Pourquoi Google séduit-il autant de Big Pharmas ?

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GSK s'est associé à Google pour accélérer dans la médecine bioélectronique.
GSK s'est associé à Google pour accélérer dans la médecine bioélectronique. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Depuis 2014, plus des deux tiers des plus gros laboratoires pharmaceutiques du monde se sont associés au géant de la tech. Dernier en date, GSK, le numéro trois mondial, qui a annoncé lundi 1er août la création d'une joint-venture avec celui qui, depuis longtemps déjà, ne se contente plus de cartonner dans les services Internet. Analyse.

Rares deviennent les big pharmas à ne pas intégrer Alphabet (Google) dans leur stratégie. Dernier en date à avoir franchi le pas, le Britannique GSK, qui a annoncé lundi 1er août la création d'une joint-venture avec Verily Life Sciences (anciennement Google Life science). L'objectif de la société pharmaceutique est de développer et commercialiser des solutions à base d'échanges d'impulsions électriques avec le système nerveux pour traiter certaines maladies chroniques, notamment l'arthrite, le diabète et l'asthme grâce à l'expertise de Verily dans la miniaturisation d'appareils électroniques, le développement d'outils et de logiciels pour des applications cliniques.

GSK fait désormais partie des sept parmi les dix plus grosses sociétés pharmaceutiques au monde en termes de chiffre d'affaires qui ont passé un partenariat avec Alphabet ou Google. Avec IBM, qui a passé des partenariats avec Johnson et Johnson, Pfizer notamment, Google est le géant de la tech ayant signé le plus de partenariats avec des big pharmas.

Le big data pour découvrir de nouveaux traitements

L'intérêt principal des géants pharmaceutiques pour Alphabet réside dans les données que ce dernier gère et sa capacité à les analyser. Un atout pour mieux suivre les personnes malades, améliorer les traitements et espérer en trouver de nouveaux.

Ainsi, en août 2015, Sanofi a annoncé la création d'une joint-venture avec Google. Ce dernier offrira au labo français des services de gestion pour le traitement du diabète.

"Le big data permet de comprendre la maladie, la gestion de celle-ci dans les grandes populations. Avec Google, Sanofi peut être en mesure d'établir des relations avec les patients qui reçoivent déjà leurs médicaments, donnant accès à une meilleure gestion des approches de leurs soins", explique le cabinet Idea Pharma à La Tribune.

Plus tôt dans l'année, Google s'est associé à Pfizer. La firme de Mountain View a octroyé au géant pharmaceutique américain l'accès aux données génétiques de 650.000 personnes, collectées par sa filiale 23andMe, en janvier 2015. Les deux tiers des 800.000 clients de 23andMe ayant fait séquencer leur ADN ont accepté de confier leurs données anonymisées pour la recherche médicale. Grâce à ces décryptages, Pfizer espère trouver de nouveaux traitements notamment contre le lupus, une maladie auto-immune.

23andMe, encore, s'était déjà associée avec Genentech, filiale de Roche pour faire une étude sur les personnes touchées par la maladie de Parkinson en décryptant leur génome. Objectif du géant suisse: trouver un traitement pour cette maladie neurodégénérative.

L'un des premiers exemples d'association d'ampleur entre une industrie pharmaceutique et Google a été l'initiative d'Abbvie. Le géant pharmaceutique s'est associé à Calico, une société de biotechnologie filiale du géant Internet, pour travailler sur des maladies neuro-dégératives et des cancers afin de trouver de nouveaux traitements. Calico est chargée de construire un centre de R&D et de développer de nouveaux médicaments à des phases précoces avec l'appui du labo américain.

Google veut développer des technos, des programmes, des robots...

A l'instar de son alliance avec GSK, Alphabet a également passé des transactions dans le domaine des technologies médicales avec des géants pharmaceutiques. Non pas pour développer les appareils eux-mêmes, mais pour travailler sur certains composants ou programmes.

Ainsi, Google a annoncé en 2014 un projet de développement avec Novartis de lentilles intelligentes capables de mesurer les niveaux de glucose afin d'aider les patients à mieux se traiter et également. La technologie devrait être testée sur l'homme cette année. Un lancement sur le marché est prévu  dans les trois ans à venir. Grâce à Google, Novartis va pouvoir développer les capteurs et microprocesseurs intégrés dans les lentilles. Plus récemment, Verily Life Sciences s'est associé avec Johnson et Johnson le 26 mars 2015 pour accélérer dans la robotique chirurgicale assistée avec la création de la société Verb Surgical, spécialisée dans la création de robots chirurgiens. Verily Life Sciences apporte son expertise en machine learning et traitement avancé de l'image pour améliorer la précision des robots.

Google n'est pas un concurrent, dixit les bigs pharmas. Jusqu'à quand?

Ainsi, la plupart des big pharmas ne voient pas Google comme un concurrent potentiel mais un partenaire pour exploiter les possibilités offertes par la santé numérique. Joe Jimenez, patron de Novartis estimait en 2015 qu'en travaillant avec Google, l'industrie pharmaceutique pouvait développer des technologies de pointe pour satisfaire les besoins de santé d'une population mondiale vieillissante.

Mais Severin Schwan, le patron de Roche, qui pourtant a établi un partenariat avec Google, dit ne "pas savoir encore" si Google peut être un concurrent. Il a notamment mentionné les capacités du géant américain en algorithmes. Il estime que si Google ne peut pour le moment savoir quoi programmer en raison de son manque de savoir médical, on ne connaît pas ses intentions à l'avenir.

Google pourrait concurrencer les géants pharmaceutiques dans le diabète par exemple. L'Américain annonçait en 2015 travailler via Google Life Science sur le développement de nouveaux traitements contre cette pathologie.

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Commentaires
a écrit le 24/08/2016 à 11:08 :
Petite précision

Vous citez firme de Cupertino en parlant de Google. Hors c'est Apple qui est appelé comme cela. Google est à Mountain view et non à Cupertino.

Cordialement
a écrit le 05/08/2016 à 11:34 :
POUR GOOGLE LE BUT ET DE S ENRICHIR? MAIS POUR MOI LE BUT DE L ARGENT N AI PAS DE DOMINE MAIS DE SERVIR L HUMANITE?
a écrit le 04/08/2016 à 9:48 :
D'une part les laboratoires pharmaceutiques dépensant énormément de budget publicitaire ("Le budget promotion des laboratoires explose" http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/01/23/04010-20080123ARTFIG00270-le-budget-promotion-des-laboratoires-explose-.php), il est logique qu'ils s'entendent bien avec le support publicitaire numéro un mondial, ils parlent le même langage.

Ensuite la médecine classique, de part de moins en moins de remboursements et pour de nombreuses autres raisons, un mal pour un bien, perd du terrain face à toutes les autres nouvelles ou anciennes qui la supplantent et au lien d'investir dans du R et D continue de chercher des solutions autres afin de ne pas toucher à la sacro sainte marge bénéficiaire de l'actionnaire.

Il semble évident qu'à ce jeu là Google va tous les éliminer un par un utilisant leur avidité et compromission contre eux-mêmes, ce qui serait une bonne chose si les intentions de google étaient louables, cependant, quand on voit comme les géants du net investissent massivement dans la chimère de la quête de la vie éternelle on ne peut que douter profondément des conséquences d'une telle future victoire dans ce domaine.

Les anciens barons de l'économie sont des tartes manipulables à souhait mais les nouveaux ne sont pas forcément mieux intentionnés, enfin eux en sont persuadés bien entendu.

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