Benteler : un sous-traitant automobile de plus lâché par les constructeurs ?
Amandine Ibled
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BENTELER
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Depuis vingt ans, l'usine Benteler de Migennes (Bourgogne-Franche-Comté) utilise la même technologie pour répondre aux besoins des équipementiers automobiles. Les ouvriers fabriquent des châssis et des pièces mécaniques en utilisant la technique de l'emboutissage à chaud. « Nous étions à la pointe il y a vingt ans. Aujourd'hui, cette technologie est évidemment une commodité », constate le porte-parole de la direction. « Il aurait fallu évoluer vers une technique plus compétitive en changeant tout le matériel », poursuit-il. C'est l'emboutissage à froid qui est devenu la tendance chez les constructeurs automobiles car cette technologie émet moins de carbone. "Il y a quelques années, Benteler avait pratiqué l'emboutissage à froid durant une période mais l'usine a arrêté ce procédé car il était également très concurrentiel et moins performant", confie le porte-parole de la direction.
Le groupe allemand est en pleine restructuration au niveau mondial et n'a plus les moyens de soutenir ce site en perte de compétitivité. « 10 millions d'euros par an de perte avec un chiffre d'affaire en baisse chaque année », précise le porte-parole de la direction. Selon les estimations, le chiffre d'affaires, aujourd'hui atour de 120 millions d'euros devrait passer à 50 millions d'euros à la fin de l'année 2023.
La direction a annoncé le 22 novembre dernier, au cours d'une réunion exceptionnelle avec les élus du comité social et économique, sa volonté de fermer définitivement l'usine. 400 emplois sont menacés, dont 311 en CDI.
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En cause : les nombreux concurrents asiatiques qui se sont multipliés et en parallèle un marché automobile hexagonal qui internalise de plus en plus sa production. « Les usines des constructeurs français ne sont pas saturés. Aussi, ils en profitent pour intégrer plus de production ou se fournir dans des pays à bas coûts », confie le porte-parole de la direction.

Amandine Ibled
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