Statoil prend Rosneft pour explorer l'Arctique

Les deux groupes forment une coentreprise pour explorer quatre gisements en zone Arctique et dans l'Extrême-Orient russe.
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Statoil vient de sauter hors de la barque de Gazprom pour monter dans celle de Rosneft, pétrolier à 75% contrôlé par l'Etat russe et dirigé par Igor Setchine, un très proche allié de Poutine. Statoil a scellé jeudi son alliance stratégique avec Rosneft à travers une coentreprise dominée par le groupe russe (66,67% des parts) contre 33,33% pour le Norvégien.

 

Potentiel de 25 milliards de barils

La coentreprise entre Rosneft et Statoil a pour objectif l'exploration d'un gisement dans la mer de Barents (zone Arctique) et de trois autres dans la mer d'Okhotsk (Extrême-Orient). Les termes de l'accord précisent que Statoil prendra à sa charge 100% des coûts de la phase exploratoire. Elle  implique le forage de six puits d'exploration entre 2016 à 2021. L'accord prévoit l'échange de personnel de direction et technique entre les deux sociétés. Les investissements nécessaires sont estimés entre 476 et 750 millions d'euros pour la phase exploratoire des quatre projets additionnés. Les ressources hydrocarbures des quatre gisements sont estimées à 25 milliards de barils, soit autour de 9% des réserves totales de Rosneft (44,8 milliards de barils).

 

Accord similaire à celui signé avec Exxon

Pour avoir une chance de toucher aux nouveaux gisements hydrocarbures en Russie, il n'y a que deux portes d'entrées : Gazprom et Rosneft. En partenariat, le plus souvent minoritaire, avec l'un des deux géants d'Etat. Cette règle est d'ailleurs valable aussi bien pour les majors étrangères que pour les groupes privés russes. Ildar Davletshin, analyste pétrolier à la banque d'investissement Renaissance Capital, note que « l'accord similaire à celui signé entre Rosneft et [l'américain] Exxon en juin et avec [l'italien] ENI en juillet ». Les projets sont considérés comme techniquement et financièrement risqués. L'analyste suppose que la production « ne démarrera probablement pas avant la fin de la décennie ». Selon lui, l'attitude de l'Etat russe est cruciale dans ce type de projet. « Nous nous attendons à ce que le gouvernement poursuive sa politique consistant à abaisser les barrières administratives pour les projets offshore, via des allègements fiscaux, une annulation des taxes à l'exportation et une réduction de la taxe d'extraction. La politique fiscale devrait être clairement définie avant la fin de l'année, ce qui aura un effet positif sur les paramètres économiques du projet. »

L'indien ONGC courtise Rosneft

 

D'autres groupes étrangers se pressent au portillon. L'indien ONGC fait des avances à Rosneft, qui pour l'instant ne répond pas. L'américain ConocoPhillips, qui vient de vendre toutes ses participations dans les projets avec le pétrolier privé russe Lukoil, fait de même. Le britannique BP cherche lui aussi à vendre ses 50% dans le pétrolier privé russe TNK-BP, dans l'espoir de relancer le projet d'une alliance Arctique avec Rosneft. Les pétroliers privés russes n'ont décidément pas le vent en poupe.

 


 

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Commentaire 1
à écrit le 18/09/2012 à 0:23
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L'Arctique représente aujourd'hui une région riche de ressources naturelles dont le pétrole. S'en rendant le compte la Russie tâche de développer ses gisements arctiques http://french.ruvr.ru/2012_09_08/87621062/

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