hebdomadaire à 15 euros ou quotidien à dix euros) s'ajoutera le prix de la location à raison de cinq à sept euros la première demi-heure, quatre à six euros la deuxième, puis six à huit les suivantes.

BATAILLE DU VÉHICULE ÉLECTRIQUE

Comme pour Vélib', l'usager pourra laisser sa voiture dans une station différente de celle de départ. A la différence des vélos en libre-service, où l'utilisateur est livré à lui-même, le groupe Bolloré va recruter pour Autolib' 1.500 "ambassadeurs" chargés d'assister les utilisateurs dans les stations et d'entretenir les véhicules.

Ces dépenses représenteront l'essentiel des coûts d'exploitation évalués à 100 millions d'euros par an. "Nous estimons qu'à partir de la septième année, ce sera rentable, et un groupe industriel comme le nôtre a l'habitude de n'avoir des rentabilités qu'au bout de six ou sept ans", a prévenu Vincent Bolloré, PDG du groupe. Selon l'industriel breton, Autolib' sera profitable à partir de 80.000 abonnés. Avec une contribution publique de 50.000 euros par station, l'investissement pour la Mairie de Paris s'élève à 35 millions d'euros.

L'exploitant versera également une redevance annuelle de 750 euros par place de stationnement équipée d'une borne de recharge. Il encaissera en retour l'intégralité des abonnements et des recettes de location. Grande première pour un système de libre-service de voiture de cette envergure, Autolib' constitue aussi une vitrine pour les batteries Bolloré, fabriquées en Bretagne, à l'orée de la grande bataille du véhicule électrique.

Contrairement aux autres constructeurs qui ont choisi le lithium-ion, la Bluecar fonctionne avec une technologie radicalement différente : la batterie solide lithium-métal-polymères dérivée de l'expérience historique du groupe Bolloré dans les condensateurs. L'utilisation au quotidien des voitures pourrait permettre de départager les deux systèmes -entre un lithium-ion plus performant mais plus fragile et un LMP moins sensible aux variations de températures.

Présenté comme une révolution dans le monde de l'automobile, le véhicule électrique est encore rare, mais 2012 pourrait changer la donne avec la multiplication des systèmes de recharge sur la voie publique ou les parkings et l'arrivée de nouveaux modèles ambitieux. Aux Peugeot Ion et Citroën C-Zéro de PSA et à la Leaf de Nissan viennent s'ajouter chez Renault le Kangoo électrique, la berline Fluence et le quadricycle Twizy. La Zoé, centrale dans le dispositif "zéro émission" de Renault, est annoncée pour l'automne 2012.

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a écrit le 05/12/2011 à 21:51 :
Dans diverses villes dans le monde il y a déjà des véhicules électriques et en France par exemple depuis longtemps à La Rochelle, Nice etc et 1 véhicule électrique permet dans la pratique de supprimer de 6 à 8 véhicules. Les transports en commun ne répondent pas systématiquement aux besoins des utilisateurs de ces véhicules, ni à certains trajets, ni à certains horaires (nuit, week-end etc), donc les 2 modes de transports peuvent êtres complémentaires. Les véhicules électriques peuvent être utiles à certaines professions ou situations, là où le transport en commun ne va pas pouvoir s'appliquer. Ces véhicules peuvent être rechargés par des stations solaires etc et être une source de revenus pour les communes. De plus c'est une manière de les tester pleinement en conditions intensives. C'est aussi une vitrine des véhicules électriques. La solution proposée par Blue Car est bien étudiée et si à terme elle permet d'aller au delà des 30 km de l'Ile de France, vue l'autonomie de 250 km des voitures, l'impact environemental n'est pas si mal. Il y a donc, il me semble, plus d'arguments positifs que négatifs à retenir et on ne peut pas dire que les transports en communs sont partout d'une telle qualité qu'il n'y a pas lieu de développer cette offre qui même à terme ne comportera pas tellement de véhicules comparé au parc parisien et qui cedendant pour une bonne part est complémentaire des transports en commun et devrait donc avoir un bilan global favorable comme dans les autres villes
a écrit le 05/12/2011 à 15:53 :
Deux A/R à MONTMARTRE .... et c'est probablement fifi et nini ! Plus de pile !
Réponse de le 05/12/2011 à 22:17 :
Moi j'ai toujours ma Milburn électrique depuis les années 1920 (les véhicules électriques étaient alors majoritaires : 3/4 du marché) et elle grimpe toujours allègrement Montmartre plusieurs fois sans problèmes ;o)) En vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=jlp-CKpOCFc&feature=player_embedded
a écrit le 05/12/2011 à 13:40 :
Des voitures de location à énergie nucléaire avec installation fixe sur le domaine public (prohibé), la chaussée (prohibé), des appareils fixe volant l'espace piéton sur les trottoirs(prohibé), des branchements sur le réseau électrique du citoyen payé par lui... voilà un style de fraude pour le moins irréel dont la presse ne relaie pas alors que c'est son rôle. Autolib est une entreprise privée qui ouvre des bureaux privés comme place Boulnoy dans le 17 ème là où la municipalité a fermé la seule maison de santé du secteur. Pas écolo du tout cas humain non plus alors que les handicapés ont besoin de ces places, les riverains de l'accès à leurs entrées d'immeuble. Qu'attendent les autorités, les maires d'arrondissements pour fermer cette farce ?
Réponse de le 05/12/2011 à 22:09 :
Dans la pratique votre raisonnement est faux puisque les villes qui utilisent déjà des véhicules électriques depuis parfois près de 15 ans dans le monde constatent qu'un véhicule électrique remplace en moyenne 6 à 8 véhicules thermiques nettement plus polluants, nombreuses statistiques médicales à l'appui, sans parler du bruit etc. Les clients y trouvent bénéfices (pas d'assurances, frais, garage etc), la ville qui perçoit des taxes aussi de même que l'entreprise qui crée des emplois etc. La charge des véhicules peut être solaire etc. C'est donc une solution qui ne peut être que partielle mais bénéfique et la solution proposée est objectivement plutôt bien pensée.
a écrit le 05/12/2011 à 11:26 :
J'attends pour ma part de voir comment vont se comporter les batteries Lithium Métal Polymère (LMP) qui, rappelons-le, doivent constamment rester à haute température.
a écrit le 05/12/2011 à 10:42 :
Il est rigolo le rédacteur de l'article:
"appelées à révolutionner la façon de circuler en ville." Elle est drôle ta blague!
Raconte çà aux loueurs professionnels, surtout avec un prix de 8 euros la demi-heure pour l'Autolib! Ils vont bien se marrer! Chez un loueur on a une journée entière contre quatre/cinq heures avec l'Autolib...le calcul est vite fait!
C'est vrai qu'avec la complicité de la ville de Paris (on dirait qu'on est chez Poutine à Moscou) Bolloré investi pour pas cher pour sept ans a fin de voir venir!
A ce tarif là ce n?est pas cher pour occuper un territoire! Le monopole quoi!
Des pans entiers de rues rien que pour lui! Du jamais vu! Vive le libéralisme débridé!
Réponse de le 05/12/2011 à 22:11 :
Objection votre Honneur, Bolloré est un copain de Sarko pas de Delanoe ;o))
a écrit le 05/12/2011 à 9:06 :
Je pense que la voiture électrique à Paris est un non sens, les transports en commun doivent est suffisent largement, il n'y a que les dessertes et les municipaux que celà doit intéressé, je pense que Bolloré doit se frotter les mains, avec le pont d'or que l'on vient de lui faire!

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