Le français Ipsen ne veut pas rater le train de la santé numérique

Peu investi dans la e-santé, comparé aux big pharma, le troisième laboratoire pharmaceutique français veut s'associer à plusieurs startups pour améliorer le suivi des patients.
Jean-Yves Paillé
Ipsen a organisé un hackathon à lissu duquel il a sélectionné quatre projets portés par des startups pour améliorer le parcours de soin de patients atteints de tumeurs neuro-endocrines.
Ipsen a organisé un hackathon à l"issu duquel il a sélectionné quatre projets portés par des startups pour améliorer le parcours de soin de patients atteints de tumeurs neuro-endocrines. (Crédits : DR)

Ipsen cherche des pépites en santé numérique. Au début de l'année, le groupe avait lancé un hackathon, le "NET Patient Accelerator". À l'issu de ce concours, mercredi 28 septembre, il a sélectionné quatre startups susceptibles d'améliorer le suivi des patients, l'optimisation des traitements et la qualité des diagnostics pour les patients atteints de tumeurs neuro-endocrines.

Si Ipsen a choisi ce thème bien précis, ce n'est pas par hasard. Ipsen se revendique leader mondial dans le domaine des tumeurs endocrines (des tumeurs pouvant apparaître dans n'importe quelle partie de l'organisme, mais le plus souvent dans le système gastro-intestinal). La molécule phare du troisième laboratoire pharmaceutique français en termes de chiffre d'affaires est la Somatuline, un traitement contre les tumeurs endocrines. Elle a généré 254,9 millions d'euros de revenus au premier semestre 2016, soit un tiers de son chiffre d'affaires total.

Parmi les quatre startups choisies par le groupe français, et susceptibles de l'intéresser dans ce domaine, MyRobotics a développé un électrogustomètre, un système permettant de mesurer les troubles du goût dus aux effets secondaires de médicaments anticancéreux. Ce dernier travaille déjà avec des laboratoires pharmaceutiques pour créer des protocoles de test. L'idée serait par exemple, lors d'essais cliniques, de pointer l'apparition de ce type d'effet secondaire, afin d'améliorer la molécule développée.

Également, alors qu'Ipsen s'est lancé dans le diagnostic avec le rachat de la société OctreoPharm en 2015, la startup Symio a été remarquée lors de ce hackathon pour son application smartphone d'assistance au diagnostic par le biais de questions automatisées. Son objectif est d'affiner les symptômes afin d'obtenir un diagnostic plus précoce.

Une décision à la fin de l'année sur les partenariats avec les startups

Mais Ipsen ne compte pas se limiter au simple hackathon :

"Dans ce rapprochement entre l'écosystème de l'industrie pharmaceutique et celui des startups, nous réfléchissons à un modèle d'innovation ouverte pour identifier et potentiellement sélectionner quelques startups avec lesquelles nous pourrons apporter de nouveaux services pour les patients. Une décision sera prise avant la fin de l'année sur la définition de ce modèle, a expliqué mardi Malika Mir, directrice de la transformation digitale chez Ipsen."

Le groupe n'est pas autant investi dans la e-santé que de nombreux géants du monde pharmaceutique, qui multiplient les partenariats depuis plusieurs années avec des géants comme Google et IBM. Ipsen tente de prendre le train en marche de la santé numérique pour "offrir des services différents et apporter à ses patients des solutions innovantes".

Ce que peut apporter la e-santé à ce dernier, c'est la fidélisation de ses patients grâce à l'amélioration de leur suivi, ou encore l'optimisation des traitements existants voire le développement de nouvelles molécules avec la collecte et l'analyse des données.

Concernant son offre actuelle en e-santé, Ipsen sortira bientôt une application pour les  patient ayant des problèmes de spasticité (augmentation exagérée et permanente du tonus musculaire d'un muscle au repos), afin de les aider à réaliser ses exercices censés lui permettre de récupérer de la mobilité, annonce Malika Mir.

Jean-Yves Paillé

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Commentaire 1
à écrit le 22/09/2016 à 17:46
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Petite leçon d'orthographe : "Français" dans le contexte de la phrase s'écrit avec une majuscule car c'est un nom propre. On écrit "le Français". Par contre si c'est un adjectif on l'écrit avec une minuscule. Ex : le laboratoire français.

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