Lipitor : Comment Pfizer protège son médicament vedette des génériques

Pour protéger son anti-cholestérol qui perdra le 8 mai son exclusivité en France, le géant américain lance son propre générique, deux fois moins cher.

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Le numéro un mondial de la pharmacie ne veut pas perdre en France la manne de son médicament vedette, l'anti-cholestérol Lipitor (commercialisé dans l'Hexagone sous la marque Tahor) sans lutter. Alors qu'il perdra le 8 mai en Europe l'exclusivité du médicament le plus vendu de l'histoire de la pharmacie (plus de 100 milliards de dollars de chiffre d'affaires depuis son lancement en 1997), le groupe lancera le même jour son propre générique pour contrer la dizaine de fabricants de génériques qui ont obtenu dans l'Hexagone une autorisation de mise sur le marché pour l'atorvastatine. Pfizer «veut garder une part de marché significative dans le volume total d'atorvastatine avec son autogénérique », a indiqué Michel Ginestet, directeur de l'unité Primary care du groupe. Et de préciser : "Nous allons continuer à commercialiser la molécule sous son nom de marque Tahor sur le marché français", mais le 8 mai, " nous mettrons à disposition sur le marché français notre autogénérique, l'atorsvastatine Pfizer ».

Tahor représente 25% des ventes du groupe en France

Dans le passé, Pfizer a déjà lancé des autogénériques mais bien après la perte d'exclusivité des médicaments. Mais l'enjeu du Lipitor qui générait une dizaine de milliards de dollars de chiffre d'affaires est énorme. Tombé dans le domaine public fin novembre aux Etats-Unis, il est grandement responsable de la baisse de 19% des bénéfices nets du groupe au premier trimestre. En France, Tahor pèse 400 millions d'euros de recettes, environ 25% du chiffre d'affaires de Pfizer. Le groupe se donne les moyens de conserver son leadership en France. Outre un prix deux fois cher que le Tahor (9,08 euros la boîte en version 10mg contre 18,38 euros), il va jouer sur la proximité de son autogénérique avec le médicament de marque Tahor : « Même molécule, même efficacité, même comprimé, mêmes excipients, même blister, fabriqué dans la même usine, et pakaging similaire ». Ce sera la stratégie du groupe dans la plupart des pays d'Europe.

 

 

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Commentaires 3
à écrit le 02/04/2013 à 23:05
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Oui c'est le fric, le rapport, tout le reste n'est que du "pipo", mais puisque le générique est aussi bon: appelez le du même nom que le vrai et fabriquez le dans la conformité du vrai, mais mieux baissez tout simplement le prix du vrai au prix du gé...

à écrit le 03/05/2012 à 18:02
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Il n'y a pas qu'outre-Atlantique que la pharmacie peut se regrouper. Avec 2 multinationales de premier plan , la Suisse pourrait également être le théâtre d'une méga fusion. Surtout que l'une d'elles a connu déconvenues sur déconvenues ces derniers t...

à écrit le 03/05/2012 à 16:55
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On sait que la pharmacie américaine a encore à se regrouper . Pfizer pourrait faire le bonheur de ses actionnaires en fusionnant avec Johnson & Johnson ce dernier abandonnant au moins une division sur les 3. A suivre...

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