Valeant : récit d'une descente aux enfers boursière alimentée par les scandales dans les biotechs

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La biotech canadienne Valeant chutait encore de 4,81% en Bourse, lundi.
La biotech canadienne Valeant chutait encore de 4,81% en Bourse, lundi. (Crédits : CHRISTINNE MUSCHI)
Prix des médicaments jugés excessifs, accusations de comptabiliser des invendus dans ses ventes... Sous le feu des critiques, la biotech canadienne vit une véritable descente aux enfers boursière depuis le 21 septembre: elle a perdu plus de 40 milliards de dollars de capitalisation en un mois et demi. Et la chute continue.

Depuis plusieurs semaines, les dérives des biotechs sont vivement dénoncées outre-Manche. Mais l'une d'entre elles est plus particulièrement sous le feu des projecteurs. Le dix-huit septembre, Valeant était valorisé 83 milliards de dollars au NYSE. Mais lundi, la cotation boursière société atteignait 37,72. Cette biotech canadienne a perdu la confiance des investisseurs à cause de plusieurs scandales mis au jour. Récit.

  • Le tweet incendiaire de Clinton

Le 21 septembre, Hillary Clinton dénonce dans un tweet les dérives des biotechs s'est attaquée aux prix des médicaments des sociétés de biotechnologies et apeure les investisseurs.

Un lundi noir pour les biotech américaines qui perdent 15 milliards de dollars en Bourse.  Valeant est particulièrement touchée. Sa capitalisation boursière passe à 78,50 milliards de dollars, contre 85 milliards le 18 septembre.

  • Des élus démocrates demandent des comptes à Valeant sur les prix de ses molécules

Le 28 septembre, dix-huit élus démocrates de la Chambre des représentants somment le président de Valeant de baisser le prix de deux de ses médicaments permettant de soigner des problèmes de cœur. Ces derniers ont été augmentés de 525 et 212% le jour de leur acquisition par la société. Suivant cette annonce, la société canadienne perd 16,5% en séance. Sa capitalisation tombe à 57 milliards de dollars à la clôture.

  • Valeant dans le viseur de la justice américaine

Après quelques jours d'accalmie sur le marché, Valeant indique être la cible d'enquêtes judiciaires concernant le prix de ses molécules, le 15 ocotbre. Les procureurs du district du Massachusetts et de celui du sud de New York lui adressent des assignations à comparaître. Valeant enregistre alors une chute de plus de 16% à la clôture de la Bourse, lundi 29 septembre.

  • Valeant accusé de comptabiliser dans ses ventes des médicaments non vendus

Le 21 octobre, le rapport de Citron Research, un courtier spécialisé dans les ventes à découvert, dirigé par Andrew Left, accuse Valeant de comptabiliser dans ses ventes des médicaments non vendus, et seulement stockés par son distributeur Philidor, afin de gonfler ses chiffres et donc ses prix de vente.  Le rapport est intitulé "Valeant peut-il être le prochain Enron de la pharmacie ?", en référence ce conglomérat américain qui a fait faillite en 2001 et dont la direction avait diligenté des malversations comptables ; des milliers de personnes s'étaient retrouvées au chômage et les actionnaires de la société avaient perdu des sommes mirobolantes d'une des plus grosses faillites frauduleuses de l'histoire économique américaine. Comparé la société fraudeuse, Valeant s'effondre de 35% en Bourse entre lundi 20 octobre et vendredi 23 octobre.

  • La défense de Valeant laisse les investisseurs de marbre

Le 26 octobre, Valeant contre-attaque, assurant que le rapport de Citron Research est "totalement erroné". Il promet de mettre en place un comité d'enquête concernant les accusations qui lui sont adressées au sujet de ses relations avec Philidor, ajoutant que toutes les options étaient envisagées, y compris un rachat de la société ou une rupture, ainsi que le recours à d'autres pharmacies de spécialité.

La biotech canadienne règle aussi ses comptes avec Citron Research. "Le rapport était destiné à effrayer les actionnaires afin de faire baisser le cours de notre action et gagner de l'argent pour son activité de ventes à découvert", lance Mike Pearson, le directeur général de Valeant. Le courtier a répondu par une métaphore:

"Crier au feu dans un théâtre bondé, c'est tout à fait autre chose que d'entrer dans un théâtre, de sentir de la fumée et de crier 'Attention à tous, il pourrait y avoir le feu' [...] Maintenant que l'information est sortie, les gens ont eu l'occasion d'inspecter le théâtre et ils ont choisi de partir (...) peut-être y a-t-il effectivement le feu."

Mais les investisseurs restent insensibles aux promesses de bonnes intentions de Valeant. A la clôture, la biotech canadienne chute encore de 4,81%, lundi.

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Commentaires
a écrit le 27/10/2015 à 14:47 :
Les bio-techs prétendent soigner les problèmes de coeur! Il y aurait moins de problèmes cardiaques si les bio-techs n'existaient pas, car elles sont les premières pourvoyeuses de maladies cardiaques, mais aussi du diabète, du cancer...Les bio-techs sont largement utilisées dans les productions alimentaires, à l'origine des OGM et d'une foultitude de produits dont il est évident que les dégâts sur la santé humaine, animale, et sur la bio diversité, produirons d'ici quelques années des catastrophes...Que les médicaments issus des bio-techs seront censés guérir. La boucle sera alors bouclée.

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