Toyota suspend sa production en Inde à cause d'émeutes dans ses usines

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La direction et le syndicat (des deux usines) négocient un cahier de revendications depuis dix mois. Comme aucun accord bilatéral n'a pu être atteint, l'administration du Travail de l'Etat du Karnataka a organisé sept réunions tripartites pour tenter d'obtenir une entente. Ces efforts de conciliation n'ont pas abouti, a détaillé Toyota dans son communiqué. (Photo : Reuters)
"La direction et le syndicat (des deux usines) négocient un cahier de revendications depuis dix mois. Comme aucun accord bilatéral n'a pu être atteint, l'administration du Travail de l'Etat du Karnataka a organisé sept réunions tripartites pour tenter d'obtenir une entente. Ces efforts de conciliation n'ont pas abouti", a détaillé Toyota dans son communiqué. (Photo : Reuters) (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Toyota a été contraint de suspendre sa production en Inde en raison d'émeutes dans ses deux usines situées près de Bangalore. Des négociations avec le syndicat instigateur sont en cours.

Le premier constructeur mondial d'automobiles, Toyota, a annoncé lundi la suspension de sa production de véhicules en Inde, à cause d'émeutes dans ses deux usines locales. Le groupe japonais a expliqué dans un communiqué que des employés s'étaient livrés depuis près d'un mois à "des arrêts délibérés de ligne de production, des intimidations et des menaces à l'encontre de cadres". Le constructeur a précisé que les troubles observés avaient eu lieu "à l'instigation du syndicat" des travailleurs locaux et parallèlement à ces négociations.

"Dans ce contexte, l'entreprise n'a d'autre choix que de déclarer le lock-out des usines, pour garantir la sécurité de ses employés et de l'équipe de direction", a conclu Toyota.

Négociation en cours

Les deux usines d'assemblage concernées sont les deux seules exploitées par Toyota en Inde: situées près de Bangalore, dans l'État du Karnataka (sud-ouest), elles emploient 6.400 personnes. La suspension des opérations a été décidée dès dimanche mais n'est entrée en application que ce lundi, a expliqué un porte-parole de Toyota à Tokyo, précisant qu'aucun blessé n'avait été déploré depuis le début de cette agitation.

"La direction et le syndicat (des deux usines) négocient un cahier de revendications depuis dix mois. Comme aucun accord bilatéral n'a pu être atteint, l'administration du Travail de l'Etat du Karnataka a organisé sept réunions tripartites pour tenter d'obtenir une entente. Ces efforts de conciliation n'ont pas abouti", a détaillé Toyota dans son communiqué.

Faible production

L'an passé, ces deux usines n'ont pas tourné à plein régime, affectées par le coup de frein subi par le marché indien de l'automobile. Quelque 174.000 véhicules y ont été produits, sur une capacité maximale de 310.000 véhicules par an que Toyota a élevée récemment.

Le constructeur y produit notamment son SUV Fortuner et ses célèbres véhicules de moyenne gamme Corolla Altis et Camry. L'essentiel est vendu en Inde mais une partie de la production, notamment des modèles compacts Etios, est exportée, particulièrement vers l'Afrique du Sud.

En 2013, le premier constructeur mondial a vendu 147.000 véhicules en Inde, soit une part de marché de 4,5%.

Un précédent pour Suzuki

Un autre constructeur japonais actif en Inde, Suzuki, qui y détient la première place via sa filiale Maruti Suzuki, avait vu ses opérations perturbées dans ce pays il y a 20 mois à cause de troubles sociaux autrement plus violents.

Une émeute avait éclaté en juillet 2012 dans l'usine de Manesar (région de New Delhi), exploitée par Maruti Suzuki, à la suite d'un différend entre un ouvrier et un contremaître. Plusieurs centaines d'ouvriers avaient attaqué des cadres avec des barres de fer, incendié et détruit des équipements. Le directeur du personnel avait été tué et une centaine de cadres blessés, dont plusieurs grièvement. Maruti Suzuki avait ensuite annoncé le licenciement d'au moins 500 ouvriers sur les 1.500 permanents employés dans l'usine, qui avait dû rester fermée plus d'un mois.

Suzuki prévoit tout de même d'investir

Via sa filiale, Suzuki exploite deux usines dans la région de la capitale indienne où il produit plus d'un million de voitures, de petite taille essentiellement. Il prévoit d'investir 50 milliards de yens (environ 350 millions d'euros) dans la construction d'une troisième usine qui, elle, lui appartiendra à 100%. Ce site sera bâti à Ahmedabad, dans l'Etat du Gujarat (nord-ouest de l'Inde), et son entrée en opération est prévue pour 2017. Suzuki est l'actionnaire majoritaire de Maruti Suzuki (avec 56,2% des parts), le premier constructeur indien d'automobiles qui contrôle 39% du marché local.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2014 à 13:42 :
Je vais réfléchir sur oui ou non je à nouveau racheter une Toyota.
Depuis Fukushima, le Japon merde sérieusement, et tout une société commence à se révéler du coté du "dark side". Vivre sur le dos d'esclaves n'est pas la solution.
J'ai arrêté depuis un moment d'acheter des produits à des sociétés esclavagistes.
Emmerde le patron de Toyota.
a écrit le 17/03/2014 à 10:26 :
Même question que Michel ,quelles sont les revendiquations et que propose Toyota ?
a écrit le 17/03/2014 à 9:49 :
On dirait que la CGT française a trouvé son maître....
a écrit le 17/03/2014 à 9:14 :
Bonjour, votre question suppose que vous vous regarderiez ces revendications avec des yeux d’occidentaux.

Et vous passeriez à coté de la réalité. Si vous voulez en savoir plus, demandez à Peugeot qui a connu une expérience indienne il y a une vingtaine d’années. Je doute qu’ils vous informeront clairement. Il vous reste à aller vivre dans ce beau pays pendant quelques années et à essayer de comprendre son fonctionnement. Une expérience très enrichissante !
a écrit le 17/03/2014 à 9:09 :
Dans toutes les usines ou l'esclavage fait rage, des émeutes vont se succéder. Renault va se trouver confronter à ce genre d'émeutes en Roumanie au Maroc en Turquie
Réponse de le 17/03/2014 à 9:23 :
Toutes les marques possèdent des usines à l'étranger. VW, Toyota, Peugeot etc.. Par exemple Hyundai Kia possède des usines en Turquie, en Slovénie et en République Tchèque. Mais les véhicules Renault sont développés en France par des ingénieurs français.
Réponse de le 17/03/2014 à 11:37 :
Le merveilleux Crédit d'Impôts Recherche CIR est un terrain de jeux pour les dirigeants voyoux qui font payer les études aux contribuables français pour ensuite leur casser leurs emplois en France.

C'est tellement merveilleux ce CIR plateforme de la désindustrialisation massive en France sous l'ère Chirac Raffarin Copé DeVillepin puis sous l'ère Sarkozy Fillon Lagarde et maintenant sous l'ère Hollande Ayrault Moscovici ...

les voyous de la finance sont plus que satisfaits, comblés au delà de leurs exigences, par leurs serviteurs zélés précités.
Réponse de le 17/03/2014 à 11:38 :
Heureusement, les conflits salariaux ne terminent pas tous en émeute, même si on se demande parfois comment certains conflits ne dégénèrent pas, même en France. Pour Info, Dacia a eu des grêves assez dures dans ses usines de Roumanie, les salariés ont obtenus des salaires plus conformes au fait que ce sont eux qui font vivre Renault qui sans eux s'écroulerait en 15 jours, et même si les salaires sont "confortables" dans le contexte local, ils n'en restent pas moins ridicules par rapport à ceux pratiqués dans l'Europe de l'Ouest.
a écrit le 17/03/2014 à 8:34 :
Peut-on savoir quelles ont été les revendications des syndicalistes?
Réponse de le 17/03/2014 à 10:03 :
Surement des trucs im-pen-sa-bles, du genre la semaine à 60 heures, le smic à 2 euros. Sont tellement irresponsables ces syndicalistes qui ne comprennent pas les tourments et les sacrifices immenses du directeur du CA de Toyota.
Réponse de le 17/03/2014 à 17:13 :
@tous pourris: oué, même qu'ils devraient être contents qu'on leur permette de survivre et d'éviter des maladies occidentales comme le cholestérol :-)

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