Bourse : pourquoi les big pharmas saluent la victoire de Trump

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A l'instar de GSK, la société pharmaceutique britannique prenait plus de 2%, suite à la victoire de Donald Trump, mercredi 9 novembre.
A l'instar de GSK, la société pharmaceutique britannique prenait plus de 2%, suite à la victoire de Donald Trump, mercredi 9 novembre. (Crédits : Reuters)
Les valeurs boursières des grands groupes pharmaceutiques européens ont toutes grimpé suite à la victoire du candidat républicain à l'élection présidentielle américaine. Le programme d'Hillary Clinton visant à réguler la hausse du prix des médicaments suscitait une crainte accrue des industriels, par rapport à celui de Donald Trump.

Mercredi après-midi, les marchés européens étaient encore dans le rouge en début d'après-midi ou stagnaient, suite à la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine (le FTSE prenait  0,14% à 15h15, le CAC 40 chutait de 0,45% à 15h16). Mais les cotations boursières des laboratoires pharmaceutiques connaissaient un bond. Sanofi bondissait de 5,28% à 15h33, GSK gagnait 2,57% à 15h19,  AstraZeneca prenait 2,15% à la même heure. Côté suisse, Roche gagnait 4,26%, et Novartis 3,96%. Des sociétés, dont les prix élevés sont vivement critiqués aux Etats-Unis, ont également été boostées. C'est le cas du groupe danois Novo Nordisk qui prenait 2,94% à la même heure.

Une (petite) préférence pour Trump

Selon les analystes, cet enthousiasme serait dû au soulagement des investisseurs de ne pas voir Hillary Clinton accéder à la présidence américaine. Son programme pour limiter la hausse des prix des médicaments était jugé trop virulent par le secteur. Par ailleurs, selon des analystes du cabinet Peel Hunt, dont les propos sont rapportés dans The Telegraph, "la conception libérale de l'économie de marché de Donald Trump pourrait résulter en une augmentations des prix de certains médicaments". Pour l'industrie du médicament, "il est donc légèrement préférable" à Hillary Clinton, malgré les incertitudes autour de son action future.

La banque d'investissement américaine Jefferies estimait hier qu'avec Donald Trump "l'industrie du médicament voit la craintes de mesures drastiques contre les prix des médicaments s'éloigner". La banque Barclays a même publié un classement des sociétés qui devraient profiter de l'élection de Trump. Quatre laboratoires pharmaceutiques figurent dans le top 10.

Trump, favorable à la négociation des prix par le système d'assurance santé américain

Pour rappel, influencée par la campagne virulente de son adversaire démocrate Bernie Sanders lors de l'investiture, Hillary Clinton proposait que le Medicare (système d'assurance santé américain) négocie le prix des médicaments avec les industries pharmaceutiques. Elle réclamait également que les subventions dédiées à la publicité des fabricants de médicaments en direction des consommateurs soient réinvesties dans la recherche et le développement. Autre mesure inquiétante pour une partie des entreprises du médicament: elle comptait pousser la FDA (Agence américaine des médicaments) à encourager la diffusion massive de biosimilaires et de génériques. Enfin, elle souhaitait donner la possibilité aux Américains d'importer des médicaments vendus à l'étranger.

Donald Trump a également mis cette mesure en avant durant sa campagne. Mais après s'être montré particulièrement agressif fin 2015 et début 2016, il s'est moins focalisé sur la dénonciation des dérives des laboratoires pharmaceutiques. Ainsi, il promettait au départ 300 milliards de dollars d'économies par an en permettant à l'Assurance maladie de négocier avec les industries pharmaceutiques, mais il n'a pas insisté sur ce chiffre, pas dans le programme affiché sur son site de campagne. Donald Trump compte toutefois maintenir l'idée de permettre au Medicare de négocier les prix des traitements.

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Commentaires
a écrit le 09/11/2016 à 17:45 :
Pas près de se soigner l'ouvrier ou le chômeur blanc ayant voté Trump.

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