L'hématologue, qui venait d'être reconduite à la tête de la Haute autorité de la Santé, a été nommée ministre de la Santé. Ces dernières années, Agnès Buzyn a fustigé le poids des lobbies de l'alcool et du tabac. Mais sa position sur la questions des liens d’intérêts des experts institutionnels avec les laboratoires pharmaceutiques est beaucoup plus souple.
Les noms d'Olivier Véran, conseiller santé d'Emmanuel Macron durant la campagne, et d'Arnaud Robinet, maire LR, étaient régulièrement évoqués dans les médias pour succéder à Marisol Touraine. C'est finalement Agnès Buzyn qui a été nommée ministre des Affaires sociales et de la Santé, mercredi 17 mai.
Emmanuel Macron avait promis un médecin au poste de ministre de la Santé. Promesse tenue. Entre 1992 et 2011, Agnès Buzyn fut responsable de l'Unité de soins intensifs d'hématologie adulte et de greffe de moelle au sein de l'Université Paris V-Hôpital Necker, après avoir été interne des Hôpitaux de Paris.
Faire oublier l'emprise des lobbies pharmaceutiques
Avec la nomination d'Agnès Buzy, le président de la République espère également faire oublier un important écueil de sa campagne. Son conseiller santé, le docteur Jacques Mourad, avait été exclu, suite à la révélation de ses liens d'intérêt avec Servier (plus de 80.000 euros de frais de restaurants, de logements et de transports, et de nombreuses interventions pour le laboratoire entre le 1er janvier 2013 et fin juin 2016).
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Une prise de position critiquée sur les liens d'intérêt
Si l'on en croit la base de données officielle "Transparence santé", Agnès Buzyn n'a aucun lien avec les laboratoires pharmaceutiques contrairement à l'ancien conseiller santé de Macron. Cette dernière a toutefois pris une position critiquée par plusieurs acteurs de la santé, dont Irène franchon (à l'origine de l'affaire Mediator), soulignait Mediapart. Agnès Buzyn a estimé fin mars 2016 que les liens entre experts et laboratoires comme un gage de compétence.
"Seuls demeurent, à terme, des experts institutionnels qui se trouvent dans toutes les agences et dont on peut se demander quelle va être leur expertise, puisqu'ils ne participent plus ni aux essais thérapeutiques, ni aux boards (conseils de direction, Ndlr). Se fait jour ainsi une différence entre des experts institutionnels qui n'ont plus aucun lien avec la recherche et les experts professionnels que nous ne pouvons jamais solliciter",avançait-elle devant le Sénat,fin mars 2016
Vent debout contre les lobbies du vin, contrairement à Macron
Une autre question se pose: la gestion des comptes de la Sécurité sociale. Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics hérite de cette charge. Difficile de savoir comment l'action de la ministre de la Santé en la matière se coordonnera avec celle de son collègue...