Quand Toyota implante la cité écolo du futur… Une vision très totalitaire

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La maison idéale dans la ville écolo rêvée par Toyota
La maison idéale dans la ville écolo rêvée par Toyota (Crédits : DR)
Nous l’avons visitée : la ville environnementale idéale pensée par Toyota pour rejeter le moins de C02 possible existe, près de Nagoya. C’est propre, efficace, « high tech » et… terriblement artificiel.

Vous l'avez rêvé, Toyota l'a fait. Le premier constructeur auto mondial ne se contente pas de concevoir et de produire des voitures et véhicules utilitaires dans le monde. Le groupe japonais promeut aussi la "cité environnementale" du futur. Rien de moins. Dans la tentaculaire ville de Toyota City près de Nagoya, son berceau et siège social, la firme nippone a bâti un embryon de sa cité des rêves, la  « Toyota Ecoful Town », ouverte en mai 2012 et qui devrait être terminée en mars 2014.

Tout est prévu

Tout est prévu, du pavillon central, coeur de la cité avec panneaux solaires, aux bornes de recharge électriques et au parc d'auto-partage avec voiturettes, deux-roues et bicyclettes électriques. La station à hydrogène pour véhicules à pile à combustible trône en bonne place. Est prévu évidemment un système de gestion des transports intelligent interconnecté.

On signale son déplacement et le système vous indique les moyens disponibles… Voire, s'il y a plusieurs appels pour le même bus par exemple, le système en met du coup un deuxième à disposition… Evidemment, le second véhicule est immédiatement disponible, on se demande comment. On saute d'ailleurs d'un moyen de transport à l'autre, chacun prenant le relai de l'autre. Bien sûr, il ne pleut jamais et on n'a pas de bagage lourd ou encombrant !

 Maison intelligente

Même la maison intelligente, construite par la filiale de BTP Toyota Housing Corp, est prévue, géométrique, lumineuse, efficace, avec une gestion optimisée de l'énergie pour consommer le moins possible et rejeter le moins de CO2. Nous avons d'ailleurs visité la maison témoin parfaite, où rien ne dépasse, avec des écrans régulateurs partout.

Un petit film explique même au visiteur comment l'individu "écologique" gère son flux d'énergie au mieux. En l'occurrence il s'agit d'une… femme, puisque Toyota n'hésite pas à réserver à la femme les tâches ménagères traditionnelles. Pas sûr que ce soit très politiquement correct en Europe ! Ah, on oubliait, "Big Brother" Toyota veille sur vous et votre bien-être: le consortium nippon a pensé également à la forêt durable de l'avenir.

Une vision sans aspérités

Bref, tout le monde est gentil, propre, respectueux, rationnel, dans cette banlieue proprette, grise, artificielle, qui représente le monde idéal selon Toyota. Le hic, c'est que, au bout d'une heure, on commençait à étouffer dans ce monde conformiste, où personne ne déroge jamais aux règles de l'efficacité pure édictées par les grands planificateurs. Une vision totalitaire de la société pour la bonne cause, celle de l'environnement. Sans aspérités, sans états d'âme, sans histoire, sans conflits.

En caricaturant, on dirait un mélange d'homme nouveau stalinien, de "Travail par la joie" du  Troisième Reich et de ville nouvelle genre Cergy-Pontoise telle qu'on l'imaginait dans la France des années 60, le tout en version moderne "écolo-high tech". Peut-être efficace, dans un pays comme le Japon où personne ne déchire jamais une affiche, ne trace un tag ou ne traverse en-dehors des passages piétons... On imagine le résultat dans nos banlieues!

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Commentaires
a écrit le 04/12/2013 à 13:19 :
Ah les nases ils on oublié qu'on pouvait encore faire mieux et plus écolo!
Faire un Camping-car Toyota, des petits de moyens, et des grands, selon les familles, comme çà ils peuvent les mettre à coté des usines, et après les déplacer selon le boulot.
a écrit le 03/12/2013 à 13:51 :
Bof,

Le projet n'est pas bien mieux que la nature en conserve du projet pierre et vacances de marne la vallée finalement.
a écrit le 02/12/2013 à 11:52 :
Je ne comprends pas le parti-pris de l'article. Comparer cela avec les pires totalitarismes du XXe siècle est déplacé. Quand l'auteur regrette le "conformisme" de Toyota, c'est carrément la paille et la poutre.
a écrit le 02/12/2013 à 11:02 :
C'est juste du journalisme gonzo, relax.

Et la description correspond à un point de vue défendable puisque toute idéologie passe par une simplification de l'humain et de ses comportements, donc une négation de l'humain.
a écrit le 02/12/2013 à 9:27 :
C'est un article, ça?
a écrit le 01/12/2013 à 14:51 :
Quel manque de vision et d'ouverture d'esprit!
N'y a-t-il pas beaucoup de bon dans l'environnement presente' par Toyota? Aller de l'avant en proposant, construisant et de maniere positive nous fera plus avancer que d'accepter la mediocrite' de nos rues de nos manieres.
a écrit le 01/12/2013 à 11:06 :
"Quand le sage montre la lune l'imbécile voit le doigt"
Ce "journaliste" totalement intoxiqué par le politiquement correct devrait quitter plus souvent son "microcosme parisien" et voir le monde qui avance autour du Paacifique ...
a écrit le 01/12/2013 à 10:16 :
il a raison de s'interroger le ( journaliste) , quid de cette cité radieuse avec nos populations de banlieues qui transforment illico leur habitat en gourbi ou autre case communautaire .
et en plus, il n'y a même pas d'enclos pour les chèvres et le mouton .
a écrit le 01/12/2013 à 8:09 :
Une telle volée de bois vert dans les commentaires prouve bien que cet article a vraiment touché un point sensible et réveillé des douleurs endormies ! Peur ou désir caché: la est la question!
a écrit le 01/12/2013 à 3:05 :
1) Cet article montre l'immaturité du journaliste qui confond le concept et le monde réel. De plus notre journaliste a une vision tellement sectaire qu'il a osé ecrire "En l'occurrence il s'agit d'une… femme, puisque Toyota n'hésite pas à réserver à la femme les tâches ménagères traditionnelles. Pas sûr que ce soit très politiquement correct en Europe !". Je me demande si l'auteur a déjà visité un salon d'auto en France: Habiller des femmes en poupée pour les mettre devant une voiture est donc politiquement correct en Europe.
2) "..tout le monde est gentil, propre, respectueux, rationnel, dans cette banlieue proprette, grise, artificielle, qui représente le monde idéal selon Toyota." Le monde ideal du monsieur journaliste serait donc d'aller faire de graffitis, jeter les mégots de cigarettes sur les trottoirs, avoir des déchets qui trainent sur les trottoirs. Ca choquerait peut-être aussi Monsieur le journaliste de voir qu'au Japon, les déchets sont joliments emballés et deposés proprement sur les trottoirs attendant qu'on les ramasse plus tard. Ca choquerait peut-être aussi Monsieur le journaliste qu'à Singapore, il est interdit de cracher par terre et de faire de graffitis.
3) "c'est que, au bout d'une heure, on commençait à étouffer dans ce monde conformiste, où personne ne déroge jamais aux règles de l'efficacité pure édictées par les grands planificateurs." C'est génial en France, tout le monde peut déroger aux règles: on peut bruler les voitures, les portiques écotaxes, attaquer les vieilles dames, arracher des téléphones portables, visiter les maisons des inconnus pour leur prendre quelques biens.
4) "... nouveau stalinien, de "Travail par la joie" du Troisième Reich et...", je crois que monsieur le journaliste a voulu juste montrer qu'il a été présent a son cours d'histoire, mais je ne suis pas sur qu'il a bien compris les cours.

Conclusion:
Mais où va la France ? On a des politiques qui manquent de vision d'avenir et de courage. En plus si nos journalistes sont aveugles aussi.
a écrit le 30/11/2013 à 18:55 :
Que vous n'ayez pas envie de vivre dans ce monde-là, je le comprends.
Ce qui m'attriste (et pour tout dire, me fait un peu peur), c'est que la réflexion sur l'énergie est absente chez beaucoup; elle devrait être au coeur de nos préoccupations car on sait que beaucoup de choses en découlent, pas seulement la pollution et les problèmes de santé, mais aussi la balance commerciale et notre économie.
Tout est bon à prendre dans la réflexion sur l'énergie. Car on ne peut nier que les générations futures (nos enfants et petits-enfants) devront se poser ces problèmes bien plus difficilement que nous. Notre économie est fondée sur une croissance exponentielle elle même dépendante du pétrole bon marché et infiniment disponible.
Ne pas le voir me laisse un sentiment de gêne, prendre cette problématique à la dérision m'attriste profondément.
a écrit le 30/11/2013 à 18:50 :
"on commençait à étouffer dans ce monde conformiste, où personne ne déroge jamais aux règles de l'efficacité pure édictées par les grands planificateurs."
Dans le vrai monde d'aujourd'hui, on étouffe au sens propre dans la circulation de l'air saturé en particules, en Nox et en suies. Cet état de fait vient d'un monde conformiste, le 100% pétrole, le 90% diesel, édicté par des planificateurs. C'est aujourd'hui.
Vous savez, il y a une règle psychologique qui veut qu'on ne voit pas ce qui est énorme (et en place) mais qu'on se méfie de ce qui est nouveau.
a écrit le 30/11/2013 à 18:45 :
Pourquoi le ton négatif de l'article ?
Avant de pouvoir acheter ma ZOE, j'étais obligé de rouler en voiture thermique... Je fais 50 km par jour en centre ville en scooter électrique et je suis obligé de respirer les émanations des voitures diesel et y perdre ma santé... Ce n'est pas totalitaire, ça ?
Je ne peux pas aérer ma maison le matin car les voisins font chauffer leurs moteurs diesels dans l'air pur et glacé, air qui devient fûmant et puant : ce n'est pas totalitaire, ça ? Ce n'est pas gris ?
Le futur ne promet pas d'être "totalitaire" (le mot n'est pas employé dans son vrai sens, et les allusions politiques sont un peu extrêmes) mais promet de sortir du totalitarisme énergétique français actuel : tendance au 100% diesel, tendance au 100 % nucléaire.
Si le futur nous permet de ne pas respirer les émanations cancérigènes des autres, les fumées, si le futur nous permet de choisir entre l'électricité solaire ou nucléaire, si le futur nous permet de savoir quel est le moyen de transport le plus rapide et le plus économe, si le futur pense à entretenir une forêt durable, alors oui, je suis pour ce totalitarisme là.
a écrit le 30/11/2013 à 17:00 :
C'est moins moche que les baraques recouvertes de bois que nous construisent nos pseudo architectes.
Après la ville moche, la ville hideuse avec du street art pour plaire aux snobs.
a écrit le 30/11/2013 à 14:18 :
Il faut aller jusqu'au Japon pour s'en rendre compte?... Un simple coup d'oeil à nos propres errements eut suffit.
Et à propos: ce que vous décrivez s'apparente moins à l'écologie qu'à la planification centrale et à l'étatisme régulateur... juste pour dire. Cela porte un nom: le socialisme.
a écrit le 30/11/2013 à 13:31 :
Une société totalitaire au nom du bien de la planète et de l'humanité entière présente et à venir, voilà aujourd'hui ce dont il faut veiller à se prémunir.
a écrit le 30/11/2013 à 13:07 :
Le vrai problème de l'humanité, ce n'est pas comment concevoir des villes entièrement électricisées, des vélos aux voiture en passant évidemment par la maison. Car l'électricité est hélas d'un rendement assez faible et est évidemment une source importante de pollution. Seul avantage : elle ne pollue pas là où elle est consommée. Non, le vrai problème, c'est comment limiter la population humaine, dont la taille grandissante (10 milliards en 2050) est véritablement la source de tous nos maux...
a écrit le 30/11/2013 à 11:26 :
Bien au contraire, article plein d'intérêt pour ceux qui regardent la réalité en face. Du très bon journalisme, malheureusement trop rare, voire inexistant...
a écrit le 30/11/2013 à 9:11 :
Article parfaitement sans interet. Du journalisme de bas étage.
Réponse de le 30/11/2013 à 10:48 :
"personne ne déchire jamais une affiche, ne trace un tag ou ne traverse en-dehors des passages piétons"
Réponse de le 30/11/2013 à 15:36 :
Le totalitarisme qui vient sera "écolo", "solidaire", "responsable" et "citoyen". On avance, comme dirait le Premier Secrétaire.

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