Profondeur du marché, possibilité de lever des sommes beaucoup plus importants qu'en Europe... Une introduction en Bourse aux États-Unis est pour de nombreuses biotech françaises le Graal pour financer des produits en phase avancés, voire les commercialiser soi-même comme compte le faire DBV Technologies.
Quels sont les écueils à éviter et les bons réflexes à adopter pour réussir une telle opération ? Plusieurs analystes et un représentant d'une biotech française ont tenté de répondre à cette question lors d'une conférence organise par France Biotech, mercredi 15 novembre.
Miser uniquement sur un ou deux gros investisseurs est un piège qui peut fermer des portes.
Les investisseurs sur le long terme "seront plus lents à répondre aux attentes" des biotech et des fabricants de dispositifs médicaux. Toutefois, ces derniers "développent des expertises poussées dans le secteur de la santé", et peuvent donc donner une crédibilité à la société, en plus de l'accompagner sur le long terme, juge-t-il. Les hedge funds, sont quant à eux plus "réactifs", mais sont alléchés par "les nombreuses fusions-acquisitions animant le marché de la santé". Ils sont donc amenés à partir à tout moment.
Autre élément : être raisonnable sur la valorisation attendue.
Pour préparer son entrée en Bourse -survenue en mars 2015-, la biotech a rencontré le maximum d'investisseur "pour ressentir leurs appétences" pour la stratégie thérapeutique de la société française. Elle a également passé au crible le marché et les sociétés cotées aux États-Unis avec une stratégie thérapeutique proche, Juno Therapeutics et Kite pharma (racheté récemment par Gilead), notamment.
Pour les sociétés ayant connu une cotation sur le marché boursier français (la plupart des cas de biotech et medtech françaises souhaitant être cotées aux États-Unis), la procédure de cotation au Nasdaq sera bien plus complexe, avancent les analystes.
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Aux États-Unis, l'équipe dédiée à l'opération doit être plus élargie. Elle comprend des banquiers d'affaires pour convaincre des investisseurs, des comptables et surtout plusieurs avocats.
Des informations erronées ou manquantes dans le prospectus (document financier donnant des données sur l'entreprise, ses instruments financiers, dans le cadre d'une introduction en Bourse, NDLR) peuvent poser problème rapidement outre-Atlantique.
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Si une introduction au Nasdaq peut rapporter gros, sa préparation peut aussi coûter une somme non négligeable. Eric Dutang évoque le cas de Calyxt, filiale de la biotech spécialisée dans l'édition du génome des plantes.Elle a levé 64,4 millions de dollars lors de son introduction en juillet 2017. En parallèle, "le coût introduction de Calyxt au Nasdaq a grimpé à 3 millions d'euros hors rémunération des banques", détaille-t-il.
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