Comment Valbiotis compte décrocher le précieux label "allégation santé"

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De gauche à droite, Sébastien Peltier (directeur scientifique), Florian Lejoubioux (chargé de la recherche et développement) et Philippe Charier (directeur général)
De gauche à droite, Sébastien Peltier (directeur scientifique), Florian Lejoubioux (chargé de la recherche et développement) et Philippe Charier (directeur général) (Crédits : Valbiotis)
Créée il y a tout juste un an, la start-up Valbiotis développe des compléments alimentaires "à haute valeur ajoutée", selon une méthode qui se veut innovante pour séduire les groupes industriels.

Après Seres Health et MaaT Pharma, c'est la start-up Valbiotis qui investit dans la nutrition avec le but de séduire les grands groupes agro-alimentaires. Fondée en 2014, la société basée à La Rochelle élabore deux compléments alimentaires destinés à prévenir le diabète et maîtriser le taux de cholestérol sanguin. Aujourd'hui, ces produits sont encore en phase de développement. Mais à moyen terme, Sébastien Peltier, président de Valbiotis, compte bien les vendre "clefs en main" à des groupes agroalimentaires ou pharmaceutiques.

L'allégation santé

Pour ce faire, Valbiotis espère se démarquer en élaborant des produits éligibles à l'"allégation santé" décernée par l'Autorité européenne de santé alimentaire (soit, en anglais, l'EFSA). Cette certification, créée en décembre 2010, a été mise en place afin d'encadrer le marché des compléments alimentaires et des alicaments, souvent accusés d'inefficacité. En 2009, Danone avait par exemple du repositionner son  yaourt Essensis, dont les propriétés de bienfait pour la peau avaient été réfutées par l'UFC Que Choisir.

"Seuls les produits dont la sécurité et les vertus thérapeutiques ont été prouvées par des essais cliniques peuvent recevoir une allégation santé", explique Sébastien Peltier à La Tribune. Un moyen de "légitimer" les compléments alimentaires sur un marché mondial estimé à 60 milliards d'euros. "C'est encore dix fois moins que ce que génère la vente de médicaments", assure le président de Valbiotis, "mais ce marché va encore progresser".

Ou comment séduire les grands groupes industriels

Seul bémol : les recherches nécessaires pour obtenir une allégation santé prennent du temps. "Alors qu'un complément alimentaire peut être mis sur le marché en moins d'un an, il faut compter six à sept années d'analyses et de tests avant de commercialiser un produit certifié par l'EFSA", observe Sébastien Peltier. Selon lui, c'est la raison pour laquelle les industriels hésitent encore à investir dans la recherche en interne. Et Valbiotis a décidé d'en profiter. "Nous proposons d'accompagner les groupes agro-alimentaires et pharmaceutiques pour gérer les recherches pré-cliniques et le design clinique selon les normes de l'EFSA", déclare le chercheur.

Des normes que Sébastien Peltier connaît bien : cet expert en nutrition a participé à l'élaboration de l'un des rares produits ayant reçu une allégation santé : le Limicol, développé par le laboratoire Lescuyer. Confidentialité oblige, le président de Valbiotis ne révèle pas les futurs partenaires de la start-up. Mais il assure, après une levée de fonds d'1,3 millions d'euros en novembre 2014, que "certains groupes pharmaceutiques et agro-alimentaires sont intéressés par la démarche".

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