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Le patron de Stellantis hostile aux droits de douane sur les voitures électriques chinoises

latribune.fr

Publié le 17 mai 2024 à 06:47 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 19:58

Pour le patron de Stellantis, Carlos Tavares, taxer les voitures électriques chinoises alimentera l'inflation.

Pour le patron de Stellantis, Carlos Tavares, taxer les voitures électriques chinoises alimentera l'inflation.

MASSIMO PINCA

Le Quotidien Numérique

30 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Eriger des barrières douanières de 100% sur les voitures électriques chinoises est « un gros piège », a affirmé jeudi le patron du géant automobile Stellantis, Carlos Tavares, au surlendemain de l'annonce d'une telle mesure par les Etats-Unis.

Carlos Tavares, patron de Stellantis, n'apprécie pas la décision des Etats-Unis de quadrupler les droits de douane, à 100%, sur les voitures électriques chinoises.

«Lorsque vous mettez une bulle autour d'un marché, qui peut être le marché américain ou le marché européen, la première chose que vous créez, c'est une énorme inflation à l'intérieur de la bulle» a estimé sur France 2 Carlos Tavares, dont le groupe réunit notamment des marques françaises (Peugeot, Citroën), italiennes (Fiat, Alfa Romeo...) mais aussi américaines (Chrysler, Dodge).

« Et si vous créez une énorme inflation à l'intérieur de la bulle, vous portez atteinte au pouvoir d'achat des classes moyennes (...) et vous accentuez le retard technologique des constructeurs qui sont à l'intérieur de la bulle par rapport à ceux qui sont en train de conquérir le monde », a poursuivi le dirigeant, interrogé dans l'émission « L'Evénement ».

Pour rappel, la Maison Blanche a annoncé mardi une augmentation marquée des droits de douane appliqués à l'équivalent de 18 milliards de dollars de produits chinois. Ces nouveaux droits de douane concernent près d'une dizaine de secteurs industriels considérés comme « stratégiques ». Les voitures électriques voient ainsi leurs droits de douane passer de 25% à 100%.

Les réserves de l'Allemagne et de la Suède

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont exprimé aussi mardi leurs réserves quant à l'instauration de droits de douanes punitifs sur les véhicules électriques chinois, en réaction au durcissement américain sur ce dossier. « En ce qui concerne les droits de douane, nous sommes d'accord pour dire que c'est une mauvaise idée de démanteler le commerce mondial », a déclaré le chef du gouvernement suédois lors d'une conférence de presse, au deuxième jour de la visite du chancelier allemand dans le pays scandinave.

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Stellantis : les ventes chutent de 10% au premier trimestre frappées par le ralentissement de la demande

Invité à réagir à cette décision, le chancelier allemand a souligné que 50% des importations de véhicules électriques en provenance de Chine étaient aujourd'hui le fruit de fabricants occidentaux. « Il y a des constructeurs européens et nord-américains qui réussissent sur le marché chinois et qui vendent leurs véhicules en Chine, nous devons en tenir compte », a-t-il précisé, notant l'importance des « échanges » entre les marchés occidentaux et chinois.

Stellantis ouvre au Chinois Leapmotor les portes de l'Europe

Par ailleurs, mardi 14 mai, le jour de cette annonce par le président américain Joe Biden, Carlos Tavares avait officialisé en Chine une stratégie conjointe avec son partenaire local Leapmotor, à qui il va ouvrir les portes de l'Europe. Les deux partenaires ont fondé une coentreprise produisant des véhicules électriques pour l'international, qui livrera ses véhicules à partir de septembre en France, Italie, Belgique, Allemagne, Espagne ou aux Pays-Bas.

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Face à de possibles barrières douanières - l'Union européenne a ouvert en septembre 2023 une enquête sur les subventions accordées par la Chine à son secteur des véhicules électriques - Leapmotor envisage de produire à terme des véhicules en Europe, à l'image de BYD qui a annoncé la construction d'une usine en Hongrie, ou dernièrement Chery en Espagne. Cela rendrait ses véhicules éligibles au bonus à l'achat en France, essentiels pour rendre l'électrique accessible aux automobilistes des classes moyennes. Deux modèles inaugurent l'offre : la petite T03, avec son autonomie limitée de 265 kilomètres, et le plus classique SUV C10 seront commercialisés à la fin de l'année. Deux berlines et deux SUV devraient suivre dans les prochaines années. Outre ses concurrentes fabriquées en Chine comme la Dacia Spring, la petite Leapmotor affronterait ainsi la future Renault Twingo ou la Tesla d'entrée de gamme.

«Un plus un fera certainement plus que deux» (Leapmotor)

«Nous allons pouvoir apporter plus rapidement sur nos marchés des véhicules électriques abordables qui contribueront non seulement à la croissance rentable de Leapmotor, à la croissance rentable de Stellantis (...), mais qui contribueront aussi plus rapidement et plus efficacement à la résolution du problème du réchauffement climatique que nous devons résoudre», a relevé Carlos Tavares.

Selon Zhu Jiangming, fondateur de Leapmotor, la coentreprise pourrait aider l'entreprise chinoise à faire face à « l'incertitude politique et régionale ». « Grâce aux atouts de Stellantis, un plus un fera certainement plus que deux », a déclaré le dirigeant chinois en début de semaine lors d'une conférence de presse conjointe avec Stellantis à Hangzhou, ville d'origine de Leapmotor.

À lire également

  • Faut-il suivre l'exemple américain et taxer les voitures électriques importées de Chine ?
  • Stellantis ouvre le marché européen aux voitures électriques chinoises à prix cassé de son allié Leapmotor
  • Les Etats-Unis frappent fort contre les voitures électriques chinoises : les droits de douane grimpent à 100%

Questionné sur le fait de savoir si l'accord avec Leapmotor ne revenait pas à faire « entrer le loup dans la bergerie », le patron du groupe automobile français a fait valoir que toute vente de Leapmotor en Europe se traduirait par des profits pour Stellantis, qui au passage va payer des impôts en France et en Europe . « Et donc nous avons simplement pris les devants. Nous n'avons pas attendu qu'il y ait des constructeurs chinois qui soient suffisamment gros pour acheter des constructeurs occidentaux ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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