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Automobile : Daihatsu suspend sa production au Japon jusqu'à fin janvier suite au scandale de tests truqués

latribune.fr

Publié le 25 décembre 2023 à 13:47 - Mis à jour le 25 décembre 2023 à 14:01

L'affaire a commencé au printemps dernier, lorsque Daihatsu avait admis avoir trafiqué des résultats de tests de collision pour certains modèles.

L'affaire a commencé au printemps dernier, lorsque Daihatsu avait admis avoir trafiqué des résultats de tests de collision pour certains modèles.

© Yuya Shino / Reuters

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Daihatsu, la filiale de Toyota, a annoncé ce lundi interrompre la production de toutes ses usines au Japon jusque fin janvier minimum. Le spécialiste des « kei cars » est au cœur d'un vaste scandale de tests de sécurité truqués.

Le constructeur automobile japonais Daihatsu, filiale de Toyota, a annoncé ce lundi l'interruption de la production dans l'ensemble de ses usines au Japon au moins jusqu'à fin janvier, après un vaste scandale de tests de sécurité truqués révélé la semaine dernière. Le ministère japonais des Transports a dès lors lancé jeudi dernier une inspection au siège de Daihatsu, spécialiste des mini-véhicules très populaires au Japon appelés « kei cars ».

Après avoir décidé dans un premier temps la suspension de l'ensemble de ses expéditions au Japon et à l'étranger, Daihatsu a finalement annoncé lundi l'interruption de la production dans ses quatre usines au Japon au moins jusqu'au 31 janvier prochain, dans un communiqué. Mais cette interruption devrait avoir des conséquences majeures sur les fournisseurs de Daihatsu, car selon le cabinet d'études Teikoku Databank, plus de 8.100 entreprises au Japon fournissant des produits ou services au constructeur lui doivent au moins 1% de leur chiffre d'affaires. Daihatsu est alors en négociations avec ses fournisseurs en vue de les indemniser, selon des sources citées par l'agence Kyodo.

L'affaire a commencé au printemps dernier, lorsque Daihatsu avait admis avoir trafiqué des résultats de tests de collision pour certains modèles. Dans la foulée, une commission d'enquête indépendante avait été mise en place pour « clarifier pleinement la nature des irrégularités et identifier leur cause profonde ». Le rapport des experts a alors mis en évidence des défaillances profondément ancrées dans les processus de production de Daihatsu, identifiant 174 irrégularités parmi 25 catégories de tests, dont certaines remontaient à 1989. En tout, 64 modèles de véhicules sont touchés, dont des modèles fabriqués pour le compte des constructeurs nippons Toyota, Mazda et Subaru.

Mercredi dernier, le constructeur automobile a présenté ses « plus sincères excuses » pour avoir « trahi la confiance » de ses clients. « Notre mauvaise conduite équivaut à du mépris », a regretté le président de Daihatsu, Soichiro Okudaira, avant de s'incliner longuement en signe de contrition.

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Des conséquences pour Toyota

Cette nouvelle affaire éclabousse la maison-mère, Toyota. Le géant automobile, dont des responsables font partie du conseil d'administration de Daihatsu, sait qu'il « ne pourra pas être exempté de sa responsabilité de surveillance » de sa filiale, a expliqué à l'AFP Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence. Le constructeur a d'abord présenté ses « sincères excuses pour les désagréments et les inquiétudes que cette situation a causés ». Avant de faire les gros yeux à Daihatsu : « L'extrême gravité » de « la négligence de Daihatsu dans le processus de certification a ébranlé les fondements mêmes de l'entreprise », a cinglé le constructeur.

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«Pour éviter que cela ne se reproduise (...) une réforme fondamentale est nécessaire pour revitaliser Daihatsu en tant qu'entreprise», et il faudra «non seulement revoir la gestion et les opérations commerciales, mais aussi l'organisation et la structure» de l'entreprise, a affirmé Toyota.

Une affaire qui tombe mal pour Toyota : le constructeur a annoncé mercredi dernier le rappel aux Etats-Unis d'environ un million de véhicules des marques Toyota et Lexus à cause d'un problème d'airbag. Selon l'avis de rappel publié sur le site du constructeur, des capteurs sur le siège passager à l'avant des véhicules concernés sont susceptibles de présenter un défaut de fabrication pouvant causer un court-circuit. « Cela ne permettrait pas au dispositif d'évaluer correctement le poids du passager et l'airbag pourrait ne pas se déployer comme prévu lors de certains accidents, ce qui augmente le risque de blessure » a expliqué le groupe. Les modèles concernés datent de 2020 à 2022. Pour Toyota, il s'agit notamment des populaires SUV RAV4 et Highlander ou encore la Corolla ou la Camry.

De plus, l'an dernier le constructeur a essuyé un premier scandale de tests inappropriés sur les moteurs du fabricant de camions Hino, dont il est actionnaire majoritaire.

Le secteur de l'automobile impacté

Plus largement, c'est le secteur de l'automobile qui se retrouve touché par le scandale. Pour Mazda et Subaru, clients de Daihatsu, l'impact de cette suspension des livraisons sera « inévitable, mais pas d'une ampleur telle qu'il ébranlera leurs fondements », explique l'analyste Tatsuo Yoshida. Par ailleurs, « les scandales dans l'industrie automobile ont toujours déclenché des examens plus approfondis des processus de certification de la sécurité », note-t-il. Si les falsifications de Daihatsu « sont perçues comme un problème systémique, des voix pourraient s'élever pour demander un examen plus approfondi du secteur », ajoute-t-il.

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La réputation entachée de Daihatsu et la pénurie de ses véhicules pourraient également bénéficier à d'autres constructeurs comme Suzuki, son principal concurrent sur le marché des mini-véhicules.

(Avec AFP)

latribune.fr

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