Fiat-Renault : un coup de massue pour Senard

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Le patron parachuté comme l'homme providentiel après le long règne sans partage de Carlos Ghosn, est désormais dans une posture inconfortable.
Le patron parachuté comme l'homme providentiel après le long règne sans partage de Carlos Ghosn, est désormais dans une posture inconfortable. (Crédits : Reuters)
Arrivé en janvier dernier à la tête de Renault, l'ancien patron de Michelin a vu son projet de fusion avec Fiat avorté, après avoir perdu le soutien de l'État français. Les observateurs parlent d'un projet monté dans la précipitation qui n'a pas tenu compte des risques, notamment d'une rupture avec Nissan. Désormais, Jean-Dominique Senard doit évaluer sa crédibilité auprès des marchés et de ses équipes.

C'est un terrible désaveu que s'est vu infliger Jean-Dominique Senard. Le retrait de l'offre de Fiat d'un projet de fusion « entre égaux » assomme complètement la dynamique Senard, parachuté fin janvier président de Renault pour sauver le groupe automobile d'une débâcle managériale majeure à la suite de l'arrestation de Carlos Ghosn. Auréolé de son bilan à la tête de Michelin, Jean-Dominique Senard jouissait d'un a priori favorable de la part des marchés, mais également de l'allié japonais de Renault, Nissan.

Cette main de fer dans un gant de velours avait commencé son mandat sur les chapeaux de roues en refondant l'Alliance avec une nouvelle gouvernance, le conseil opérationnel qui se voulait plus équilibré dans la prise de décision. Il a également réussi à imposer au très redouté Hiroto Saikawa, le patron de Nissan, l'entrée de Thierry Bolloré au conseil d'administration du Japonais, tout en prenant de la distance avec les années Ghosn (Renault a transmis des dossiers à la justice française). En quelques semaines seulement, Jean-Dominique Senard est parvenu à rétablir le rapport de force avec Nissan avec une approche gagnant-gagnant et non de « dominant et dominé ».

Du grain à moudre dans l'Alliance

En réalité, Jean-Dominique Senard agaçait royalement chez Nissan puisqu'il n'a eu de cesse de pousser les feux pour mettre sur pied un projet de fusion que les Japonais ne veulent pas. Probablement mandaté en ce sens par le gouvernement français, l'ancien patron de Michelin passait son temps entre Paris et Tokyo avec, dans sa valise, différents scénarios de fusion. Hiroto Saikawa, lui, estimait que l'heure était plutôt à l'approfondissement de l'Alliance où il y a encore du grain à moudre en termes de synergies.

Puis lundi 27 mai, c'est un troisième larron qui a surpris tout le monde. Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a proposé de fusionner les deux entreprises en distribuant les actions de la nouvelle entité à 50-50 aux actionnaires actuels. Avant que le communiqué soit public, Jean-Dominique Senard avait évidemment pris soin de consulter son actionnaire, l'État français et avait obtenu son aval. En outre, l'envolée des titres en Bourse plébiscitait clairement l'opération aux yeux des investisseurs.

Sauf que très vite, des voix critiques vont se faire entendre. D'abord, de nombreux spécialistes du secteur vont afficher leur surprise face à un deal en apparence équilibré, mais qui en réalité ne traduit pas les investissements et les prises de risques technologiques de Renault face à un FCA accumulant les lacunes. Pour certains, la famille Elkann (30% du capital de FCA), réalise une opération financière juteuse après avoir pressé le citron de l'empire automobile pendant 15 ans, tout en piochant dans les acquis et les forces de Renault.

Jean-Dominique Senard en porte-à-faux avec l'État

Mais c'est l'attitude de Nissan qui va conduire à la mécanique de l'échec. Le Japonais va, dans un premier temps, se plaindre d'avoir été prévenu que très tardivement de ce projet. En étant informé au dernier moment, Nissan estime avoir été mis devant le fait accompli. Ni une ni deux, Jean-Dominique Senard s'envole pour le Japon où il parvient à rassurer, du moins en apparence, son partenaire qui prétend alors ne pas avoir d'opposition de principe sur un rapprochement entre Renault et Fiat. En réalité, Nissan n'est pas convaincu par le projet, et le fait savoir... Au point de faire douter l'État français qui a posé comme condition à la fusion que Nissan ne quitterait pas l'Alliance.

C'est Martin Vial, patron de l'Agence des participations d'État et administrateur du constructeur tricolore qui se charge de demander au Conseil d'administration un délai supplémentaire. Jean-Dominique Senard n'ose pas le coup de force alors que le conseil est majoritairement favorable (14 voix pour, quatre abstentions et un contre).

Pour Jean-Dominique Senard, ce revers est vertigineux. Il a tenté un « coup » face à l'intransigeance de Nissan. Mais le piège s'est retourné contre lui. Entre un Fiat intraitable - « c'est à prendre ou à laisser » aurait dit un porte-parole cité par Les Echos -, un État-actionnaire devenu très hésitant et un allié rétif, Jean-Dominique Senard a été clairement désavoué emportant Renault dans son isolement.

Le patron parachuté comme l'homme providentiel après le long règne sans partage de Carlos Ghosn, est désormais dans une posture inconfortable. Sa crédibilité paraît sérieusement entamée auprès des marchés, mais également auprès de ses équipes. Tout porte à croire que le dossier de fusion a été bouclé dans la précipitation et les risques n'ont pas été bordés. Enfin, Jean-Dominique Senard est désormais en porte-à-faux avec son actionnaire qui après l'avoir poussé à monter un projet de fusion, l'a abandonné au milieu du chemin. Dans un contexte de marché très compliqué, Renault est au bord d'une nouvelle crise managériale, qu'elle ne peut pourtant pas se permettre. Le statu quo n'est pas non plus une option...

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Commentaires
a écrit le 11/06/2019 à 2:59 :
Marier Renault ou PSA avec pareille camelote Fiat-Alfa.
a écrit le 10/06/2019 à 10:28 :
Après Renault, aujourd'hui Alston ( GE)
1000 emplois en moins... Allez cela continue de plus belle... Nos génies sont en marche.
a écrit le 10/06/2019 à 9:16 :
Les gens qui mettent leur mains, doigts devant leur bouche, disent quelque chose mais pensent le contraire. En un mot, des politicards, "liars".
Bon, on apprend cela dans les premiers mois d'une ecole de management, les premieres annees de la vie.
a écrit le 10/06/2019 à 7:57 :
et maintenant la guerre des petits chef face a nissan

c'est cela etre un grand patron
voici la raison de l'etat de la France
tous veulent la place du calife
a écrit le 10/06/2019 à 7:28 :
Alors raca votre avis d expert ? Que dit le secteur ??😂😂 Une analyse avec du vocabulaire svp ???
a écrit le 09/06/2019 à 22:54 :
FIAT avec son boulet sur les pénalités CO2 a dû acheter des droits à polluer auprès de Tesla.
De là à ce qu'il y ait comme un air de déjà vu dans un mariage, comme celui de Bayer avec Monsanto, je vois plutôt d'un bon œil le fait que la négo (qui était à prendre ou à laisser) ait capoté.
Les Filous Italiens Autoritaires de Turin n'ont pas bien moissonné avec de deal, et c'est tant mieux !
a écrit le 09/06/2019 à 18:43 :
Si le gouvernement outrepassant ses droits ne traite pas mieux les PDG en les humiliant , nous pouvons parier que nos génies de Bercy vont se transformer en fossoyeur de cette entreprise.
a écrit le 09/06/2019 à 17:36 :
Alfa Roméo (de Fiat ) !!! pour accéder à un seul !! organe courant, il faut en démonter combien d'autres !!!! avant.
Délaissées et décotées en occas.
Pièces détachées vite stoppées à la fabrication.

Conso très très élevée : à 80 km/h le moteur est à 3000 tours/minutes
Réponse de le 10/06/2019 à 6:42 :
Ridicule
a écrit le 09/06/2019 à 12:35 :
En tout cas,Le Maire était disposé à lâcher le contrôle de Renault en faveur de Fiat,comme il l'avait déjà fait pour Alstom transport, racheté par Siemens(heureusement que la CE a dit non).Le Maire ne défend pas les intérêts de son propre pays!.
a écrit le 09/06/2019 à 9:14 :
Fiat Alfa ! pour tirer la qualité Renault VERS LE BAS.
Aussi chères en neuf, et décotées en occas, et les pièces détach ?

Est-ce qu'elles rouillent toujours, déjà sur le catalogue ?
a écrit le 09/06/2019 à 8:50 :
Et le plan de JDS n’était que de montrer à Nissan qu’il a d’autres possibilités ?
a écrit le 08/06/2019 à 20:06 :
Le meilleur indicateur pour ne pas investir dans une entreprise en France, regarder si l'état est actionnaire ....
Réponse de le 09/06/2019 à 6:38 :
Vous oubliez la fiscalite.
Réponse de le 09/06/2019 à 10:43 :
Ce n'est pas tout à fait vrai si vous regardez Safran mais dans ce cas l'état présent au capital n'intervient pas dans la gestion de l'entreprise, il se comporte comme un investisseur financier et là ça marche.
a écrit le 08/06/2019 à 18:12 :
Le raid empressé, in finé suspect, de FCA était la marque de la faiblesse de FCA au regard de l'évolution technologique de l'automobile,

il convient de ne pas regretter l'échec au regard des risques que la fusion faisait courir à Renault ;

Cela dit, il est urgent de ne pas en décider d'une stratégie hâtive et inappropriée, l'Etat n'a aucune raison de baisser pavillon en réduisant sa participation dans Renault,

Lemaire doit prendre le temps de réfléchir un peu même si ce n'est pas dans sa nature,

Lemaire doit surtout prendre conseil auprès de spécialistes compétents et ranger sa fierté et ses certitudes de science infuse ... même si ce n'est pas son habitude

Lemaire doit surtout ne pas intervenir à tord et à travers ... même si c'est sa mauvaise habitude

Nissan est en phase descendante, devant des difficultés de rentabilité,

le moment de lui donner une emprise sur Renault n'est pas de mise ;
Réponse de le 09/06/2019 à 17:34 :
Bien d'accord, à force de vouloir jouer au chef, B. Lemaire arrive juste à jouer aux utilités.
Réponse de le 10/06/2019 à 14:22 :
Bref on vire Lemaire, ca lui évitera de changer ses habitude et le Stratége sera disponible pour la reconstruction des Républicains.
NB: Faites un lot avec Darmanain.
a écrit le 08/06/2019 à 17:34 :
Ghosn du temps de sa splendeur (il y en encore moins d'un an) aurait mené à terme cette fusion s'il l'avait estimé favorable à Renault même contre l'avis des deux représentants de l'état au conseil d'administration fort du soutien de Nissan qu'il aurait obtenu sans difficulté puisse qu'il en était le dirigeant. On peut lui reprocher d'avoir sans doute confondu la caisse de l'entreprise avec son portefeuille mais pas son charisme et sa gouvernance.
a écrit le 08/06/2019 à 16:32 :
Désormais , quel avenir pour FCA....Avec une gamme complètement obsolète , des investissements colossaux et des pénalités à suivre . Par ce biais Renault n' a t' il pas voulu forcer la main à Nissan ?
a écrit le 08/06/2019 à 12:22 :
Mais quand est ce que l'état français va t il cesser de s'occuper des affaires de Renault comme si son comité de direction était à Bercy et non à Boulogne Billancourt?
Une sorte d'atavisme mortifère pour l'entreprise qui est responsable de l'échec de la fusion avec Volvo en 1993, de la non prise du contrôle total de Nissan en 1999 et empêche une fusion aujourd'hui, de la perte de valeur de l'entreprise: Renault est la moins bien valorisée des entreprises du secteur, ce qui la fragilise considérablement. Sans cette intervention délirante de l'état français depuis des décennies, le groupe Renault aurait une valorisation 30% supérieure ce qui lui aurait permis de faire une proposition de rachat de Fiat Chrysler et non l'inverse. Continuons a sacrifier l'avenir de nos fleurons industriels, la gestion calamiteuse des finances publiques ne suffisant pas à nos politiques.
Réponse de le 08/06/2019 à 18:16 :
Mais quels intérêts présentent cette fusion entre Renault et FCA ??
Les modèles Fiat sont obsolètes et leur fiabilité critiquable, l'outil industriel nécessite de gros investissements , quant au réseau commercial ce n'est pas mieux !!
Combien de milliards faudraient-ils injecter dans Fiat pour le remettre à niveau ?? Les acquéreurs de Fiat demain achèteront….. Renault !!!
Mais pourquoi Renault se précipitait-ils ??………..
a écrit le 08/06/2019 à 7:56 :
Heureusement encore que ça a capoté. Et visiblement, "sur un coup d'humeur" des Italiens (ils sont connus pour çà, non ? On n'a pas ce monopole ;)...). Il vaut mieux prendre le temps de la réflexion, quitte à révéler l'impétuosité du futur partenaire...Laisser le moribond Fiat-Chrysler (le beau tandem de l'ancien millénaire que voilà...) prendre le contrôle de Renault, après leur premier essai infructueux avec Peugeot, eut vraiment été regrettable (et dommageable oh combien). Les Italiens sont encore plus mal barrés que nous. Ce n'est pas avec eux qu'il faut aller chercher des alliances
Réponse de le 08/06/2019 à 19:41 :
FCA pas crédible, mais rappelez vous nissan au bord du gouffre, PSA itou en 2009, et aujourd'hui?? alors connaissez vous le dossier financier? NON alors de grâce restez à votre place et évitez des propos ridicules qui doivent éclater ........de rire les VRAIS décideurs. ah les franchouillards, ils savent tout sur tout, des winners, d'ailleurs c'est pour cela que la France est parmi les derniers d'Europe.
Réponse de le 09/06/2019 à 11:19 :
Monsieur le mètre à penser travaille lui dans l'automobile. Il est un expert en la matière...C'est certain. Mais il ne me fera pas changer d'avis pour autant. FCA, c'est l'auto du passé (conception, design, marque prestigieuses qui ont complètement périclité). Donc, qu'un agrégat pareil veuille prendre le contrôle de Renault, niet. On peut espérer de meilleures alliances
a écrit le 07/06/2019 à 23:53 :
Je ne crois pas à un désaveu du Pt Senart. La priorité pour Renault est la relance de l’alliance avec Nissan. Et il en va de même pour Nissan qui n’est pas assez en forme actuellement pour divorcer de Renault.
L’affaire FCA devra être analysée dans les prochains mois selon l’évolution des relations Renault-Nissan. Personne n’a cru à l’intérêt de cette fusion pour Renault.
Je partage l’idée émise sur ce forum d’un jeu de billard à 3, 4 ou 5 bandes que nous ne comprenons pas aujourd’hui.
Wait and see.
PS : qui peut m’expliquer le silence de Daimler, actionnaire et partenaire industriel de Renault ?
a écrit le 07/06/2019 à 23:47 :
M. Sénard est totalement décrédibilisé pour avoir risqué la perte de contrôle d’un de nos derniers fleurons industriels, et pas des moindres.
Dans une fusion dite « entre égaux » la direction réelle du groupe résultant est exercée par l’actionnaire de référence.
Avec 15% cela aurait été EXOR (famille Agnelli), loin devant l’Etat français (7,5%) et Nissan (7,5%). Les pseudo "garanties" apportées, c'est du pipeau, ça n'a qu'un temps.
Pour avoir une vraie égalité de contrôle, il aurait fallu que l’Etat monte aussi à 15% dans le groupe résultant.
Si la fusion ne se fait pas, une ALLIANCE avec FCA est encore possible, avec un croisement de 15% d’actions au grand maximum, pour que FCA ne dépasse pas la part de l’Etat, actionnaire de référence dans Renault.
De plus, dans ce cas d’alliance, l’Etat doit absolument garder son droit de véto dans Renault, et exiger que FCA ne puisse pas revendre ses actions dans Renault à Nissan.
Ainsi chacun garderais le contrôle de son groupe, tout en organisant un amortissement des couts sur un plus grand volume, et éventuellement en procédant aussi à des échanges de technologie.
a écrit le 07/06/2019 à 20:36 :
L' affaire d' une telle réunion de deux grands constructeurs prend du temps. Elle va fâcher Nissan, tant pis. Nissan a bien repris Mitsubishi sans informer Renault il est quand même bon de le rappeler.
Sinon, pourquoi M Bourassi se refuse t-il aux implants voire à la moumoute ? C' est devenu rare de nos jours une si belle calvitie assumée.
a écrit le 07/06/2019 à 18:25 :
FCA a vu venir les enarques avec toutes leurs demandes comme pour Nissan... Pas de droit de vote, tous les investissements en France, les miettes pour FCA...
Et apres clamer que l 'accord est équitable...
a écrit le 07/06/2019 à 17:49 :
Toute fusion à égalité avec Renault est impossible du fait de l'état français. On s'en doutait mais la preuve est faite. Senard est le dindon rêvé par le gouvernement Français, rôle que Ghosn n'a jamais voulu jouer. Mais Nissan n'a plus de scrupule à prendre le large, car il en connaît maintenant le coût d'opportunité.
Réponse de le 08/06/2019 à 2:16 :
Bien vu.
Réponse de le 08/06/2019 à 18:18 :
l'état français ne veut pas de fermeture de sites industriels en France !
et vous ?...……………...
Réponse de le 08/06/2019 à 19:43 :
gentil le "petit gens" mais est ce que lemaire en l'occurrence peut décider?? non même avec 15% NON.
a écrit le 07/06/2019 à 16:07 :
Peut etre que Senard a aussi utilise FCA pour mettre la pression Nissan plus gros et plus dort que FCA. Pourquoi pas cette version ?
a écrit le 07/06/2019 à 16:04 :
Alors que les problèmes de fonds ne sont pas réglés avec Nissan, Renault voudrait s'allier avec CFA ce serait du n'importe quoi actuellement... Surtout que l'état français met son grain de sel en plus... Je ne vois pas comment Senard peut diriger sainement et efficacement...
Ce n'est pas de la stratégie mais bien de la précipitation hasardeuse.
a écrit le 07/06/2019 à 15:09 :
Qui, à la tête de l'état français (actionnaire) a oeuvré avec tant de précipitation ?
Qui ne le conduit que par idéologie pour continuer à le défaire du tissu industriel français ?
a écrit le 07/06/2019 à 14:14 :
Prétendre traiter une affaire de telle envergure en 2 coups "de cuillère à pot", c'est se moquer du monde et quelque part un marché de dupes: ne pas confondre vitesse et précipitation! Je ne partage pas la vision d'un coup de massue asséné sur la tête de Mr SENARD, mais plutôt celle d'un énorme chantier devant lui....
Réponse de le 07/06/2019 à 14:32 :
Je dois dire que je rejoins votre avis. J'ai du mal a comprendre comment une telle décision devrait absolument se prendre en moins de 15j. Pour les actionnaires, il convient quand meme de regarder avec qui on va se marier. On parle de gros montants. Pour les états, des risques pour les économies et les emplois.
a écrit le 07/06/2019 à 14:09 :
Une chose est claire: dès le début, on ne pouvait pas prendre au sérieux l´offre italienne! Fiat est à la traine en Europe, il n´a ni plates-formes, ni de technologies modernes à offrir ou dans les tuyaux. Produits désuets, aucune offre dans les crénaux porteurs 208/Clio ou 308/Mégane. Il doivent meme acheter des droits de pollution à Tesla pour éviter des amendes. Fiat n´est certainement pas en position d´imposer des conditions à quiconque. Ils vont droit dans le mur. Soit il feront faillite, soit ils seront repris pour peu d´argent par un concurrent, comme l´a fait Peugeot avec Opel. Ils ne pourront survivre que grace aux plates-formes et moteurs d´un repreneur parce qu´ils nont plus la capacité d´investir, ni assez de ressources humaines pour concevoir du neuf.
Réponse de le 07/06/2019 à 14:49 :
Renault a des marges risibles en Europe, n'est pas aux US, n'est fort en Asie que grâce à Nissan qu'elle ne contrôle pas. Et sa technologie de pointe est faite à 100% par Nissan, qui est en perte de vitesse non seulement aux US mais aussi en Europe et en Asie. Alors oui, Renault a Clio et Mégane. Et la Twingo qui n'est rien d'autre qu'une Smart mais qui ne pourra jamais être hybride car les accords industriels l’empêchent. Talisman/Espace/Kadjar ne vendent qu'en France (et pas beaucoup). Dacia vend beaucoup et ramène peu vue la clientèle.

FCA a de vieilles plateformes et manque d'investissements pour les plateformes, les moteurs et les batteries, mais ils l'avouent. Et ils cherchent un partenaire pour le faire.
Mais ils ont les 4x4 urbains les plus vendus du marché européen, des chassis de sport très efficaces (conduisez-les et vous verrez), des marques de luxe et un atout incroyable: l'accès au marché américain en tant que producteur.

FCA et Renault auraient été très complémentaires:
- l'accès aux US, à des marques de sport et de luxe, le 4x4 de FCA sont des rêves pour Renault qui ne couvre que le mass market
- des volumes suffisants en Europe pour partager les investissements de la part de Renault, qui a une gamme plus jeune et moderne
..... Il manquait Nissan. Sans Nissan, Renault ne vaut rien: c'est Nissan qui fournit la technologie à Renault et les dividendes aussi. Et sans Nissan, cette fusion n'est pas viable.

Renault n'est vivante que grâce à Nissan: des 14 Md€ de valeur boursière, Nissan en représente 11.
Réponse de le 08/06/2019 à 7:23 :
@Drive
Vous pourriez au moins faire un effort de vérité...
a écrit le 07/06/2019 à 13:37 :
Oui en même temps le boulet (Fiat) voulait imposer ses conditions à Renault qui est en pleine forme et largement en avance dans les véhicules électriques grâce à Mr Ghosn. mais qu'aurait il été faire dans cette galère je vous le demande ?
Réponse de le 07/06/2019 à 14:55 :
Renault en pleine forme?? Mais où?? Renault n'est vivante que grâce à Nissan: des 14 Md€ de valeur boursière, Nissan (et ses dividendes) en représente 11. Plus la technologie des batteries. Plus l'accès aux US.
a écrit le 07/06/2019 à 13:35 :
Ce dirigeant n'a pas besoin de prouver quoique ce soit, il est simplement trop bien pour Renault ... qui ne mérite pas d'avoir une telle pointure !
a écrit le 07/06/2019 à 13:04 :
Un peu surpris par l'appréciation de l'article: Senard sait que FCA a un besoin urgent d'alliance. Il se met à la table des négociations. Puis FCA dit que c'est à prendre ou à laisser. S'il avait refusé la négociation, on l'aurait accusé de passer à côté d'une occasion historique.
L'erreur aurait été d'accepter l'offre en l'état qui était effectivement un vrai holdup de la part de FCA, ce qu'il n'a jamais fait.
a écrit le 07/06/2019 à 12:26 :
Cette tentative de fusion était un gros coup de bluff. Si cela était passé, dans l'intérêt immédiat des gros actionnaires et des dirigeants, la famille Agnelli empochait le Jackpot. Renault avec un PER de 3 est la société la plus décotée du CAC sans qu'il y ait d'autres explications qu'une allergie à un état actionnaire qui est souvent plus nocif qu'utile et à l'industrie gourmande en capitaux. En l'occurrence, l'Etat s'est montré plutôt salutaire en prenant simplement le temps de la réflexion, ce qui est rare et tout à son honneur.
a écrit le 07/06/2019 à 12:23 :
Qui dirige Renault ? L'état actionnaire et c'est un inconvénient majeur. Qui a compromis l'Alliance avec Nissan ? l'État et sa décision d'augmenter ses droits de votes ce qui a rendu furax les Japonais.
a écrit le 07/06/2019 à 11:45 :
la production industrielle allemande a fortement baissé en avril, alors qu'elle a augmenté en France. il faut que nos voisins réduisent leur dépendance aux exportations et rééquilibrent leur économie. c'est urgent. idem pour d'autres partenaires européens.
a écrit le 07/06/2019 à 11:40 :
cette affaire est assez étonnante.......on ne peut pas laisser croire que Sénnard serait aussi "naïf" que .....ça laisse à penser
c 'est peut être un gros coup de billard à 4 ou cinq bandes..... pour mettre la pression sur Nissan pour faire avancer une forme de fusion.....
Réponse de le 07/06/2019 à 12:26 :
Tout-à-fait en phase avec vous. Qui connait la stratégie industrielle de haut niveau pense immédiatement au billard à plusieurs bandes. Cela change des commentaires de bas niveau qui défendent ou Renault ou Nissan ou FCA.
N'oublions pas aussi que les discussions entre Ghosn et FCA avaient apparemment démarré il y a plusieurs temps, que l'état français a toujours savonné la planche des dirigeants de Renault (Ghosn inclus) et s'est montré un piètre gestionnaire industriel dans d'autres domaines également, que Nissan n'a pas attendu cette proposition de deal de FCA pour refuser toute avancée dans un rapprochement plus fort avec Renault, etc ...
Cet article "people" parle de revers vertigineux pour Senard. Quel manque de connaissance de la stratégie à haut niveau ... Et pourquoi ne pas avoir évoqué l'incompétence gouvernementale?
a écrit le 07/06/2019 à 11:31 :
Après avoir unanimement encensé le projet de fusion, les journalistes français nous expliquent maintenant que "le dossier de fusion a été bouclé dans la précipitation et les risques n'ont pas été bordés".
Et ils nous disent aussi pour qui on doit voter !
a écrit le 07/06/2019 à 11:27 :
On se demande qui dirige Renault, l'état n'a que 17% du capital et décide tout , est-ce normal?
Réponse de le 07/06/2019 à 20:43 :
oui on peut considérer que dans les grands groupes 5% suffisent souvent à imposer ses vues, dilution très forte du capital.
Réponse de le 08/06/2019 à 2:46 :
Ne jamais investir dans ce genre de montage, les minoritaires ne valent rien.
a écrit le 07/06/2019 à 11:15 :
Devenir à tout prix le 3ème constructeur mondial n'est pas un fin en soit. La précipitation est le pire ennemi de l'efficacité. Un temps de réflexion s'impose et durera tout le temps nécessaire à clarifier cet imbroglio. En conséquence, le retrait précipité et franchement suspect de FCA n'est pas une catastrophe mais au contraire une très bonne nouvelle: On ne conduit pas de négociation sérieuse en vociférant et en tapant du pied.
a écrit le 07/06/2019 à 10:58 :
Quelques commentaires :
- Le Conseil d'administration de Renault a plutôt finement joué. Il ne pouvait pas refuser directement la proposition de FCA puisque M. Sénard l'avait négociée en secret, mais ils ont su amener FCA à retirer sa proposition,
- M. Senard est en premier ligne sur ce sujet, mais on n'entend pas la position de Thierry Bolloré, le DG opérationnel de Renault, qui semble plus réservé sur ce projet de fusion, même s'il a été formé à "l'école Michelin" comme MM. Sénard & Ghosn,
- Après avoir laissé passer les délais imposés par la réglementation boursière, la voie est libre pour un rachat puis un dépeçage de FCA par Renault, PSA et les chinois Dongfeng ...
a écrit le 07/06/2019 à 10:49 :
Fusion avec Fiat? Une catastrophe économique
Réponse de le 10/06/2019 à 6:50 :
la catastrophe pour Renault arrive ! rien ne va plus avec Nissan.
a écrit le 07/06/2019 à 10:40 :
Rien à regretter car on n'a pas encore démontré en quoi cette fusion apporterait de mieux pour Renault. Pas grande chose en terme de technologie ni en terme de prestiges, ni en terme de marchés supplémentaires. FCA et Renault sont sur le même zone géographique, il y a aura donc sûrement à terme des licenciements en France.
a écrit le 07/06/2019 à 10:27 :
De toute façon quand on voit que vingt ans après la fusion avec NISSAN malgré de nombreuses synergies n'est toujours pas d'actualité, alors avec un FCA qui accumule les retards technos, et les usines à fermer n'en parlons même pas en rêve.
a écrit le 07/06/2019 à 9:38 :
On a bien vu avec Air France-Alitalia, et TIM comment les italiens se comportaient ....alors prudence....
Maintenant, hypothèse : il faut aussi veiller à ce que Nissan, qui a montré n'avoir aucune loyauté, ne noue pas d'alliance directement avec FCA dans le dos de Renault, ils sont tout à fait capables de planter un coup de couteau dans le dos de Renault qui deviendrait minoritaire et perdrait son partenaire technologique, un sacré sac de nœuds en perspective....
Les alliés de Renault doivent se renforcer au capital de Nissan pour dégager ce management à la Brutus.
a écrit le 07/06/2019 à 9:31 :
Senard et son équipe sont ils aussi
Nuls ? Ça m'étonnerait. En fait Renault mène le jeu pour tester les réactions de Nissan et FCA.
Dans un contexte où la mobilité automobile va changer radicalement dans les prochaines années Renault n'a rien gagner à intégrer des marques comme Chrysler ou Fiat dont l'image de marque et les produits ne sont pas à la hauteur des standards actuels et futurs. Dans un contexte mondial où les nationalismes sont devenus la norme, l' Alliance avec Nissan ne résistera pas. Le marché automobile va se contracter, l'heure n'est plus au gigantisme.
La seule issue pour Renault ( ou PSA) est à terme une fusion avec PSA et la sortie de l'État du capital de Renault.
a écrit le 07/06/2019 à 9:07 :
Mr Senard a voulu jouer au plus malin mais s'est fait prendre la main dans le sac. Il est triste de voir que quelques édiles s'amusent à gérer des GE comme on joue au Monopoly. Lamentable exemple d'égo démesuré.
a écrit le 07/06/2019 à 9:02 :
Mais pas du tout, Sénard s'en sort très bien et doit maintenant consolider l'alliance avec Nissan afin d'éviter demain qu'un opportuniste à court de cash vienne faire les poches du groupe.

Attendons maintenant de voir les manoeuvres de FCA sur le marché.
Réponse de le 07/06/2019 à 11:45 :
Sénard s est peut être servi de FCA pour mettre un gros coup de pression sur Nissan.....l Etat étant dans le coup.......
difficile de croire que Sénard se serait engagé à la légère dans cette histoire la......au CA de Renault il y a des gens qui maitrisent très bien les situations de tous les groupes automobiles....
et toute la profession sait que FCA est dans une fuite en avant .....financière..

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