Chantiers navals : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire de STX France

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(Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Cette opération, qui coûtera environ 80 millions d'euros, ne sera pas pérenne, les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ayant "pas vocation" à rester dans le giron de l'Etat, a déclaré le ministre de l'Economie.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé jeudi une nationalisation temporaire de STX France afin de "défendre les intérêts stratégiques de la France", après l'échec des discussions avec le groupe italien Fincantieri.

"Nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l'Etat sur STX", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Bercy, au cours de laquelle il s'est refusé à prononcer le mot "nationalisation". Cette opération, qui coûtera environ 80 millions d'euros, est toutefois temporaire, les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ayant "pas vocation" à rester dans le giron de l'Etat, a-t-il précisé.

Les négociations sur le rachat des chantiers navals STX France reprendront "dès mardi prochain à Rome". "Nous allons reprendre la discussion, la reprendre sereinement, la reprendre dès mardi prochain à Rome et j'ai bon espoir que nous trouverons dans les semaines qui viennent les modalités de cet accord industriel européen avec l'Italie dans le domaine de la construction navale."

Les Italiens ne veulent pas du 50-50 proposé

Bruno Le Maire avait lancé un ultimatum aux autorités italiennes mercredi, les enjoignant d'accepter "un contrôle à 50-50" des chantiers de Saint-Nazaire entre le groupe Fincantieri et les actionnaires français. Cet ultimatum avait été accueilli par une fin de non recevoir à Rome. "Il n'y a aucune raison pour que Fincantieri renonce à la majorité et au contrôle" de STX, avait déclaré le ministre des Finances italien, Pier Carlo Padoan, ouvrant la voie à une prise de contrôle de STX par l'Etat Français. "Cette proposition a été refusée par le gouvernement mais elle reste sur la table", a assuré jeudi le ministre.

"Nous considérons grave et incompréhensible la décision du gouvernement français de ne pas donner suite à des accords déjà conclus", affirment dans un communiqué conjoint le ministre de l'Economie et des Finances Pier Carlo Padoan et celui du Développement économique Carlo Calenda.

La France, qui dispose aujourd'hui d'un peu plus de 33% de STX France, avait jusqu'à vendredi minuit pour exercer son droit de préemption sur les 66% restants, actuellement détenus par le sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding, la justice coréenne devant entériner samedi la revente des parts détenues par le groupe en difficulté.

(Avec AFP)

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a écrit le 30/07/2017 à 9:50 :
Le même jour :

Tim au main d'un Bulgare, La Fnac et Darty sous contrôle allemand et Air France-KLM (compagnie franco-néerlandaise) qui ouvre son capital aux Chinois et aux Américains
a écrit le 28/07/2017 à 12:27 :
on prend une décision courageuse et on court l'expliquer à Rome... bizarre ...pourquoi ? laisser venir et préparons le tour de table favorable à la France et au chantier.. c'est la seule politique..
a écrit le 28/07/2017 à 12:07 :
L'abandon de la LGV Lyon Turin est le prochain sujet qui va heurter la susceptibilité de nos chers cousins .Mais devons nous payer pour désenclaver l'Italie ?Pour Stx la France discutera avec 100% du chantier...la messe est dite.Le nationalisme économique existe en Italie comme en France et le conglomérat italien appartient majoritairement à l'Etat.On est loin de l'économie libérale....Et en matière de respect des accords...celui de Dublin est très beau sur le papier.... Lorsque le Président a expliqué à certains pays de l'est que l'UE n'est pas un super marché il a envoyé un signal fort...la naïveté n'est pas sa caractéristique.
a écrit le 28/07/2017 à 10:08 :
les italiens ont la mémoire courte en 2008 ils ont nationalisé 8 banques idem en Amérique .les allemands viennent de s opposer a la cession d osram et ont faillit sur les robots kuka.alors les français sont mauvais coucheurs ?
a écrit le 28/07/2017 à 9:46 :
Et oui depuis 1945 La France fait ce qu'elle veut et mène l'Europe par le bout du nez, c'est le privilège des vainqueurs qui perdurent jusqu'à aujourd'hui.
a écrit le 28/07/2017 à 7:17 :
Voilà un bel exemple d'économie dirigée....est-ce un prélude à 'autres participations étatiques dans des secteurs déficitaires ...par exemple Areva et filiale ,Alstom ...etc...
a écrit le 28/07/2017 à 0:02 :
"Et en même temps" (comme d'habitude), Macron vient d'annoncer qu'il souhaite un engagement fort des Italiens. Alors, c'est stratégique ou pas ? J'espère que le gouvernement italien ne va pas se laisser balloter, retirera toute participation et ne s'engagera plus jamais dans des tractations avec la France tant qu'elle n'aura pas de gouvernement démocratique sérieux :-)
a écrit le 27/07/2017 à 22:39 :
Cela devrait amadouer les syndicats pour les semaines à venir.
a écrit le 27/07/2017 à 21:00 :
Vive l'Europe........
a écrit le 27/07/2017 à 20:29 :
Pour 80 millions d'euros , fallait pas se priver . Le gouvernement a 100 fois raison . Bravo.
a écrit le 27/07/2017 à 19:58 :
Avez vous entendu M. Bruno Le Maire utiliser le terme de nationalisation ? Certainement pas, il a dit que " l'État français exercerait son droit de préemption pour reprendre le contrôle des chantiers navals STX.
Réponse de le 27/07/2017 à 22:25 :
aux dernieres infos.. privatisation provisoire déduction pas pérenne.. enfin il y a des ministres qui réussissent ! et des gens qui ne servent a rien !
a écrit le 27/07/2017 à 19:03 :
France, go ahead with strategic interests! Vive la France! STX and RTD should be French and should not be swallowed like Pechiney, Alstom, Rhodia, etc....
Réponse de le 27/07/2017 à 20:17 :
@patriot: le problème, c'est qu'on ne prend pas des engagements, ni ne signe de contrat sans intention de les honorer. Cela fait perdre toute crédibilité aux sigantaires, qui,s oit dit en passant, sont les dirigeants de la France. Le plus drôle serait que les syndicats demandent le statut de fonctionnaire pour les employés de STX pusisque l'entreprise est nationalisée. Et pour finir: c'est sûr qu'en commentant en anglais, tu promeus les intérêts de la France :-)
Réponse de le 28/07/2017 à 8:57 :
Could you speak french please ?
a écrit le 27/07/2017 à 19:01 :
C'est un bon choix...temporaire.
Alstom, Dentressengle, Darty Fnac, Legrand...n'y-a-t-il pas d'argent en France pour faire autre chose que de l'immobilier...spéculatif.
Remettre de l'argent dans nos entreprises est une priorité, mais pour cela il faut encourager les citoyens et leur dire qu'il faut avoir le goût pour un peu de risques, on ne va pas nationaliser l'économie, on sait ce que cela produit dans les pays qui l'on connu.
a écrit le 27/07/2017 à 18:25 :
La solution consistait à appliquer la note n°6 du CAE. Cela sauvait toute notre industrie encore en activité. Une occasion manquée; c'est le début de la fin de Macron. Qui le comprendra?
a écrit le 27/07/2017 à 18:10 :
Le droit de préemption existe depuis le départ. Fincantieri à peut être voulu jouer un bon coup avec le rachat pour 80M€, mais il n'ignorait pas cette clause. C'est peut-être pour çaqu'ils ont mis si peu en se disant que ça pourrait passer sur un malentendu.
Réponse de le 27/07/2017 à 20:32 :
@mjj 27/07/2017 18:10
Il est difficile de comprendre la transaction acceptée par le précédent gouvernement d'autant plus que Euro 80 mln n'est pas une somme colossale. Quelque chose (un autre deal franco/italien ?) a peut-être modifié la donne.
Cordialement
a écrit le 27/07/2017 à 17:31 :
Cela pourrait être une belle affaire : 80m€ pour une boîte qui fait plus d'un milliard de CA avec un carnet d'ordre plein et une position oligopolistique (seulement 3 constructeurs de paquebot- tous européens)
Je n'arrive pas à comprendre comment ils font pour faire si peu de marge !!!
- marché en sous-capacité
- concurrence uniquement européenne (jusqu'à l'arrivée des chinois aides par fincantieri )
- grosse rentabilité pour les croisiéristes

=> ils devraient augmenter leur prix !!!
a écrit le 27/07/2017 à 17:22 :
Et Alstom, qui fournit les turbines des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la force de dissuasion nucléaire française, ce n'était pas "stratégique" ? Mais qui donc pouvait être le ministre de l'économie d'alors ? Cherchons...
Réponse de le 27/07/2017 à 18:16 :
@ Britannicus

Tu fais allusion à ce petit moins que rien " dixit Valls"
Réponse de le 27/07/2017 à 19:14 :
Clairement l'argument ne tient pas à l'analyse.
Il faut chercher ailleurs
La bonne nouvelle est qu'il y avait 80 millions qui traînaient .
A moins qu'il faille à nouveau rogner les APL ?
a écrit le 27/07/2017 à 16:46 :
Il faut comprendre les italiens .toutes les entreprises francaises gerées par l'etat ont des ploblemes ? Sean France sncm,sncf, la poste etc

puis rappelez vous Renault nissan ou l'etat a modifie le droit de vote en jouant sur nouveaux et anciens actionnaires ,,,,,,?????

la confiance cela se gagne !!!!!!
a écrit le 27/07/2017 à 16:44 :
Le gouvernement n'a pas de choix apres tant subversions donnee par Hollande a cet entreprise deficitaire.
a écrit le 27/07/2017 à 16:36 :
"Nationalisation qui ne sera pas pérenne" à condition de retrouver un repreneur à l'avenir. Et compte tenu des antécédents de la France en matière d'annulation des contrats, c'est loin d'être gagné d'avance :-)
a écrit le 27/07/2017 à 16:29 :
excellente décision . Derrière les paquebots il y a du militaire qu'il est impossible de laisser filer dans d'autres mains fussent elles italiennes .
Réponse de le 27/07/2017 à 16:52 :
Fussent-elles italiennes ? Les mains etaient coréennes auparavant. Décision qui pue l'hypocrisie quand on sait que les entreprises françaises ont fait leurs emplettes d'entreprises italiennes: Télécom Italia, Mediaset, Luxottica, Parmalat et j'en passe.
Réponse de le 27/07/2017 à 19:09 :
La vraie raison semble bien être la crainte que finalement ce soit les Chinois qui via Ficantieri récupère le bébé .
Ce qui déplaît fortement à un grand pays qui ne renonce pas à diriger le monde.

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