Génériques : Mylan échoue à racheter Perrigo, après sept mois de combat

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Le directeur général de Mylan, Robert Coury, qui avait repoussé les avances de l'israélien Teva pour courtiser Perrigo, a déclaré que son groupe était près à tourner la page.
Le directeur général de Mylan, Robert Coury, qui avait repoussé les avances de l'israélien Teva pour courtiser Perrigo, a déclaré que son groupe était près à tourner la page. (Crédits : © Mark Blinch / Reuters)
Le groupe américain basé aux Pays-Bas a précisé qu'il restituerait les actions concernées par son OPA hostile manquée, débutée en avril.

L'offre hostile du fabricant de médicaments génériques Mylan sur son concurrent Perrigo s'est soldée par un échec, moins de la moitié des actionnaires de Perrigo ayant apporté leurs actions à l'opération.

Mylan a annoncé que 40% des actions Perrigo en circulation avaient été apportées à son offre de 174,36 dollars par action, soit un montant total de 26 milliards de dollars (24 milliards d'euros), close à 13h00 GMT. Le groupe américain basé aux Pays-Bas a précisé qu'il restituerait les actions concernées.

Cette annonce profite au titre Mylan, qui bondit de 11,5% vers 15h30 GMT, tandis que le titre Perrigo abandonne 7,5%, les deux actions se traitant dans des volumes étoffés. Entre le 8 avril, lorsque Mylan a soumis sa première proposition à Perrigo, et la clôture de jeudi, l'action Perrigo a perdu 5% et celle de Mylan 27,5%.

Une victoire pour le patron de Perrigo

Cet échec signe le point final de près de sept mois d'une bataille acharnée entre les deux laboratoires et constitue une victoire pour le directeur général de Perrigo, Joseph Papa. L'entreprise a indiqué dans un communiqué qu'elle allait lancer immédiatement le programme de rachat d'actions de deux milliards de dollars annoncé précédemment, dont il compte réaliser le quart d'ici la fin de l'année.

Le directeur général de Mylan, Robert Coury, qui avait repoussé les avances de l'israélien Teva pour courtiser Perrigo, a déclaré que son groupe était près à tourner la page.

Les analystes ont accueilli favorablement cette annonce. David Steinberg, de Jefferies, a souligné avoir toujours maintenu que les perspectives de Perrigo étaient bien meilleures si le groupe restait indépendant. Des analystes de Citi Research ont quant à eux souligné que cet échec allait permettre à Mylan d'étudier d'autres débouchés.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/11/2015 à 11:50 :
Les "génériqueurs" doivent s"allier ou se vendre rapidement. Pour l'instant les prix de ces médicaments sont encore élevés (et le double de cette base en France) mais vont fatalement baisser considérablement. En effet les gigantesques "health" américains atteignent une concentration telle qu'ils vont bientôt devenir fabricants ou commanditaires pour ces produits auprès de sous-traitants, faisant disparaître ces laboratoires intermédiaires. Or, cette prescription dont ils sont les maîtres représente 90% du total. On le sait tous les brevets tombent dans le domaine public tandis que la relève est quasi inexistante et lorsqu'elle existe ne concerne qu'une part d'amélioration non pertinente pour l'essentiel des patients. Il s'agit donc d'un déclin annoncé alors que les systèmes d'assurances ne vont pas plus longtemps accepter d'en payer un prix surfacturé à l'ancienne. Pour les acheteurs il s'agit d'une blitzkrieg leur permettant de pénétrer un marché pour en profiter durant cette courte ou moyenne période de latence. La solution Mylan ajoutant au processus une tentative de défiscalisation était désavouée par le gouvernement américain. Il lui faudra rapidement trouver une substitution interne. Si une reprise se faisait par un "health" ce serait une première mais aussi ... le signe d'une forte baisse des prix sur tout le secteur. C'est un risque que les autres laboratoires ne peuvent prendre. Nous verrons.

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