Renault : l'Afep-Medef charge Carlos Ghosn sur sa double rémunération

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Le 19 mai, le HCGE avait indiqué avoir transmis dans un courrier à Carlos Ghosn et au président du Comité des rémunérations de Renault, Patrick Thomas.
Le 19 mai, le HCGE avait indiqué avoir transmis dans un courrier à Carlos Ghosn et au président du Comité des rémunérations de Renault, Patrick Thomas. (Crédits : © Eduardo Munoz / Reuters)
Mettant en avant le principe "d'exhaustivité", le Haut comité de gouvernement d'entreprise s'interroge notamment sur "la situation très particulière constituée par le cumul de la rémunération attribuée à Carlos Ghosn par Renault et celle au titre de la présidence de Nissan". Malgré un vote négatif des actionnaires, la rémunération annuelle totale de Carlos Ghosn devrait s'élever à plus de 15 millions d'euros.

Une lettre au vitriol. Le Haut comité de gouvernement d'entreprise, en charge du code de bonne gouvernance Afep-Medef, tacle férocement Renault quant à l'établissement du mode de rémunération de son dirigeant Carlos Ghosn dans un courrier mis en ligne jeudi par le journal Les Echos.

Mettant en avant le principe "d'exhaustivité", le Haut comité s'interroge notamment sur "la situation très particulière constituée par le cumul de la rémunération attribuée [à Carlos Ghosn] par Renault et celle au titre de la présidence de Nissan", le constructeur japonais dirigé également par l'industriel.

Le conseil d'administration de la marque au losange est passé début mai outre le vote consultatif des actionnaires, dont l'État, détenteur de 20% de l'ex-régie nationale, qui s'étaient prononcés à 54,12% contre la rémunération de Carlos Ghosn de 7,251 millions d'euros en 2015 au titre de PDG du constructeur français. En ajoutant sa rémunération en qualité de PDG de Nissan, la rémunération annuelle totale de Carlos Ghosn devrait s'élever à plus de 15 millions d'euros.

Patron de Renault, une fonction "à mi-temps" ?

"Ou bien Renault et Nissan sont effectivement deux grandes entreprises autonomes, et dans ce cas, il faudrait justifier soigneusement comment, en termes de disponibilité, la direction générale peut être exercée par une seule personne et écarter la critique de certains observateurs qui considèrent que la rémunération très élevée dans le cadre de Renault correspond à une fonction à 'mi-temps'", se demande le HCGE.

| Lire aussi : La hausse de 169% de la rémunération de Carlos Ghosn est-elle justifiée?

"Ou bien, compte tenu de la proportion des actifs et de la contribution aux résultats de Renault représentées par cette participation , la performance du dirigeant de Renault est indissociable de celle du président de Nissan et le conseil d'administration du premier doit raisonner sur l'ensemble des deux fonctions, en termes de rémunération et d'appréciation de la performance du dirigeant", poursuit-t-il

Le vote des actionnaires ignoré

Le Haut Comité souligne également que la rémunération des dirigeants mandataires sociaux doit aussi tenir compte "des réactions des autres parties prenantes de l'entreprise et de l'opinion en général", or "ce dernier objectif n'a pas été atteint".

Le 19 mai, le HCGE avait indiqué avoir transmis dans un courrier à Carlos Ghosn et au président du Comité des rémunérations de Renault, Patrick Thomas, "ses recommandations concernant la prise en compte du vote négatif des actionnaires" sur le salaire en 2015 du PDG. Mais cette lettre est nettement plus sévère qu'indiqué à l'époque.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 29/05/2016 à 8:10 :
...le salaire de Ghosn ...: exorbitant , c'est sur , mais pas plus que certains sportifs ou artistes ...; Mais ? comment et ou attaquer Goshn ( que manifestement le gouvernement veut virer) ? Difficile de l'attaquer sur ses resultats : ils sont bons ; Pas question d'expliquer aux français que quand Goshn est arrivé , Renault coutait à chacun d'entre eux 100 ff / an ( 6 milliards de francs de pertes ) et que quelques années aprés Renault gagnait 5,6 milliards ; Impossible de dire aux français qu'on le vire pour " delocalisation excessives " : le cout de la m.oeuvre en France est incompatible avec ce type d'industrie et tout le monde le sait ; Alors ? il va finir par lui ...partir ...redresser un autre groupe ( et renforcer la concurence ) ; Dans le privé , on recompense les talents et on les " couve " , dans le publique , c'est à croire que l'on ne fait que " caser les petits copains " !
a écrit le 28/05/2016 à 14:55 :
La question des GI"s : Je lis les commentaires qui relatent l'énervement des gens pour qui tout est difficile devant cette apparente facilité de gain. Il est délicat d'appréhender une telle question car elle dépasse parfois la capacité ou la volonté de réflexion pour son approfondissement. Cependant un fait s'impose : Ghosn ne peut pas jouir normalement de son salaire. Il ne peut pas en profiter car il dépasse la possibilité d'usage d'un être humain. C'est toujours le cas pour les très riches. L'enjeu est alors celui de l'égo : être l'homme le mieux payé du Monde et autres classement de ce genre, étant entendu que les impôts durant sa vie en encore plus à sa mort prendront leur part pour le fonctionnement du pays. Les grands chefs d'entreprises sont donc, selon mon expression des GI's. Ce terme qui qualifie les soldats américains, envoyés du gouvernement, pour "faire de la politique par d'autres moyens" est aussi celui qui peut qualifier les entrepreneurs : de "Gorvernment Investors". Leur salaire n'a plus d'importance car ce n'en est pas un mais un crédit d'investissement. Il faut le dire.
a écrit le 28/05/2016 à 11:22 :
Vous devriez tous lire cet article de Les Echos du 25 mai (journal très révolutionnaire n'est-ce pas ?) écrit par un gauchiste (n'est-ce pas ?) pire que le patron de la CGT sur le salaire des grands patrons. Cela vous fera réfléchir et vous verrez que dans toute l'Europe et même aux US le salaire délirant des patrons gloutons est contesté même par Trump, c'est dire....
a écrit le 28/05/2016 à 9:18 :
Rémunération 15 millions € par an , soit PAR JOUR plus de 41000 €....Ce n'est plus se gaver mais plutôt SE GOINFRER !!!!!
a écrit le 28/05/2016 à 7:23 :
Les gens oublient vite les catastrophes et se focalisent sur les réussites : dexia, Alcatel , Areva , Alston vendu a GE , lafarge parti en Suisse , technip en route pour london etc... Et voila , celui qui gagne doit être sanctionné . La main au cœur nos élus , rois de la gabegie légifèrent . Une loi pour tous ! Pays de fou
a écrit le 27/05/2016 à 22:52 :
Une peau de phoque jetée en pature a la meute..., triste monde.
a écrit le 27/05/2016 à 20:27 :
Le problème vient d'un abus de langage : un salaire, c'est le prix que reçoit un salarié en compensation de son travail, prix fixé par rapport au temps passé et à la production effectuée pendant ce temps pour son employeur, sous ses ordres (déjà un grand patron est sous les ordres de personne même pas de l'AG de ses actionnaires ou du HCGE chez Renault).
Un salaire ne devrait pas pouvoir dépasser un certain montant, x fois le SMIC.
La gratification qu'un "grand patron" reçoit pour service rendu, devrait comporter une partie de salaire (après tout il travaille lui aussi) et une autre partie appelée autrement. Le petit artisan perçoit une rémunération pour son travail effectué et une autre pour le capital investi dans son entreprise.
Pour le grand patron, on doit pouvoir dissocier son travail et un bonus potentiel lié à sa réussite mais qui ne peut s'appeler un salaire. Pourquoi pas l'appeler un "cachet" comme les stars... puisque c'est sa capacité à innover, à prévoir l'avenir qu'on paie dans ce soi-disant salaire, donc quelque chose de l'ordre de la propriété intellectuelle.
a écrit le 27/05/2016 à 20:20 :
Renault est en train de devenir un constructeur de "petites" voitures, sur lesquelles les marges sont réduites, comme FIAT, donc très dévalué. Ses modèles ont été affectés d'énormes problèmes informatiques et de fiabilité. Voilà des performances tout à fait ... médiocres. Quant au constat fait par les pairs de Carlos GHOSN, pour être tardif il n'en est pas moins extrêmement pertinent... Allez, on a sans doute les frais de taxis que l'on peut !
a écrit le 27/05/2016 à 18:50 :
1/ La réussite extraordinaire ( et le salaire) de Monsieur Ghosn ne semble pas perturber les Actionnaires de Nissan.

2/ Si on fait abstraction du vote de l'Etat (qui adopte une posture politicienne), en réalité une majorité d'Actionnaires de Renault s'est prononcé en faveur de cette rémunération, car elle correspond à la réussite exceptionnelle de Renault qui est en passe de devenir n° 3 mondial !

3/ La gestion de Monsieur Ghosn est très supérieure à celle de Dame Lauvergeon chez Areva. Comme chacun sait, cette dernière, devenue Madame Frick, ne s'est d'ailleurs pas contentée de son salaire.
Réponse de le 27/05/2016 à 20:07 :
Je ne conteste pas "la réussite" de ce chef d'entreprise.
Je conteste le fait que tous les salariés de cette entreprise qui ont contribué par leurs efforts à créer de la richesse et de la valeur ajoutée ne soient pas récompensés de manière identique avec le MEME pourcentage d'augmentation
Trop de salariés travaillent en cdi à temps partiel juste au smic dont les charges patronales sont exonérées.
Ceci est indécent indigne immoral et caractérise une pratique esclavagiste à lourdement sanctionner

Puisque ce patron est si fort et talentueux il n'a qu'à les construire tout seul les véhicules . Avec son salaire de plus de 200 smic, il en est capable?
Réponse de le 28/05/2016 à 7:18 :
Tout a fait d'accord ! On cherche des poux à ceux qui réussissent . Par contre , tous les nuls qui ont engloutis des milliards d'euros .... Quedal ... Ils sont pensionnés à vie par l'état ... Et en plus , ils réclament des millions d'indemnités pour faire rendue . Vraiment , notre pays marche à l'envers
a écrit le 27/05/2016 à 15:17 :
La question est de savoir si les chefs d'entreprises sont des "créateurs" ou des administrateurs/gestionnaires. Il est certain que nous préférons Bolloré à Fourtou, ou Levy, ou Lauvergeon, ou ... S'ils sont créateurs comme pour une oeuvre d'art, quel pourcentage ou prime doit leur revenir et qui dans l'entreprise a ce potentiel même partiel de "création". Souvent il est le seul, les autres collaborateurs ne faisant que l'assister. Faut-il alors établir un comparatif d'évaluation générale des performances ou seulement parmi les 66 segments de l'activité totale des entreprises ? Par ailleurs quel tempo pour ces évaluations hautement stratégiques ? Et, bien entendu les actionnaires sont-ils de simples bénéficiaires du produit de leurs actions ou décisionnaires quant aux options de commandement ? Une fois répondu à toutes ces questions l'on pourra dire ce qui est bien ou pas s'agissant des salaires des patrons, sans oublier d'explorer les avantages annexes forts nombreux. Il apparaît, pour initier une réponse, que le droit a largement évolué, en tout cas sa perception. Il semble bien qu'une entité de supervision décalée du politique soit actuellement nécessaire. J'ai souvent parlé d'un fonds national qui disposerait de manière neutre de 40% des grosses entreprise françaises par le principe du LBO. Son rôle "dormant" consisterait à modérer toutes ces questions. Il serait plus actif dans les cautions qu'il pourrait apporter à différentes mesures de crédit pour la population et bien entendu à l'ancrage français de nos sociétés. Une évidence qui s'impose doucement.
a écrit le 27/05/2016 à 14:30 :
Les salariés ont par leur travail créé la valeur ajoutée de ces entreprises. Mais ils n'ont AUCUNE augmentation comparable.
En revanche on exige de ces esclaves de la flexibilité, du temps partiel, une exonération des charges pour leur salaires au smic, on n'embauche pas les jeunes et on vire les "seniors" à 55 ans avant leur retraite qu'on leur diminue.
Pendant ce temps les esclavagistes modernes de ces industries du cac40 soutenues sont surpayés avec des augmentations indignes indécentes immorales de notre société française
Pour rappel l'usine de PSA AULNAY a fermé en virant des salariés qui faisaient vivre leur famille quand leur nouveau patron est grassement rémunéré pour ce "sauvetage"
Les esclavagistes modernes doivent être lourdement sanctionnés et bannis de notre société française. Que ces soi-disant talents aillent ruiner les entreprises étrangères et s'engraisser sur des esclaves ailleurs

Honte à ces comportements incorrects qui nuisent aux patrons entrepreneurs prenant des risques avec leurs propres capitaux. Ces esclavagistes méritent l'absence de dialogue social et tous ces blocages dont ils sont clairement responsables
a écrit le 27/05/2016 à 13:17 :
Pauvres patrons du CAC 40. Celui là est même obligé de cumuler deux emplois pour vivre décemment. Et moi qui croyais que ces conditions étaient réservées à la France d'en-bas...
Réponse de le 27/05/2016 à 20:30 :
D'ailleurs, je pense qu'il doit défiler contre la Loi travail parce qu'il est exploité le malheureux, on ne lui paie même pas ses heures supplémentaires, une véritable honte. Un jour, on le retrouvera faire la manche dans le métro.
a écrit le 27/05/2016 à 12:16 :
le moins que l'on puisse dire, c'est que la réaction de l'AFEP-MEDEF n'a pas été spontanée. On peut donc douter de sa sincérité. Les privilèges de ces patrons dépassent l'entendement, et contribuent à l'exaspération de monsieur tout le monde. Il n'y a pas lieu de s'étonner si les rapports sociaux se tendent. On ne peut pas, à la fois fermer les yeux sur de telles dérives et vouloir passer le message que la législation du travail doit évoluer vers plus de flexibilité dans les embauches et les licenciements, que les rémunérations doivent s'adapter à la concurrence, que les retraites seront rognées par rapport à celles que nos anciens ont connues etc etc. La paix sociale est consubstantielle à l'équité sociale.
a écrit le 27/05/2016 à 9:19 :
Beaucoup de monde râle mais continue de donner son argent à ce monsieur. Pdg de Nissan il est probablement le patron le mieux payé du Japon, en comparaison le PDG du 1er constructeur mondial Toyota gagne une "misère" (6 fois moins !)
Continuer d'acheter ses voitures mais ne venez pas vous plaindre !
Réponse de le 27/05/2016 à 12:52 :
Oui mais c' est mérité, RENAULT + 8 % au quadrimestre, premier développement européen, ça égratigne et ça fait mal à l' égo, tant pis ...!!
a écrit le 27/05/2016 à 9:00 :
Renault ne figure peut être plus le baromètre social mais au moindre incident où accident les médias se déchaînent toujours sur cette entreprise ses salariés et ces dirigeants...
Maintenant sur l'énormité de cette rémunération le débat n'est pas nouveau tout comme celui sur les parachutes en or et rien ne change dans ce beau pays pour les très riches!

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