LA TRIBUNE - Pourquoi avez-vous décidé de scinder la présidence et la direction générale à compter de ce 22 mai ?
ALAIN DININ - Pour plusieurs raisons, bien sûr ! Alors que rien ne l'obligeait, il m'est apparu qu'il était temps d'organiser le management pour projeter Nexity vers ses enjeux des cinq années à venir. Le groupe a doublé de taille ces cinq dernières années. Il a transformé ses matrices de décisions, en passant d'une organisation par métiers à une organisation par clients. Il a entamé une mutation majeure pour devenir une plateforme de services pour l'ensemble de ces clientèles, qui exerce aujourd'hui plus de 50 métiers et emploie plus de 10. 000 personnes et plus de 100. 000 indirects et induits. Nexity est aussi une entreprise engagée, qui fait de sa responsabilité sociétale et environnementale, de son utilité sociale un axe clé de sa stratégie. En ajoutant les révolutions technologiques et les mutations sociétales à l'œuvre qui modifient profondément à la fois les offres, les relations, les comportements et sans doute les business models, notre organisation managériale se devait d'être repensée pour préparer mieux le futur ! Comme l'ensemble de la société, et parce qu'elles y jouent un rôle essentiel de plus en plus affiché pour le bien commun, les entreprises doivent adapter leur mode de pilotage. La notion classique de patron n'est plus la réponse unique dans ce nouvel environnement. Le futur de Nexity passera par une équipe d'associés, de dirigeants d'horizons différents et complémentaires pour un pilotage multidisciplinaire. Face à la complexité des sujets, c'est la garantie d'une équipe plus performante.
Depuis trois ans, Nexity est piloté au plus haut niveau de l'entreprise, par un collectif de cinq personnalités d'horizons, d'âge, de culture, d'expériences complémentaires et différents. Avec l'équipe dirigeante, nous avons choisi d'utiliser au mieux les compétences de chacun : en ce qui me concerne, sous mandat du conseil d'administration, celles de piloter la stratégie, les allocations de ressources, les missions sociétales ; et à Jean-Philippe Ruggieri et ses « associés », Julien Carmona, Véronique Bédague-Hamilius et Frédéric Verdavaine, celles de piloter, d'adapter et de projeter...