Mediator : Servier et l'Agence du Médicament renvoyés devant le tribunal correctionnel

Servier est renvoyé en correctionnelle dans le cadre de l'affaire du Mediator pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence". L'Agence nationale de sécurité du médicament est quant à elle accusée de "blessures et homicides involontaires".
Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim, a été retiré du marché en novembre 2009.
Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim, a été retiré du marché en novembre 2009. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)

Les juges d'instruction ont renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris les laboratoires Servier et l'Agence du médicament dans le volet principal du scandale du Mediator, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information de France Inter.

Après six années de batailles procédurales, la perspective d'un grand procès se rapproche dans le scandale sanitaire du Mediator. S'il a lieu, il se tiendrait en l'absence du principal protagoniste, Jacques Servier, fondateur des laboratoires, mort en 2014 à 92 ans.

Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, les juges d'instruction ont ordonné le 30 août le renvoi en correctionnelle du groupe pharmaceutique pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence", a indiqué cette source.

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est également renvoyée devant le tribunal pour "blessures et homicides involontaires". Au total, le parquet avait demandé un procès pour onze personnes morales et quatorze personnes physiques dans son réquisitoire du 24 mai.

Instruction "tronquée", selon Servier

Les Laboratoires Servier ont dénoncé dans un communiqué une instruction "tronquée". "L'action de l'Agence du médicament, de ses hauts fonctionnaires et de sa tutelle ministérielle a été occultée, alors que le Mediator était sous enquête nationale de pharmacovigilance de 1995 jusqu'en 2009", ont déclaré les laboratoires.

"Dans cette affaire du Mediator, même si Servier indemnise les victimes, les personnes malades et les proches de personnes décédées sont dans l'attente d'un procès pénal de manière à identifier les responsabilités, que ce soit du côté des laboratoires, des agences étatiques comme l'Agence du médicament (ANSM) ou des différents experts qui composaient les commissions de contrôle du médicament", a réagi Charles Joseph-Oudin, l'un des avocats de parties civiles.

1.520 à 2.100 décès selon le parquet

Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim, a été retiré du marché en novembre 2009.

Dans son réquisitoire de près de 600 pages, le parquet estimait que les laboratoires avaient mis en place une "stratégie" pour dissimuler son caractère anorexigène et n'avaient pas signalé les risques d'hypertension artérielle pulmonaire, une pathologie rare incurable, et ceux de graves lésions des valves cardiaques (valvulopathies) qui lui étaient imputables.

Le parquet, en se basant sur la dernière expertise judiciaire, avait chiffré entre 1.520 et 2.100 le nombre de décès à long terme causés par le Mediator.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 07/09/2017 à 7:37
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En fait c'est simple. SERVIER doit indemniser les familles des décédés. Soit 3 millions euros pour chacun des 2000 décédés egal 6 milliards. Ce qui est la fortune de la famille SERVIER petit pharmacien à l'origine.

à écrit le 05/09/2017 à 18:54
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"L'Agence nationale de sécurité du médicament est quant à elle accusée de "blessures et homicides involontaires"" C'est une information majeur qui ne fera pas la une des médias de masse alors que pourtant prioritaire, l'institution censée contrôl...

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