Depuis 2014, plus des deux tiers des plus gros laboratoires pharmaceutiques du monde se sont associés au géant de la tech. Dernier en date, GSK, le numéro trois mondial, qui a annoncé lundi 1er août la création d'une joint-venture avec celui qui, depuis longtemps déjà, ne se contente plus de cartonner dans les services Internet. Analyse.
Le big data pour découvrir de nouveaux traitements
L'intérêt principal des géants pharmaceutiques pour Alphabet réside dans les données que ce dernier gère et sa capacité à les analyser. Un atout pour mieux suivre les personnes malades, améliorer les traitements et espérer en trouver de nouveaux.
"Le big data permet de comprendre la maladie, la gestion de celle-ci dans les grandes populations. Avec Google, Sanofi peut être en mesure d'établir des relations avec les patients qui reçoivent déjà leurs médicaments, donnant accès à une meilleure gestion des approches de leurs soins",explique le cabinet Idea Pharma àLa Tribune.
Plus tôt dans l'année, Google s'est associé à Pfizer. La firme de Mountain View a octroyé au géant pharmaceutique américain l'accès aux données génétiques de 650.000 personnes, collectées par sa filiale 23andMe, en janvier 2015. Les deux tiers des 800.000 clients de 23andMe ayant fait séquencer leur ADN ont accepté de confier leurs données anonymisées pour la recherche médicale. Grâce à ces décryptages, Pfizer espère trouver de nouveaux traitements notamment contre le lupus, une maladie auto-immune.
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Google veut développer des technos, des programmes, des robots...
A l'instar de son alliance avec GSK, Alphabet a également passé des transactions dans le domaine des technologies médicales avec des géants pharmaceutiques. Non pas pour développer les appareils eux-mêmes, mais pour travailler sur certains composants ou programmes.
Google n'est pas un concurrent, dixit les bigs pharmas. Jusqu'à quand?
Ainsi, la plupart des big pharmas ne voient pas Google comme un concurrent potentiel mais un partenaire pour exploiter les possibilités offertes par la santé numérique. Joe Jimenez, patron de Novartis estimait en 2015 qu'en travaillant avec Google, l'industrie pharmaceutique pouvait développer des technologies de pointe pour satisfaire les besoins de santé d'une population mondiale vieillissante.
Mais Severin Schwan, le patron de Roche, qui pourtant a établi un partenariat avec Google, dit ne "pas savoir encore" si Google peut être un concurrent. Il a notamment mentionné les capacités du géant américain en algorithmes. Il estime que si Google ne peut pour le moment savoir quoi programmer en raison de son manque de savoir médical, on ne connaît pas ses intentions à l'avenir.