Les loueurs de voitures, essorés par la pandémie, taillent dans leurs flottes pour ne pas couler

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Europcar vient d'annoncer que son chiffre d'affaires avait été quasiment divisé par deux en 2020 (-45%), à 1,7 milliard d'euros. Au quatrième trimestre, l'activité a frémi pendant quelques semaines avant que la deuxième vague de Covid-19 n'empêche le loueur, comme tout le secteur du tourisme, de redresser la barre.
Europcar vient d'annoncer que son chiffre d'affaires avait été quasiment divisé par deux en 2020 (-45%), à 1,7 milliard d'euros. Au quatrième trimestre, l'activité a frémi pendant quelques semaines avant que la deuxième vague de Covid-19 n'empêche le loueur, comme tout le secteur du tourisme, de redresser la barre. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Le chiffre d'affaires d'Europcar quasiment divisé par deux en 2020 (-45%), à 1,7 milliard d'euros. Début 2021, face à une dette devenue insoutenable, le groupe a même changé de mains. Le concurrent américain Hertz s'est, lui, placé en faillite au printemps 2020. Dans un marché complètement sinistré, tous les loueurs ont freiné l'achat de voitures neuves, et rapetissé leur parc : Avis a ainsi vendu un nombre record de véhicules, réduisant sa flotte de 31%, Sixt a aussi réduit la sienne de 25%, Europcar de 39%.

Réservations annulées, disparition des voyageurs internationaux, multiplication des visioconférences: les loueurs de voitures serrent les dents et resserrent leurs flottes depuis que les effets du Covid-19 paralysent leur activité.

Début 2021, Europcar, face à une dette insoutenable, change de mains

Europcar vient d'annoncer que son chiffre d'affaires avait été quasiment divisé par deux en 2020 (-45%), à 1,7 milliard d'euros. Au quatrième trimestre, l'activité a frémi pendant quelques semaines avant que la deuxième vague de Covid-19 n'empêche le loueur, comme tout le secteur du tourisme, de redresser la barre.

Les États français et espagnol ont soutenu le groupe au printemps 2020 en garantissant 321 millions d'euros de prêts. Un plan d'économies, prévu avant la pandémie, a été poussé à 1 milliard d'euros sur l'année.

Mais début 2021, face à une dette devenue insoutenable, le groupe a changé de mains: le fonds Eurazeo, qui l'avait racheté à Volkswagen en 2006, s'est retiré au profit des créanciers du groupe, soit cinq fonds anglo-saxons.

Lire aussi : Reconfinement : "C'est une nouvelle épreuve pour les loueurs de voitures" Jean-Philippe Doyen

Hertz placé en faillite au printemps 2020

Le concurrent américain Hertz s'est, lui, placé en faillite au printemps 2020 et va être repris par trois sociétés d'investissement, après avoir perdu 1,7 milliard de dollars en 2020. Il avait annoncé dès le mois d'avril 2020 la suppression de 10.000 emplois en Amérique du Nord.

Un des autres géants américains, Avis Budget, a perdu 684 millions de dollars sur l'année, et a réalisé 2,5 milliards d'économies.

L'allemand Sixt a vu son chiffre d'affaires chuter de 38,8%, à 1,53 milliard d'euros, mais a échappé de justesse à une perte l'an dernier.

Les loueurs réduisent drastiquement la taille de leurs flottes

La directrice générale d'Europcar, Caroline Parot, s'est félicitée mercredi devant des analystes financiers que "l'horrible année 2020" soit terminée. Si 2021 promet d'être "en demi-teinte", ce sera "une année de transition et non pas une année de crise", a-t-elle assuré.

"Je reste prudemment optimiste", a aussi souligné Erich Sixt, PDG du loueur allemand, lors de la publication des résultats de son groupe début mars. "Avec la fin des restrictions (...) nous retrouverons la croissance", notamment via une expansion dans les aéroports américains.

En attendant, tous les groupes ont freiné sur l'achat de voitures neuves. Les négociations évoluent "au jour le jour" avec les constructeurs automobiles, ont souligné plusieurs dirigeants.

Dès la fin de l'été 2020, traditionnellement la pleine saison pour les loueurs, Avis a ainsi vendu un nombre record de véhicules. Sur l'année, le loueur en a vendu 250.000, réduisant sa flotte de 31%. Sixt a aussi réduit la sienne de 25%, Europcar de 39%.

Chez Europcar, on espère que l'activité reprendra très vite en Europe avec les campagnes de vaccination. Mais, se demande Caroline Parot, ce sera "mi-juin, fin juin, ou mi-juillet?".

Le loueur, qui prépare chaque hiver ses commandes de voitures pour l'été, a dû "parier" cette année sur le nombre de voitures nécessaires, mais "s'adaptera" très vite quand l'activité reprendra, souligne-t-elle.

L'explosion de la livraison à domicile profite aux camionnettes

Une reprise qui pourrait être disparate selon les marchés, en fonction de l'évolution de la pandémie et des campagnes de vaccination.

En Europe, "on voit que reprise ne sera pas aussi rapide qu'attendu, avec une saison estivale encore compliquée. Est-ce que ce sera -20% ou -40% par rapport à 2019? Il est encore trop tôt pour le dire", souligne Eric Kang, de l'agence de notation Moody's. Aux Etats-Unis cependant, "le regain d'activité commence à être de plus en plus visible".

D'autres effets indirects de la pandémie pourraient aussi transformer le marché de la location.

L'explosion de la livraison à domicile a ainsi provoqué une forte croissance de la demande de location de camionnettes, sur laquelle comptent Sixt comme Europcar.

Le voyage d'affaires durablement touché par la visioconférence

Le secteur des loisirs pourrait se reprendre "rapidement" mais du côté des voyageurs d'affaires, "beaucoup de déplacements, entre 10% et 30% potentiellement, vont être remplacés par de la visioconférence", par souci d'économie mais aussi de respect de l'environnement, souligne Eric Kang.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2021 à 9:38 :
europe car, l'escroquerie garantie.
a écrit le 09/04/2021 à 9:28 :
Les gens ont donc tendance à louer leurs bagnoles plus par confort que par nécessité et le fait que les camionettes elles se louent mieux expliquent bien ce changement de paradigme de la part de ceux-ci qui dorénavant se tournent plus vers la nécessité. Interessant.
a écrit le 08/04/2021 à 20:07 :
De qui se moque t'on ?
Clairement du client , qui les a bien fait vivre pendant 50 ou 70 ans , et d'un seul coup , parce que leur CA baisse de 50 % , ce serait la catastrophe ??
On saura s'en souvenir pour choisir son prochain loueur .

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