Crise du logement en France : le constat alarmant de la Fondation Abbé Pierre
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Au total, 330.000 personnes sont sans domicile en France.
Philippe Wojazer
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Au total, 330.000 personnes sont sans domicile en France.
Philippe Wojazer
70 ans après l'appel de son fondateur à la solidarité envers les sans-abris, la Fondation Abbé Pierre dénonce une situation préoccupante face à la crise du logement en France. Saturation de l'hébergement d'urgence, difficultés d'accès au logement social et privé : la crise s'aggrave en France et touche désormais de nouveaux publics, alerte ce mercredi la Fondation, qui dénonce l'absence de réponse du gouvernement.
La crise touche d'une part les populations les plus fragiles à savoir les sans-abris. Au total, 330.000 personnes sont sans domicile. Un chiffre qui a plus que doublé en dix ans. De même, le nombre d'enfants à la rue augmente. Plus de 8.300 personnes, dont 2.800 mineurs ont été refusés chaque soir par le 115 à l'automne dernier, contre 6.300 un an plus tôt.
La saturation de l'hébergement d'urgence n'est plus un problème hivernal mais persiste désormais toute l'année, déplore la fondation, malgré l'augmentation du nombre de places. La Fondation Abbé Pierre s'inquiète ainsi d'une hausse des expulsions locatives, qui ont atteint un niveau record en 2022 (17.500), selon son rapport annuel sur le mal-logement publié mercredi.
Outre l'hébergement d'urgence, l'hébergement social a également de son côté « connu une chute brutale », relève le rapport. En effet, les demandes de logement social sont au plus haut : 2,6 millions de ménages figurent sur liste d'attente aujourd'hui, alors qu'elles étaient 2 millions en 2017.
En parallèle, l'habitat « indigne », dont les logements portent atteinte à la santé, la sécurité ou à la dignité humaine, pèse plus que jamais sur le quotidien des ménages les plus modestes. Au total, près de 600.000 logements seraient concernés (dont 150.000 en Outre-mer), souligne le rapport. Un million de personnes vivrait alors dans un habitat que l'on considère « indigne ».
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Pour la Fondation Abbé Pierre, cette crise est « inédite » car « elle grippe toutes les sphères du logement en même temps, avec une force et une rapidité inouïes ». En outre, les problématiques liées au logement touchent désormais « bien d'autres publics », s'inquiète la Fondation.
Les étudiants et les ménages sont confrontés au « rétrécissement de l'offre locative » et à une hausse des loyers. En effet, l'offre locative a baissé de 36% en deux, et de 50% à Paris en un an, a indiqué mardi le site SeLoger, spécialisé dans les transactions immobilières. Plusieurs raisons viennent expliquer ce phénomène.
La baisse de l'offre locative découle du développement des locations touristiques de courte durée via des plateformes comme Airbnb. Les députés ont alors adopté ce lundi à l'Assemblée nationale, en première lecture, un texte s'attaquant à la niche fiscale des meublés touristiques comme Airbnb. Une adoption qualifiée de « première victoire », par Guillaume Martinaud, président du réseau d'agences Orpi.
Autre cause : la hausse des taux d'intérêts qui fait qu'un certain nombre de ménages ne parviennent plus à emprunter pour accéder à la propriété. Le nombre de permis de construire a alors chuté de 23,7% en 2023 par rapport à l'année précédente, selon des données de mardi du ministère de la Transition écologique. Et la construction de nouveaux logements, notamment de logements sociaux, chute.
De son côté, Gabriel Attal a annoncé mardi « un choc d'offre » pour « déverrouiller » le secteur du logement en crise, en simplifiant l'accès à MaPrimeRénov' et en revoyant le calcul du quota de logements sociaux imposé par la loi SRU dans les communes en zone urbaine pour favoriser la mixité sociale.
Pour inciter les maires à développer du logement social, « nous allons [leur] donner la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux construits sur leur commune », a-t-il poursuivi. Actuellement, ces attributions sont décidées par des commissions regroupant des représentants du bailleur, du maire, de l'Etat et de l'intercommunalité.
Gabriel Attal a dit aussi vouloir soutenir le secteur du logement social via un prêt de « très long terme de 2 milliards d'euros ». Mais le Premier ministre entend également « faire évoluer » ce secteur pour « soutenir les classes moyennes ». Il souhaite revoir le décompte des logements sociaux au titre de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU). Pour rappel, adoptée en 2000, cette loi emblématique de la politique de la ville oblige les communes en zone urbaine à avoir un taux minimal de logements sociaux.
Le gouvernement continue de traiter la question de l'habitat « à travers le prisme budgétaire », dénonce, quant à elle, la Fondation Abbé Pierre. Eriger en priorité nationale la lutte contre le sans-abrisme, généraliser l'encadrement des loyers, revaloriser les aides personnalisées au logement (APL), relancer le financement du logement social... La Fondation émet une série de propositions pour faire reculer le mal-logement dans le pays.
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Fortement encouragées par la Banque de France et Bercy, les banques françaises vont mettre en place un dispositif de « revue » des demandes de crédits immobiliers refusées, a annoncé mercredi leur fédération professionnelle, dans un contexte de crise de l'immobilier.
« Nous mettons en place un nouveau dispositif temporaire d'accompagnement destiné aux clients ayant éprouvé des difficultés à concrétiser leurs projets immobiliers », a commenté dans un communiqué Nicolas Namias, président de la Fédération bancaire française (FBF), aussi président du directoire de BPCE. « L'objectif est qu'ils comprennent les raisons de la décision de leur banque et, si les conditions sont remplies, bénéficient d'un réexamen de leur dossier de crédit », a-t-il continué.
Ce second examen des crédits immobiliers non accordés sera réalisé à la demande des clients. Il concernera à la fois les dossiers de financement de résidence principale, secondaire ou d'investissement locatif. Le dispositif sera mis en place par les banques progressivement courant février 2024, et s'appliquera jusqu'à fin décembre 2024, précise la FBF. Les candidats à l'emprunt inscrits sur les fichiers d'incidents de paiements gérés par la Banque de France (FICP, FCC) en seront exclus.
(Avec AFP)
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