La loi ZAN (Zéro artificialisation nette) impose le renouvellement de la ville depuis l’intérieur et la densification des quartiers. La mutation s’opère notamment à Angers dans les Pays de la Loire où le bailleur social Podeliha (parc locatif de 27.000 logements) déploie une nouvelle stratégie foncière.Dans les Pays de la Loire, la demande locative sociale ne cesse de croître depuis 2019, atteignant plus de 120.000 logements (+ 10% sur un an). La ville d'Angers ne fait pas exception puisque la demande est passée de 9.000 logements au 1er janvier 2019 à 11.191 quatre ans plus tard. Face à la pression de la demande locative sociale, la construction de logements s'est intensifiée au sein du parc locatif géré par le bailleur Podeliha (27.000 logements).
« Au cours de l'année 2023, la production a atteint un niveau très satisfaisant avec la livraison de 640 logements locatifs dans la région, contre 570 unités livrées en 2022, avec une implication significative pour le département de la Vendée où 53% des livraisons ont été concentrées ainsi que pour le Maine-et-Loire avec 36% des livraisons, plaçant ce département en tête avec un parc de 20.632 logements locatifs », précise Gonzague Noyelle, son directeur général.
Par ailleurs, Podeliha a amorcé 1.106 chantiers au cours de l'année 2023 (location et accession). Mais, afin de concilier sa politique de construction et les objectifs du ZAN (Zéro artificialisation nette) dans un contexte de raréfaction du foncier, le bailleur social doit se réinterroger sur la façon de produire l'habitat de demain.
Reconstruire la ville sur elle-même
Dans sa stratégie foncière, Podeliha a donc activé de nouveaux axes. « Il s'agit de réinterroger notre patrimoine angevin. À ce titre, nous avons scanné l'ensemble de notre parc en milieu urbain afin de voir le potentiel de densification verticale, en partenariat avec la société parisienne Upfactor. Cela nous a permis d'identifier douze immeubles éligibles à une opération de surélévation », poursuit Pierre Grange, directeur chargé du développement du patrimoine. L'ESH ligérienne avance actuellement sur deux opérations localisées dans les quartiers ANRU de Belle Beille et Monplaisir qui font l'objet d'un projet de rénovation urbaine. Ici, les bâtiments dotés d'une toiture-terrasse sont des foyers de jeunes actifs d'une cinquantaine de logements chacun, datant des années 60-70. « Nous imaginons de l'extension ou une mixité programmatique (logements en accession libre) », poursuit-il. L'objectif est de construire un ou deux étages en plus, soit une capacité supplémentaire de 20% à 30%.