"Effort commercial réduit à néant", "Silence radio", "flambée des prix" : les patrons bourguignons face à la guerre en Ukraine
Amandine Ibled
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Vernet-Behringer, qui emploie une centaine de salariés et située à Dijon, fabrique des machines en acier à destination des industriels. Et réalise entre 10 et 20% (pour les meilleures années) de son chiffre d'affaires avec la Russie.
13 jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les chefs d’entreprise de la région Bourgogne-Franche-Comté sont encore sous le choc. La hausse des matériaux et la fermeture du marché russe gèlent leur business.
Après deux ans de crise sanitaire, le début d'une reprise économique semblait annoncée une année 2022 plutôt dynamique en termes de carnet de commandes. C'était sans compter la volonté de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine... « Du jour au lendemain, tout s'est arrêté ! Le monde des affaires n'avait pas anticipé cette guerre », relève Pascal Denis, dirigeant de Vernet-Behringer.
Son entreprise d'une centaine de salariés, située à Dijon, fabrique des machines en acier à destination des industriels. Depuis une quinzaine d'années, Vernet-Behringer réalise entre 10 et 20% (pour les meilleures années) de son chiffre d'affaires avec la Russie. « Je venais justement de renouveler mon visa russe pour rencontrer de nouveaux clients. Heureusement, aucun contrat n'avait été signé. Je n'ai donc pas engagé de frais sur la fabrication de machines pour les russes cette année », confie Pascal Denis.
Le risque, si le blocus se poursuit est de voir ses clients russes se tourner vers la Chine qui leur tend les bras. « Depuis plusieurs années, les Européens qui sont en relations d'affaires avec les Russes sont frappés de sanctions de plus en plus strictes. Il y avait déjà un certain nombre de complexités administratives. Poutine avait eu l'occasion d'expliquer aux milieux d'affaires russes que si l'Europe ne voulait pas d'eux, la Chineles accueillerait volontiers », explique le chef d'entreprise bourguignon.
Ce dernier souhaite trouver un marché de substitution pour pallier cette part de chiffre d'affaires destinée à la Russie, qui représentait près de 2 millions d'euros sur les 21 millions d'euros réalisés en 2021. Toutefois, sans anticipation, difficile de retrouver rapidement d'autres débouchés porteurs pour l'avenir... « Sans céder à la panique, il y a au minium un attentisme qui contrarie les marchés d'affaires », constate-il.
Pas plus tard que la semaine dernière, un de ses clients de République Tchèque lui a commandé une machine afin d'équiper son atelier. L'acompte était versé le mercredi, mais le vendredi matin, l'industriel suspendait sa commande de 600.000 euros car ce dernier s'approvisionne en acier d'Ukraine. Voyant les prix s'affoler et la matière première se raréfier, le client a préféré se laisser le temps d'observer l'évolution des marchés...
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