Exception dans le haut de gamme automobile, le suédois Volvo souffre

Volvo a vu ses ventes baisser l'an dernier. Avec une gamme trop étroite et une production trop centrée sur l'Europe, le suédois est en difficulté. Il devrait perdre de l'argent en 2012 et 2013.
Copyright Reuters
Copyright Reuters

Toutes les marques haut de gamme sont au beau fixe? Eh non! Si les labels germaniques ont réalisé une formidable année 2012, tout comme le britannique Jaguar Land Rover (JLR) ou Lexus (Toyota), le suédois Volvo Cars a enregistré une baisse de 6% de ses ventes mondiales à 421.951 véhicules l'an dernier. Sur le seul mois de décembre, la marque de Göteborg a même fléchi de plus de 7%. Les Etats-Unis ont représenté le plus important marché de Volvo Cars avec, sur l'année complète, 68.079 véhicules vendus, soit une progression de... 1,2% seulement. Une croissance moindre que celle de la plupart des marques rivales. Volvo explique cette croissance modeste par des "incitations d'achat à des niveaux modérés". En Chine -patrie de son propriétaire, le groupe Geely-, Volvo a reculé de 10,9% à 41.989 véhicules. Là, le groupe scandinave évoque la "concurrence farouche qui bat son plein entre les marques de luxe importées".

Pas d'usine aux Etats-Unis

Trois fois plus petit que BMW, Volvo Cars (rien à voir avec les poids-lourds de AB Volvo demeurés indépendants) souffre de plusieurs facteurs. Et ce, malgré la qualité reconnue de ses voitures. Tout d'abord, il produit essentiellement en Suède et en Belgique. Contrairement à BMW ou Mercedes, il ne dispose pas d'usine outre-Atlantique. En Chine, son implantation industrielle est faible aujourd'hui. La firme pâtit aussi d'une gamme plus étroite que celle des rivaux allemands. Volvo souffrait même, jusqu'au milieu de 2012, de l'absence d'une vraie berline compacte. Enfin, faute de moyens, certains véhicules vieillissent, comme le gros 4x4 XC90, qui a plus de dix ans.

Sites industriels en projet

Mais le constructeur a des projets. Présidé depuis octobre par Hakan Samuelsson, Volvo a signé fin 2012 un prêt auprès de la China Development Bank pour plus de 900 millions d'euros. Un nouveau site de production est en construction à Chengdu, en Chine, qui sera opérationnel au second semestre 2013. Volvo envisage également une implantation en Amérique du nord. Il étudie aussi la possibilité de bâtir une usine en Inde. Volvo a un plan stratégique pour produire 800.000 véhicules vers 2020. L'expansion industrielle ne suffit pas. Volvo innove également sur le plan des produits. Il va ainsi commercialiser prochainement une V60 hybride rechargeable diesel, une première mondiale.

Nouvelle plate-forme

Volvo Car Group a annoncé des investissements lourds, pour onze milliards de dollars (8,5 milliards d'euros) entre 2011 et 2015. Objectif principal: créer une seule plate-forme modulable et une nouvelle famille de moteurs à quatre cylindres nettement plus sobres et capables de couvrir l'ensemble de sa gamme. Pour réduire les coûts. Ces deux projets "représentent l'un des plus importants investissements jamais réalisés en Suède", affirme le constructeur. "Avec environ 40% de composants partagés par l'ensemble de nos modèles, et ce indépendamment de leurs dimensions, nous bénéficierons d'économies d'échelle qui doperont notre compétitivité", expliquait début décembre dans un communiqué Peter Mertens, vice-président en charge de la  recherche et du développement.

Pertes prévues

En attendant que ces projets réussissent, la situation de Volvo est délicate. Hakan Samuelsson a déclaré en fin d'année dernière au Financial Times qu'il estimait "très difficile" d'éviter une perte en 2012 et en 2013, face à la dégringolade du marché européen. Un résultat d'exploitation à l'équilibre en 2012 sera un objectif "très, très difficile à attendre", soulignait-il. Et, si en 2013 "l'objectif est toujours d'être à l'équilibre (...), ce sera également très compliqué". Hakan Samuelsson a indiqué par ailleurs au quotidien suédois Dagens Industri que Volvo tablait sur 400.000 à 410.000 véhicules vendus seulement en 2013. 

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 3
à écrit le 22/01/2013 à 14:27
Signaler
Les chinois ont acheté Volvo pour sa technologie et ses compétences, pas pour que la marque soit rentable(au moins qu'il ne perde pas d'argent). Ils ne savent dèja pas faire de l'entrée de gamme, alors être positionné dans le haut de gamme, cela nec...

à écrit le 22/01/2013 à 12:31
Signaler
Depuis quand Volvo fait-il parti des marques de luxe? Certes leur gamme propose les mêmes produits que les constructeurs allemands mais le nombre de vente ne semble pas indiquer qu'ils soient considérer comme tel. C'est un généraliste qui est monté...

le 22/01/2013 à 13:49
Signaler
Ancien client Audi, ma Volvo ne souffre d'aucune mesure de la comparaison avec les berlines allemandes, tant au niveau finition que motorisation. je ne regrettre absolument pas mon choix, et de plus, Volvo reste l'une des dernières marques à proposer...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.